Sculpture et bronze
Deux à quatre ventes cataloguées chaque année
Après avoir été longtemps circonscrites à un rôle décoratif, les œuvres sculptées reprennent aujourd’hui leur place au sein des arts majeurs, notamment dans les ventes publiques. Les récentes avancées de la recherche offrent de plus en plus d’outils et d’informations sur l’histoire de la sculpture et permettent d’apporter une documentation complète sur les pièces : nom de l’artiste, identification du cachet du fondeur, précisions sur l’édition... Autant d’informations qui permettent de valoriser et d’authentifier avec certitude les œuvres présentées dans les ventes.
Le mot des experts
« La sculpture est aujourd’hui au cœur de l’actualité culturelle. Il y a de plus en plus d’expositions dédiées et les institutions muséales ne se limitent plus aux grands sculpteurs. Des artistes plus confidentiels, qui ne sont pas connus du grand public sont mis en avant, comme le sculpteur italien Vincenzo Gemito (1852-1929), auquel le Petit Palais consacrait une exposition en 2020. Le marché de l’art participe activement à cette nouvelle visibilité pour les œuvres sculptées, qui a notamment pour conséquence de révéler des pièces oubliées ou disparues. Dans la section des bronzes modernes, si l’œuvre de Rodin avait tendance à éclipser celle de ses contemporains, les amateurs redécouvrent aujourd’hui d’autres sculpteurs proches du maître tels que Joseph Bernard, Antoine Bourdelle, Charles Despiau et bien sûr Camille Claudel... »
Contacts
Marc Guyot
marc.guyot@ader-paris.fr
Ekaterina Gorshkova
egorshkova@ader-paris.fr
3, rue Favart 75002 Paris
Tél : +33 (0)1 53 40 77 10
Ventes à venir
Aucune vente pour le moment
Ventes passées
Belles adjudications
Charles Cordier (1827-1905) Arabe d’el Aghouat Vers 1856 Chef-modèle en bronze à patine brune H : 48 cm dont piédouche en bois noirci H : 14 cm Provenance : Famille de l’artiste par descendance. Le certificat d’exportation n° 229704 de l’œuvre sera remis à l’acquéreur. Œuvres en rapport : - Charles Cordier, Arabe d’el Aghouat, 1856, buste en bronze, H. 56 cm, Paris, musée de l’Homme, inv. 27045-1977-201 ; - Charles Cordier, Arabe d’el Aghouat, 1856, buste en bronze et marbre-onyx, H. 72,2 cm, Paris, musée d’Orsay, inv. RF 3598. Littérature en rapport : Laure de Margerie, Édouard Papet, Charles Cordier, 1827-1905 : l’autre et l’ailleurs, cat. exp., Paris, Musée d’Orsay, 2 février-2 mai 2004, Québec, musée national des Beaux-arts, 10 juin-6 septembre 2004, New York, Dahesh museum of Art, 12 octobre 2004-9 janvier 2005, Paris, Éditions de la Martinière, 2004, modèles répertoriés du n° 16 au n° 30, pp. 146-148. Cordier exécute ce portrait lors de son second séjour en Algérie, entre avril et octobre 1856. Il en présente une version en bronze au Salon de 1857 (n° 2812) et une version en bronze et marbre-onyx à l’exposition de la Galerie ethnographique en1860 (n° 1). Dans le catalogue raisonné publié lors de l’Exposition de 2004 Charles Cordier, l’autre et l’ailleurs au musée d’Orsay, Jeannine Durand-Révillon et Laure de Margerie dénombrent onze exemplaires de l’Arabe d’el Aghouat. Tous différents, habillés de marbre ou de marbre et de porphyre, ils sont appariés avec le Nègre du Soudan ou réunis pour former les Trois Grandes Races avec ce dernier et le Chinois. Sous le n° 28 de ce même catalogue les auteures reproduisent une photo ancienne de l’atelier de Cordier où est visible une tête en bronze qui pourrait être notre chef-modèle. La qualité de la fonte de notre tête est irréprochable, d’une grande légèreté, le bronze est soigneusement ciselé sans être trop méticuleux avec l’idée d’être au plus proche de l’empreinte originale et de garder une forme de naturalisme appuyant le propos ethnographique de l’artiste.
École française du XXe siècle dans le goût de la Renaissance Neptune et Jupiter Deux figures monumentales en bronze à patine brun vert. H. 240 cm et H. 217 cm Accidents, usures et oxydations.
