Arts décoratifs du XXe siècle
Six ventes cataloguées chaque année
De l’Art nouveau à l’Art Déco jusqu’au design, les arts décoratifs de la fin du XIXe siècle à nos jours bénéficient d’un département dédié au sein de la maison Ader. Arabesques, arrondis et motifs naturalistes de l’Art nouveau apparus à la fin du XVIIIe siècle côtoient les lignes et les volumes directement inspirés du cubisme et propres au style Art Déco, dont le nom provient de l’Exposition des Arts Décoratifs et Industriels Modernes qui s’est tenue à Paris en 1925. Les décorateurs et ensembliers ont alors à cœur d’agencer la totalité des intérieurs, mobiliers luminaires, accessoires... Ces pièces mobilières, parfois conservées dans leur ensemble d’origine, rencontrent un succès croissant auprès des acheteurs. Les ventes de la maison Ader se démarquent par l’importante documentation apportée à chacun des lots présentés aux enchères et par la traçabilité des provenances et des grandes collections dont sont issues les pièces.
Le mot de l’expert
« Les ventes aux enchères d’arts décoratifs du XXe siècle sont l’occasion de redécouvrir des œuvres de cette période totalement oubliées ou passées inaperçues, et de remettre en lumière des artistes importants à l’image du tabletier Christian Fjerdingstad, artiste d’origine danoise auquel nous avons récemment rendu hommage. Cet événement a contribué à faire connaître le nom de Fjerdingstad et son influence dans le mouvement Art Déco, notamment par l’emploi de matières nobles, comme l’ambre et l’ivoire, ainsi que par la liberté et la fluidité de ses lignes. Le graal dans ce domaine est aussi de retrouver des ensembles mobiliers complets, qui éclairent un peu plus le style et l’esprit du décorateur. Nous avons par exemple vendu les meubles provenant d’un appartement de Neuilly-sur-Seine entièrement décoré par le créateur Jean-René Prou, qui était resté totalement intact depuis la fin des années 1950. »
Contacts
Xavier Dominique :
xavier.dominique@ader-paris.fr
Apoline Michelot :
apolline.michelot@ader-paris.fr
Expert :
Emmanuel Eyraud
3, rue Favart 75002 Paris
Tél : +33 (0)1 53 40 77 10
Ventes passées
Belles adjudications
1 - REMBRANDT BUGATTI (1884-1916) – ANCIENNE COLLECTION ALAIN LESIEUTRE Petit éléphant au repos, le modèle conçu vers [1912], notre épreuve numérotée (8) Sculpture. Épreuve en bronze à patine brun sombre richement nuancé et semi-transparente (dite de type Renaissance). Fonte à la cire perdue réalisée par Albino Palazzolo. Édition ancienne par Adrien-Aurélien Hébrard. Signée R. BUGATTI, porte le cachet de fondeur Cire perdue A.A. HEBRARD et numérotée (8) dans un angle sur la terrasse. Hauteur : 20,5 cm – Longueur : 19 cm – Profondeur : 11 cm Terrasse : 18 x 10 cm Provenance : - Collection Mme Boudon. - Collection Alain Lesieutre. - VenteAder-Picard-Tajan, Hôtel George V, Paris, 13 décembre 1989 : Collection Alain Lesieutre. Notre œuvre présentée sous le numéro 202 du catalogue et reproduite page 117. - Collection particulière, Paris. Œuvre acquise lors de la précédente. Expositions de notre modèle de sculpture : - Rembrandt Bugatti, rétrospective – Galerie Adrien-Aurélien Hébrard, Paris, 1913. Une épreuve du Petit éléphant au repos présentée lors de cette manifestation. - Exposition des dernières œuvres de Rembrandt Bugatti 1884-191[5] – Galerie Adrien-Aurélien Hébrard, Paris, 1922. Une