Lettres & Manuscrits & Autographes
Quatre à six ventes cataloguées chaque années
À travers les correspondances personnelles, les brouillons, les diplômes ou les documents officiels, les ventes de lettres et manuscrits autographes rendent hommage aux grands noms de l’histoire ancienne et récente. Si les bibliophiles s’intéressent aux manuscrits autographes, de nombreux amateurs de théâtre, de musique ou d’un autre domaine en particulier peuvent convoiter les écrits des personnages qui leur sont chers. L’intérêt des collectionneurs peut également se porter sur des documents parfaitement anonymes mais qui éclairent un événement ou un fait historique, à l’image de lettres de soldats de l’Empire faisant le récit d’une des grandes batailles napoléoniennes ou d’une expédition en Égypte, ou encore d’un Révolutionnaire détaillant la prise de la Bastille en 1789. Les bibliothèques et institutions françaises et étrangères acquièrent régulièrement des lots présentés lors de ces ventes, à l’instar de la Bibliothèque nationale de France (BNF) ou de musées étrangers tels que la Beethoven-Haus de Bonn, en Allemagne, pour une partition de Beethoven.
Le mot de l’expert
« Je rêve de découvrir un manuscrit inédit d’une œuvre importante, à l’image de celui des « 120 journées de Sodome » du Marquis de Sade acquis pour 4,55 millions d’euros par la Bibliothèque nationale de France. Sade l’avait écrit en prison en 1785, sur un rouleau de plus de 12 mètres de long... Il reste encore de nombreux autres écrits de cette importance à découvrir. Les collections constituées autour d’un personnage, et composées de documents hétéroclites comme des autographes, des photos ou même des croquis, s’avèrent particulièrement intéressantes. Ces souvenirs permettent de multiplier les éclairages et les points de vue sur ces personnalités et leur mise en relation, par le biais de cette accumulation, fait revivre chacune de ces archives, bien plus que si elles étaient présentées à l’unité. Ainsi, la dispersion d’une abondante collection consacrée à Sacha Guitry, composée de manuscrits, de dédicaces et de sa correspondance amoureuse a totalisé plus d’un million d’euros d’adjudications, dont de nombreuses acquisitions d’institutions. »
Contacts
Marc Guyot
marc.guyot@ader-paris.fr
Ekaterina Gorshkova
egorshkova@ader-paris.fr
Expert :
Thierry Bodin
3, rue Favart 75002 Paris
Tél : +33 (0)1 53 40 77 10
Ventes à venir
Aucune vente pour le moment
Ventes passées
Lettres & Manuscrits Autographes - Lots 289 à 494
Salle des ventes Favart, 3, rue Favart 75002 Paris
LETTRES & MANUSCRITS - Collection Christian Genet
Salle des ventes Favart, 3, rue Favart 75002 ParisBelles adjudications
Victor HUGO (1802-1885). Dessin original, signé en bas à droite et situé, Puente de los contrebandistas, [1868]; 24,5x16,8cm sur papier fort (encadré). Magnifique dessin du pont des contrebandiers dans les Pyrénées. Plume et lavis d’encre brune et noire. Signé en bas à droite et situé: «Victor Hugo / Pyrénées – Puente de los contrabandistas». Ce dessin a été offert par Victor Hugo en décembre 1868 à Jules Claretie; le dessin avait été confié à Auguste Vacquerie pour être remis à Claretie, à qui Hugo écrivait le 31 décembre (voir la lettre au n° suivant): «C’est el puente de los contrabandistas. J’ai vu cela dans les Pyrénées, étant enfant. Le Pont des Contrebandiers était terrible. Il servait aux contrebandiers comme pont, et à la justice comme gibet. On les pendait aux poutres»… Provenance: Jules CLARETIE; vente Drouot (Mathias-Le Roux), 8 décembre 1986, n° 141. Ce dessin figurera au catalogue des dessins de Victor Hugo que prépare M. Pierre Georgel.