Auguste Rodin (1840-1917) Jules Dalou Modèle créé en 1883 Buste en bronze à patine brune nuancée de vert Signé « A RODIN » sur l’épaule gauche Porte la marque « A RODIN » en relief à l’intérieur Porte la marque du fondeur « Georges Rudier fondeur Paris « à l’arrière et le copyright du musée « @bymuséeRodin 1955 » H. 53 cm sur une base en marbre noire H. 8 cm Œuvres en rapport : - Auguste Rodin, Jules Dalou, 1889, bronze, H. 52 cm, Detroit, Detroit Institute of Arts, inv. 60.1 ; - Auguste Rodin, Jules Dalou, modèle créé en 1883, fondu en 1969, bronze, signé « A. Rodin », porte la marque « Georges Rudier Fondeur. Paris » et l’inscription « ©Musée Rodin 1969 », H. 50 cm, Stanford, Cantor Arts Center, inv. 1974.83 ; Littérature en rapport : - Antoinette Le Normand-Romain, Les bronzes de Rodin. Catalogue des œuvres au Musée Rodin, Paris, Musée Rodin, RMN, 2007, vol. 1, pp. 284-285 ; - Cécile Goldscheider, Auguste Rodin : catalogue raisonné de l’œuvre sculpté, Lausanne, Wildenstein Institute, Paris, Bibliothèque des arts, 1989, modèle répertorié sous le n° 131, pp. 171-173. Rodin présente au Salon de 1884 un premier exemplaire en plâtre de ce buste d’Aimé Jules Dalou aux côtés de celui de Victor Hugo. Les deux portraits d’artistes connaissent un véritable succès dont témoigne le critique Louis de Fourcaud : « Il n’y a rien, au Palais de l’industrie, de plus moderne, parce qu’il n’y a rien de si implacablement et hautement vrai. Rodin présente son ami, la poitrine nue, dans une attitude héroïque et le visage frappant de réalisme. Cette image témoigne de la relation d’estime qui lie les deux artistes, malgré une amitié fragile causée par le caractère houleux de Dalou. Par ce portrait, Rodin montre cependant son admiration pour l’homme revenu d’Angleterre après dix ans d’exil politique et qui vient de triompher au Salon de 1883 avec son relief de Mirabeau répondant à Dreux-Brézé. Il existe plusieurs épreuves en bronze de ce buste remarquable. Rodin confie tout d’abord la fonte à Bingen (exemplaire présenté lors de l’Exposition Universelle de 1889), à Griffoul (exemplaire probablement présenté lors de l’Exposition universelle de 1900) et à Persinka (Sotckholm, collection privée). Une édition est ensuite réalisée par Alexis Rudier entre 1905 et le début et des années 1930 dont une douzaine d’exemplaires est actuellement conservée dans les collections publiques internationales. Georges Rudier a, pour le compte du musée Rodin, fondu deux bronzes : notre buste en 1955 (commande du 5 janvier 1955, archives musée Rodin, côte D7 RE 7) et un second en 1969.
Eugène Alexandrovitch Lanceray (1848-1886) Cortège anglais Modèle créé en 1884. Bronze à patine brune. Signé en cyrillique et daté " 1884 ". Porte la marque du fondeur F. Chopin en cyrillique. H. 25 cm, terrasse L. 45 x P. 25,7 cm (Petite deformation à une cravache). Littérature en rapport : Geoffrey Walden Sudbury, Evgueni Alexandrovitch Lanceray (1848-1886), Paris, Fauve, 2006, modèle répertorié pp. 157-158 Eugène Lanceray est le petit-fils d'un officier de l'armée de Napoléon resté en Russie et naturalisé au début du XIXe siècle. Passionné de cheval, il s'oriente jeune vers la sculpture animalière et devient rapidement une des figures de la vie artistique de Saint-Pétersbourg. On lui doit près de quatre cents sculptures, principalement équestres et ethnographiques. Il voyage en Europe, expose au Salon de 1876 et à l'Exposition Universelle de 1878. Sa sculpture, à la fois précise et fougueuse, s'inscrit dans la lignée de Barye et Mêne. Le musée russe de Saint-Pétersbourg conserve une part importante de son œuvre. Du vivant de Lanceray, quatre fondeurs de Saint-Pétersbourg collaborent avec le sculpteur : Félix Chopin, Adolphe Moran, Charles Bertauld et Nikolaï Stange. Félix Chopin est un fondeur russe d'origine française qui s'installe à Saint Pétersbourg en 1838 où il devient le principal fournisseur de la cour impériale.
Flandres, vers 1600 Adam Bronze doré H : 32,4 cm sur un socle en bois noirci H : 8 cm Littérature en rapport : Hans Robert Weihrauch, Europäische Brozestatuette, Braunschweig, Klinkhardt & Biermann, 1967, p. 362. C’est vraisemblablement dans les Flandres vers 1600 qu’il faut chercher l’auteur de cette statuette de grande qualité. Peut-être s’agit-il d’un portrait sous les traits de saint Jean-Baptiste ou d’Adam. La finesse de la physionomie ainsi que la coiffure et la barbe à la mode du début du XVIIe siècle laissent à penser qu’il s’agit bien là d’un portrait. Le type de reprises à froid et de ciselures, sèches et précises ainsi que les les défauts de fonte reparés avec soin laissent à penser que l’œuvre a été exécutée dans l’un des plus prestigieux ateliers flamands au tournant du XVIe siècle.