épreuve du Petit éléphant au repos présentée lors de cette manifestation. - Animal sculpture by R. Bugatti – Abdy 1 Co Galleries, Londres, 1929. Une épreuve du Petit éléphant au repos présentée lors de cette manifestation. - Rembrandt Bugatti ; sculpture – Sladmore Gallery, Londres, 2004. Une épreuve du Petit éléphant au repos présentée lors de cette exposition. Bibliographie : - Véronique Fromanger - Rembrandt Bugatti sculpteur - Une trajectoire foudroyante - Répertoire monographique – Les Éditions de l’Amateur, Paris, 2016. Une épreuve bronze Petit éléphant au repos reproduite page 364 et référencée dans le Répertoire des éditions en bronze sous le numéro 300 ; le numéro (8) répertorié dans le chapitre Anciennes collections répertoriées. - Bernard Lamarche-Vadel, Bernard Dufour et Anna Lamparska-Rivet – Bugatti, les meubles ; Bugatti, les sculptures ; Bugatti, les autos – Éditions de la Différence/Galerie Beaubourg Paris, 1995. Une épreuve bronze Petit éléphant au repos reproduite page 199. Rembrandt Bugatti - Les éléphants Rembrandt Bugatti consacra l’essentiel de sa vie à l’observation minutieuse des animaux, capturant leur posture, leur mouvement et leur énergie pour les traduire en sculpture1. Son répertoire varié inclut aussi bien des animaux domestiques issus de son quotidien, que des espèces sauvages observées dans les zoos. Installé dans le 13e arrondissement de Paris, l’artiste fréquenta pendant quinze ans, de manière assidue, la ménagerie du Jardin des Plantes, où il étudia de nombreux mammifères exotiques – à l’instar des éléphants, qui allaient occuper une place centrale dans son oeuvre sculpté. Plus tard, son exil à Anvers lui permit de travailler au Jardin zoologique, alors l’un des plus renommés au monde. Là aussi, il observa avec fascination ces imposants pachydermes, dont il parvint à capturer la puissance et la majesté dans des sculptures empreintes d’un réalisme sensible. La combinaison de puissance, de grâce et de vulnérabilité de ces animaux majestueux constituait pour Bugatti une source d’inspiration inépuisable. Il réalisera plusieurs sculptures d’éléphants, convoquant dans chacune, malgré la variété de leurs poses et de leurs dimensions, l’essence même de cet animal à la fois imposant et délicat. Il traduisit leurs expressions et leurs émotions en suivant une certaine vitalité plastique, où les reliefs et la lumière jouaient un rôle essentiel. Utilisant son pouce comme principal outil, travaillant des matières malléables comme la plastiline, il abordait les attitudes des animaux suivant une démarche synthétique, laquelle privilégiait l’intuition et l’observation à une stricte étude anatomique. Aussi, avec notre Petit éléphant au repos, il est intéressant de relever le modelé si particulier de la surface de la peau de l’animal ; cette peau épaisse, ridée, craquelée, en mouvement, qu’il traite par un travail de synthèse et de géométrisation des volumes. Cela confère à notre oeuvre, et plus généralement à l’ensemble de ses sculptures, un dynamisme et une sensibilité inégalés. [C’est par cette approche unique en son genre que Bugatti se différentie de tous les sculpteurs animaliers]2. 1- Source des éléments cités dans ce texte : Véronique Fromanger – Rembrandt Bugatti sculpteur – Une trajectoire foudroyante – Répertoire monographique – Les Éditions de l'Amateur, Paris, 2016. 2- Ibid., p. 40.