Jean-Jacques ROUSSEAU (1712-1778). HERBIER constitué par Rousseau, avec manuscrit et annotations autographes, Echantillons de Plantes Sèches, [vers 1771-1773]; in-4 (27 x 21 cm.) formé de 98 bifeuillets et d’un cahier autographe de 10pages (et un feuillet vierge), sous portefeuille formé de deux plats de carton (le premier portant le titre) avec cordons d’attache de tissu vieux-rose d’origine; enveloppé dans une cotonnade à rayures et conservé dans un coffret ancien à placage de loupe d’orme (L. 44, l. 26,5, h. 19 cm). Précieux herbier composé par Jean-Jacques Rousseau et donné par lui à l’éditeur Panckoucke. Sur les cartons servant de couverture, Rousseau a tracé à l’encre brune un encadrement formé de deux filets dont un large; sur le plat supérieur, il a inscrit le titre: Echantillons de plantes sèches. Au-dessous, on lit cette inscription, signée Couret: «Cet herbier fait par JJ. Rousseau a été donné à Monsieur Pancoucke par lui même et M. Pancoucke m’en a fait présent le 28 Juin 1781». Il s’agit du fameux libraire Charles-Joseph Panckoucke (1736-1798), qui racheta l’Encyclopédie à Le Breton, et publia notamment l’Encyclopédie méthodique. Il avait épousé en 1766 Thérèse Couret de Villeneuve, fille de l’imprimeur-libraire Martin Couret de Villeneuve (1717-1780), dont le fils Louis-Pierre Couret de Villeneuve (1749-1806) continua l’activité. C’est à ce beau-frère que Panckoucke fit don de l’herbier. En effet, Couret était botaniste lui aussi; il a publié en 1783 une Instruction sur l’ordre et l’arrangement du Jardin botanique établi au Jardin de la Ville d’Orléans, qui était distribuée gratuitement aux visiteurs; il s’installa en 1799 à Gand, où il dirigea le Jardin botanique. L’herbier est précédé du catalogue autographe des plantes conservées, dans un cahier formé de 3 bifeuillets, cousus par un fil jaune. Les pages sont réglées d’un trait à l’encre rouge. Le catalogue est intitulé: «Catalogue des plantes ci-jointes, cottées par leurs numeros correspondans». Il compte 100 entrées numérotées. Rousseau donne successivement le nom latin de la plante avec référence à Linné, la description latine (généralement d’après Tournefort), éventuellement un autre nom latin, et la dénomination française, avec référence à Barbeu du Bourg, avec parfois un commentaire. Nous citerons quelques-unes de ces entrées. «1. Callitriche verna. Linn. sp.6. / Alsine aquis innalans foliis longiusculis J.B. III.789. / Stellaria aquatica C.B. Pin. 141. / Callitric du Printems. Barbeu du Bourg.2. p.355. / Cette plante aquatique, quoique très commune, n’est pas dans les Institutions de Tournefort. […] 13.Dactylis glomerata. L.105. / Gramen spicatum folio aspero. Pin.3. / Je ne trouve point ce gramen dans les institutions de Tournefort; mais il l’indique dans ses herborisations des environs de Paris. / Dactile peloté B.d.B.408. […] 47.Rosa eglanteria. L.703. / Rosa sylvestris, foliis odoratis. T.638. / Eglantier. / Cette rose sauvage n’est pas le gratecu dont les feuilles sont lices des deux cotés et sans odeur, au lieu que celles de ce rosier ci ont l’envers rubigineux et sont odorantes. Les anglois en font cas et la placent dans leurs jardins. / 58.Cette Plante est etrangère et fait un genre nouveau nommé par M.de Jussieu Aubletia, du nom de M. Aublet zélé Botaniste. Le genre tient de près à celui des Verveines. […] 95.Humulus Lupulus ♂. L.1457. / Lupulus foemina. T.535. /Houblon./ C’est ici l’individu male ou stérile qui porte les étamines, ce que Tournefort, Bauhin et les autres anciens Botanistes appelloient à contresens l’individu femelle.»… Etc. L’herbier est constitué de 98 bifeuillets de papier vergé, chacun réglé d’un trait d’encadrement à l’encre rouge sur les pages 1 et 3. En haut de la première page, Rousseau a noté le numéro de la plante et, dans le coin supérieur droit, d’une petite écriture, le nom latin. Au centre du 2e feuillet, il a fixé la plante par des bribes de papier doré; pour la plupart, il a calligraphié le nom latin de la plante au-dessus du bord inférieur de l’encadrement. Les planches 12 (Poa bubosa) et 23 (Lysimachia tenella) manquent. 3 cartons évidés servent à réguler l’épaisseur de l’herbier et à éviter la déformation et l’écrasement des planches. Petits trous de ver aux premiers feuillets. C’est en 1762, alors qu’il a dû se réfugier en Suisse après la condamnation de l’Émile et a trouvé asile dans le village de Môtiers, que Rousseau a commencé à se consacrer avec passion à la botanique; lors de son exil en Angleterre en 1766-1767, il put développer ses connaissances auprès de botanistes amateurs expérimentés, notamment la duchesse de Portland. En 1768, il reçut en cadeau du jeune naturaliste montpelliérain Joseph Dombey, un bel herbier, qui fit son bonheur. Il consacra dès lors une grand