33 - DIEGO GIACOMETTI (1902-1985) – PROVENANT DE LA SUCCESSION DE M. ET Mme B. Biche, Arbre et Renard à l’affût, 1976-1978, variante d’un modèle créé pour James Lord vers [1972] Console-sculpture. Le piètement en bronze patiné vert antique nuancé brun (dite patine Diego) ; le décor titre sur la basse centrale d’entretoise. La réception du plateau doublée de tissu (d’origine). Le plateau en verre. Signée DIEGO et du monogramme au tas sur la barre d’entretoise latérale gauche. Hauteur : 85 cm – Longueur : 116,5 cm – Profondeur : 36,5 cm Important : Cette œuvre a été authentifiée selon le processus mis en place par la succession Diego Giacometti. Provenance et historique : Succession M. et Mme B, Île-de-France. Œuvre acquise directement auprès de l’artiste. M. et Mme B., furent présentés à Diego Giacometti par Pierre Josse dont ils étaient proches. Mme B., d’origine belge, peintre graveur à ses heures, entretenait une amitié de jeunesse avec l’artiste plasticienne Colette de Sadeleer. Cette dernière présenta aux B. son oncle sculpteur Pierre Josse, dont elle avait peint le portrait en pied. De son côté Pierre Josse était un intime d’Alberto et Diego Giacometti ; on connait à ce jour trois portraits de Pierre Josse par Alberto réalisés dans les années 1960. Plusieurs photographies d’Henri Cartier-Bresson prises entre 1960 et 1965 nous révèlent l’amitié entre les deux hommes. Aussi, c’est tout naturellement que Pierre Josse, également intime de M. et Mme B,. les mit en contact avec Diego Giacometti au milieu des années 1970. M et Mme B, amateurs de peinture et de gravure, qui fréquentaient les galeries parisiennes, acquirent dans les années 1960 et 1970 de nombreuses estampes originales d’artistes majeurs de l’École de Paris (Villon, Estève, Hartung, Bram van Velde, ZaoWou Ki, Vierada Silva et Alechinsky, etc.). La commande de cette console Biche, Arbre et Renard (à l’affût) et d’une table basse Torsade) vint brillamment enrichir cet ensemble et en constitua le point d’orgue. Leur fils se souvient encore, bien qu’âgé d’environ une douzaine d’années à cette époque, être allé chercher ces œuvres avec ses parents dans l’atelier de Diego ; rue Hippolyte Maindron dans le 14e arrondissement de Paris. Archives : Notre console est décrite à la page 1 sur un inventaire dressé à la demande de M. et Mme B. pour établir des valeurs d’assurance par l’APPAP le 29 juin 1982. Bibliographie et œuvres en rapport : - Michel Butor, Jean Vincent (photographies) - Diego Giacometti - Éditions Adrien Maeght, Paris, 1985. Une variante de notre œuvre, la console réalisée vers 1972 pour James Lord, reproduite page 126. - Daniel Marchesseau – Diego Giacometti – Éditions Hermann, Paris, 1986. Une variante de notre œuvre, la console réalisée vers 1972 pour James Lord, reproduite page 92. - Le bestiaire de Diego Giacometti – Catalogue d’exposition, Galerie L’Arc en seine, Paris, du 24 septembre au 20 décembre 1997, édition de la galerie. Une épreuve de notre modèle de Biche reproduite page 25 et décrite page 24. - François Baudot - Diego Giacometti – Éditons Assouline, Paris, 1998. Une épreuve de notre modèle de Biche reproduite dans cet ouvrage (cahier de photographies). - Christian Boutonnet et Rafael Ortiz, préface de James Lord 6 Diego Giacometti – Catalogue d’exposition, Galerie L’Arc en seine, Paris, 2003, Les Éditions de l’Amateur, 2003. Une épreuve de notre modèle Arbre reproduite page 98 ; une épreuve de notre modèle de Biche reproduite page 105. À noter : Le droit de suite sur cette œuvre est à la charge de l’acquéreur. Le bestiaire de Diego Giacometti Fiche complète au catalogue PDF : https://cdn.drouot.com/d/catalogue?path=97/157064/679-cat-2024_12_04-N-MD.pdf
55 - PAUL DUPRÉ-LAFON (1900-1971) Très légère variante avec volet coulissant en bois laqué du modèle daté (sur plan) du 1er mars 1929 Bureau moderniste quart-de-cercle en bois laqué noir. La partie droite accueille un caisson ouvrant par trois tiroirs. La partie gauche cintrée reçoit des nichescôté visiteur. La ceinture s’ouvre par un tiroir. Le dessus présente des trappes; deux longues découvrables par un volet coulissant, l’une à casiers, l’autre obturée par un panneau gainé de cuir fauve, et une de section carrée, fermée par un panneau gainé de cuir fauve et recevant un porte-crayons amovible en acajou. Le sous-main et l’intérieur des trappes gainés de cuir fauve. Les prises des tiroirs et du volet coulissant en métal nickelé. Vers 1930. État d’usage, restaurations, laque noire non d’origine, parties en cuir non d’origine, les nickelages refaits. Hauteur: 79cm – Longueur: 137cm – Profondeur: 73cm Important: Nous adressons nos plus vifs remerciements à Laure Tinel Dupré-Lafon, ayant droit de l’artiste, pour nous avoir confirmé l’authenticité de cette œuvre. Un certificat de l’ayant droit sera remis, à sa demande et à sa charge, à l’acquéreur. Provenance: - Art Nouveau – Art déco – Vente Me Boisgirard, Hôtel Drouot, 22 octobre 1986. Notre bureau présenté sous le numéro 151 du catalogue lors de cette vacation. - Galerie Couvrat Desvergnes. Œuvre acquise lors de la précédente. - Collection particulière, Neuilly-sur-Seine. Œuvre acquise auprès de la galerie Couvrat Desvergnes lors de la première exposition consacrée à Paul Dupré-Lafon organisée du 29 avril au 15 septembre 1987. Bibliographie: Thierry Couvrat Desvergnes – Paul Dupré-Lafon, décorateur des millionnaires – Les Éditions de l’Amateur, Paris, 1990. Notre bureau reproduit page 42, des détails reproduits pages 44 et 45, un bureau identique figurant sur des photographies d’archives reproduites pages 94 et 113, la variante avec volet coulissant en métal reproduite page 97 sur une photographie d’archive et son plan, daté du 1er mars 1929, reproduit page 96. Paul DUPRÉ-LAFON (1900-1971) Paul Dupré-Lafon fait figure d’exception dans le domaine des arts décoratifs du XXe siècle. Débutant sa carrière dans les années 1920, en pleine euphorie Art Déco, il réussira à imposer une vision personnelle, à l’équilibre des tendances de l’époque. Loin de toute homogénéité, le renouveau artistique de la période était, d’une part, dominé par les traditionalistes soucieux de s’inscrire dans la continuité du grand savoir-faire français et de poursuivre une quête de raffinement, et, d’autre part, agité par les modernistes en quête de rationalité et de fonctionnalité. Fort de la connaissance des propositions plurielles de ses contemporains, le décorateur décidera d’y puiser le meilleur en imaginant des intérieurs et du mobilier répondant à la fois aux critères d’innovation, d’ergonomie, d’élégance, et de luxe. Cette approche unique sera à l’origine de réalisations rigoureuses, confortables et raffinées, à travers lesquelles se lisent les préoccupations de la modernité et de la tradition. Travaillant seul, refusant l’édition de ses œuvres et leur présentation dans les salons de l’époque, Paul Dupré-Lafon imagine de façon indépendante et autonome ses créations uniques. Conçues comme éléments d’un tout, chaque pièce participe d’une vision globale. Suivant une démarche analogue à l’idée de microcosme-macrocosme, chaque oeuvre isolée incarne le reflet d’une conception d’ensemble de ses aménagements intérieurs, animée par une recherche fondamentale de dynamisme et d’harmonie. Chez Dupré-Lafon, rien n’est accessoire. Chaque réalisation jusqu’à son plus infime détail sert l’utile et le beau. Équilibre, harmonie, continuité, unicité ; voilà ce qui commande son œuvre à part. De ses créations transparaissent l’importance du choix des matières brutes et l’apparente simplicité des lignes et des formes. Cuirs, bois, bois laqués, pierres, métaux de grande qualité s’alternent sur ses pièces de mobilier au modelé contenu à l’essentiel. Une alternance de ruptures et de continuités anime chaque élément qu’il crée. Les couleurs et les matières se répondent, les tons naturels s’opposent au noir des bois laqués, les matériaux organiques cohabitent avec les métaux, les surfaces planes et les parements naturels se succèdent. Loin de servir uniquement une esthétique, ces œuvres sont savamment construites. Leurs articulations, souvent métalliques, ponctuent visuellement leur ligne en plus d’augmenter leur praticité. Des jeux de mécanismes révèlent des fonctionnalités cachées et développent singulièrement l’aspect de ses pièces ; aussi, ensemble ou individualisées, elles démontrent une présence certaine et une grande puissance issues de la mise en
73 - JEAN PROUVÉ (1901-1984) – COLLECTION DU CROUS (CENTRE RÉGIONAL DES ŒUVRES UNIVERSITAIRES ET SCOLAIRES) DE L’ACADÉMIE DE VERSAILLES Table centrale, version longue, dite communément Trapèze, version longue, la conception du modèle initiée en [1952], notre exemplaire réalisé en 1956 pour la Résidence universitaire Jean Zay à Antony Grande table rectangulaire destinée au réfectoire du restaurant de la Résidence universitaire d’Antony. Le pied en tôle pliée, soudée et laquée noir. Le plateau, à la tranche chanfreinée, en latté recouvert de mélaminé noir dit stratifié noir. Hauteur : 73 cm – Longueur : 332 cm – largeur : 72 cm Provenance : Résidence universitaire Jean Zay à Antony. Œuvre vendue au profit du CROUS (Centre Régional des Œuvres Universitaires et Scolaires) de l’académie de Versailles. Œuvres en rapport et collections publiques : - Centre Pompidou, Paris – Une table identique (modèle Centrale dit Trapèze, version longue) est conservée dans les collections de cette institution sous le numéro d’inventaire 2012-1-4 (don du CROUS de l’académie de Versailles). - Musée des Arts Décoratifs, Paris – Une table identique (modèle Centrale dit Trapèze, version longue) est conservée dans les collections de cette institution sous le numéro d’inventaire 2002.69.5 (don du CROUS de l’académie de Versailles). - Musée des Beaux-arts de Nancy – Une table identique (modèle Centrale dit Trapèze, version longue) est conservée en dépôt du CROUS de l’académie de Versailles sous le numéro d’inventaire D.2011.6.1. Bibliographie : - Jean Prouvé/Serge Mouille – Catalogue de l’exposition organisée en mai 1985 à la De Lorenzo Gallery à New York puis à l’automne 1985 à la Galerie Alan et Christine Counord à Paris, Éditions De Lorenzo Galllery/Galerie Alan et Christine Counord, Pairs 1985. Variante (petit modèle) reproduite pages 36-37, 74, 75. - Patrick Favardin – Le Style 50 – Un moment de l’art français – Éditions Sous le Vent-Vilo, Paris, 1987. Variante reproduite page 27. - Yvonne Brunhammer et Guillemette Delaporte – Les styles des années 30 à 50 – Les Éditions de l’Illustration, Baschet & Cie, Paris, 1987. Variante reproduite page 110. - Patrick Favardin – Les Décorateurs des années 50 – Éditions Norma, Paris, 2002. Une table identique reproduite page 11. - Peter Sulzer - Jean Prouvé œuvre complète, vol.3, 1944-1954 – Éditions Birkhäuser, Bâle, 2005. Variantes de tables modèle Centrale dites Trapèze reproduites page 231 (ill. 1220.5.4) et page 232 (ill. 1220.5.b) ; dessins et plans de variantes de tables modèle Centrale dites Trapèze reproduits page 231 (ill. 1220.5.1, 1220.5. et 1220.5.3). - Jean Prouvé – Éditions Galerie Patrick Seguin, Paris & Sonnabend Gallery, New York, 2007. Variante reproduite page 427. - Patrick Favardin – Les Décorateurs des années 50 – Éditions Norma, Paris, 2002. Une table identique reproduite page 11. Ce lot est présenté en collaboration avec Ader Entreprises & Patrimoine, Me Nicolas Nouvelet commissaire-priseur, le CROUS de l’académie de Versailles et la DNID (Direction Nationale d’Interventions Domaniales). Frais de vente en sus des enchères pour les œuvres du CROUS de l’académie de Versailles : 24 % T.T.C. Droit de suite à la charge de l’acquéreur : progressif avec un plafond de 12 000 euros maximum.
43 - ALBERTO GIACOMETTI (1901-1966) – ANCIENNE COLLECTION PAROUÏR BEGLARIAN (PUIS PAR DESCENDANCE) Figure dit communément Tête de femme, le modèle créé vers [1933-1934] Pied de lampadaire. Épreuve en bronze richement patiné brun très nuancé de vert antique. Monogrammé et numéroté AG077 au tas par le Comité Giacometti sur l’arrière de la base vers le passage de l’alimentation électrique. Hauteur: 155cm Important: Cette œuvre a été incluse dans le catalogue raisonné de l’artiste et référencée dans l’Alberto Giacometti Database sous le numéro AGD 4618par la Fondation Giacometti. Un document de la Fondation Giacometti pour l’inclusion de cette œuvre dans le catalogue raisonné de l’artiste et son référencement dans l’Alberto Giacometti Database sera remis à l’acquéreur. Provenance: - Parouïr Beglarian. Homme d’affaires (Société des Pétroles d’Outre-mer; armateur d’une flotte spécialisée dans le transport des hydrocarbures), important collectionneur (et prêteur pour les institutions) d’art du XXe siècle, tout particulièrement du mouvement surréaliste avec Alberto Giacometti, Joan Miró, etc. Proche de Diego Giacometti, comme le signale Daniel Marchesseau dans son ouvrage sur l’artiste suisse, et de Christian Bérard, en témoigne un dessin dédicacé par l’artiste (décédé en 1949) avec la mention : À Parouïr de tout cœur. Cet éternel curieux et passionné des arts s’intéressera aux travaux d’Eduardo Chilida et de Simon Hantaï (cf. vente Ader du 17 mai 2024) et, plus généralement, à la plupart des mouvements picturaux d’avant-garde des années 1950 à 1980. Client de la Galerie Maeght et de la Galerie Fournier, membre de l’Association pour la défense des vitraux de France fondée sous l’impulsion de Bazaine, Manessier, Bertholle, Hartung, Soulages, etc. - Par descendance. Bibliographie: - Art et Décoration – N°3 de 1936. Modèle identique reproduit page 98 dans un article consacré à Jean-Michel Frank sous la plume de Waldemar George. - Mobilier et Décoration - N°3 d’avril 1953. Modèle identique reproduit page 40. - Léopold Diego Sanchez – Jean-Michel Frank – Éditions du Regard, Paris, 1980. Modèle identique reproduit pages 107 et 204. - Michel Butor – Diego Giacometti – Éditions Adrien Maeght, Paris, 1985. Modèle identique reproduit page 125. - Daniel Marchesseau – Diego Giacometti – Éditions Hermann, Paris, 1986. Modèle identique reproduit page 11. - François Baudot – Diego Giacometti – Éditions Assouline, Paris, 1998. Modèle identique reproduit page 34. - Françoise Francisci – Diego Giacometti; catalogue de l’œuvre, volume I – Éditions Éolia, Paris, 1986. Modèle identique reproduit dans cet ouvrage sans pagination. - Christian Boutonnet et Rafael Ortiz - Diego Giacometti - Éditions de l’Amateur/Galerie L’Arc-en-Seine, Paris, 2003. Modèle identique reproduit page 34. - Pierre-Emmanuel Martin-Vivier - Jean-Michel Frank - Éditions Norma, Paris, 2006. Modèles identiques reproduits pages 143, 198, 199 et 250.
101 - CHARLOTTE PERRIAND (1903-1999) Forme libre dit communément Feuille, le modèle conçu en [1953], l’édition par Steph Simon initiée en [1956] Rare et importante table en sapelli. Le très épais plateau de forme titre monté par assemblage et au pourtour chanfreiné présentant de fausses languettes et des bouchons circulaires pour masquer les tirefonds. L’entablement reposant sur deux pieds cylindriques et un pied de type Aile d’avion; chacun monté par un tirefond boulonné. Vers 1956-58. État d’usage, taches sur le plateau, décoloration à la base de chaque pied. Hauteur: 71cm – Longueur: 236,5cm – Largeur: 108cm Épaisseur du plateau: 7,5cm Provenance: - M. X., Paris; Œuvre achetée vers 1956-1958. - Mme Y., Île-de-France. Œuvre acquise auprès du précédent. Bibliographie: - Aujourd’hui; Art et Architecture – N°12 d’avril 1957. Un modèle identique reproduit page 91. - Aujourd’hui; Art et Architecture – N°12 de mars-avril 1959. Un modèle identique reproduit pages 86, 87 et 88. - Jacques Barsac – Charlotte Perriand – L’œuvre complète, volume 3, 1956-1968 – Éditions Archives Charlotte Perriand/Norma, Paris, 2015. Modèles identiques, avec des variantes d’essence, reproduits pages 41, 83 (sous forme d’un dessin figurant sur un prospectus de la Galerie Steph Simon), 84-85, 86, 87 et 294. - Jacques Barsac – Charlotte Perriand – Un art d’habiter – Éditions Archives Charlotte Perriand/Norma, Paris, 2005. Modèles identiques, avec des variantes d’essence, reproduits pages 437 et 438-39. - Yolande Amic – Le mobilier français 1945-1964; série Intérieurs – Éditions Via/Les Éditions du Regard, Paris, 1983. Un modèle identique dans une autre essence reproduit page 67. - Patrick Favardin – Le Style 50; un moment de l’art français – Éditions Sous le Vent-Vilo, Paris, 1987. Un modèle identique dans une autre essence reproduit page67. - Patrick Favardin -Les Décorateurs des Années 40- Éditions Norma, Paris, 2002. Modèle identique reproduit page 141.
114 - LINE VAUTRIN (1913-1997) Soleil à torsades, très grande version, le modèle créé vers [1955] Très important miroir à l’encadrement central circulaire en Talosel noir gaufré. Le pourtour du cercle central, également en Talosel noir, recevant des parties en miroir, au tain ambre, modelées et incrustées. Les pointes torsadées, également en Talosel noir, recevant des parties en miroir, au tain ambre, modelées et incrustées; Années 1950-1960. Restaurations, miroir plat, dos et tissu du dos remplacés (miroir plat d’une épaisseur de 6mm d’origine disponible). Signé Line VAUTRIN et porte la mention II, à chaud au dos de la couronne. Diamètre: 79cm Bibliographie: Patrick Mauriès - Line Vautrin – Miroirs - Éditions Le Promeneur & Galerie Chastel-Maréchal. Paris 2004. Un modèle identique, d’un diamètre inférieur, visible sur une photographie d’archive reproduite page 40.
34 - DIEGO GIACOMETTI (1902-1985) – PROVENANT DE LA SUCCESSION DE M. ET Mme B. Torsade, modèle créé vers [1965], notre œuvre réalisée vers 1976-1978 Table basse-sculpture. Le piètement en bronze patiné brun nuancé ; le décor titre sur la basse centrale d’entretoise. Le plateau en verre. Signée DIEGO, en lettres cursives sur chaque barre des liaisons hautes des pieds et sur trois barres de l’entretoise en X. Avec verre : Hauteur : 39,8 cm – Longueur : 119,8 cm – Largeur : 72,8 cm Pied bronze seul : Hauteur : 39,8 cm – Longueur : 117 cm – Largeur : 78,2 cm (Un léger éclat à deux angles du plateau). Important : Cette œuvre a été authentifiée selon le processus mis en place par la succession Diego Giacometti. Provenance et historique : Succession M. et Mme B, Île-de-France. Œuvre acquise directement auprès de l’artiste. M. et Mme B., furent présentés à Diego Giacometti par Pierre Josse dont ils étaient proches. Mme B., d’origine belge, peintre graveur à ses heures, entretenait une amitié de jeunesse avec l’artiste plasticienne Colette de Sadeleer. Cette dernière présenta aux B. son oncle sculpteur Pierre Josse, dont elle avait peint le portrait en pied. De son côté Pierre Josse était un intime d’Alberto et Diego Giacometti ; on connait à ce jour trois portraits de Pierre Josse par Alberto réalisés dans les années 1960. Plusieurs photographies d’Henri Cartier-Bresson prises entre 1960 et 1965 nous révèlent l’amitié entre les deux hommes. Aussi, c’est tout naturellement que Pierre Josse, également intime de M. et Mme B,. les mit en contact avec Diego Giacometti au milieu des années 1970. M et Mme B, amateurs de peinture et de gravure, qui fréquentaient les galeries parisiennes, acquirent dans les années 1960 et 1970 de nombreuses estampes originales d’artistes majeurs de l’Ecole de Paris (Villon, Estève, Hartung, Bram van Velde, ZaoWou Ki, Vierada Silva et Alechinsky, etc.). La commande de cette table basse Torsade et d’une console Biche, Arbre et Renard (à l’affût) vint brillamment enrichir cet ensemble et en constitua le point d’orgue. Leur fils se souvient encore, bien qu’âgé d’environ une douzaine d’années à cette époque, être allé chercher ces œuvres avec ses parents dans l’atelier de Diego ; rue Hippolyte Maindron dans le 14e arrondissement de Paris. Archives : Notre table basse est décrite à la page 3 sur un inventaire dressé à la demande de M. et Mme B. pour établir des valeurs d’assurance par l’APPAP le 29 juin 1982. Bibliographie et œuvres en rapport : - Daniel Marchesseau – Diego Giacometti – Éditions Hermann, Paris, 1986. Un autre exemplaire de la table basse Torsade reproduit page 65. - Collectif – Diego Giacometti – Catalogue de l’œuvre – Éditions Eolia, Paris, 1986. Un autre exemplaire de la table basse Torsade, format carré, reproduit dans cet ouvrage (sans pagination) ; un détail également reproduit en double page suivante. - Christian Boutonnet et Rafael Ortiz, préface de Jales Lord 6 Diego Giacometti – Catalogue d’exposition, Galerie L’Arc en seine, Paris, 2003, Les Éditions de l’Amateur, 2003. Un autre exemplaire de la table basse Torsade, patine or, reproduit en double page 67-68. À noter : Le droit de suite sur cette œuvre est à la charge de l’acquéreur.
92 - DIEGO GIACOMETTI (1902-1985) – ANCIENNE COLLECTION GÉRARD CHIERRONI (1938-2018) Berceau, la seconde version, le modèle créé vers [1970] Table basse. Épreuve en bronze à la riche patine vert antique sombre nuancé de brun et de rouge. Le plateau en verre oblong. Signée DIEGO et monogrammée DG au tas sur une traverse basse longitudinale ; les « tendeurs » numérotés de 1 à 4 au tas en dessous, les traverses numérotées et appairées 1 et 2 au tas en dessous. Années 1970. Pied seul : Hauteur : 37,5 cm – Longueur : 117 cm – Largeur : 43 cm Avec plateau verre : Hauteur : 37,5 cm – Longueur : 146,5 cm – Largeur : 43 cm Provenance : - Collection Gérard Chierroni (1938-2018) - Collection particulière. Bibliographie : - Michel Butor, Jean Vincent (photographies) -Diego Giacometti - Éditions Adrien Maeght, Paris, 1985. Une table basse Berceau, seconde version, reproduite page 142. - Collectif – Diego Giacometti – Catalogue de l’œuvre – Éditions Eolia, Paris, 1986. Une table basse Berceau, seconde version, reproduite dans cet ouvrage (sans pagination). - Daniel Marchesseau – Diego Giacometti – Éditions Hermann, Paris, 1986. Une table basse Berceau, seconde version, reproduite page 67. - François Baudot - Diego Giacometti – Éditons Assouline, Paris, 1998. Le détail d’une table basse Berceau, seconde version, reproduit dans cet ouvrage (cahier de photographies).
134 - EUGÈNE PRINTZ (1889-1948) & JEAN DUNAND (1877-1942) Lignes brisées montées en chevrons, damiers, filets et pointillés, meuble facturé le 18 mai 1934 Exceptionnel et rare meuble de salon en placage de bois de palmier. Le corps quadrangulaire du meuble s’ouvre par deux portes parées chacune d’une plaque en dinanderie de laiton aux motifs titres réalisés en incrustations d’argent coulé ; les deux vantaux formant une seule composition décorative. La base est constituée d’un socle entièrement paré de laiton oxydé à l’éponge accueillant un piétement mouvementé, également en laiton oxydé à l’éponge, recevant des motifs décoratifs de lignes brisées montées en chevrons, rappelant ainsi le décor de la partie basse des portes. La partie soutenant l’arrière du meuble, terminée concave à ses extrémités, est entièrement plaquée de laiton oxydé à l’éponge. L’intérieur, muni d’étagères, est exécuté en placage de bois clair blanchi. La cage intérieure de la serrure réalisée en laiton oxydé à l’éponge. Clé d’origine en bronze (dé)patiné. État d’usage, meuble restauré il y a une dizaine d’années à l’initiative de son propriétaire actuel, fils du commanditaire initial. Estampillé E. P. au fer à froid dans un cartouche circulaire en marqueterie de bois debout sur le montant droit du corps du meuble. Hauteur : 92,5 cm – Longueur : 113 cm – Profondeur : 41 cm Provenance : - M. & Mme X., amis intimes d’Eugène Printz. Œuvre issue d’une décoration d’intérieur complète réalisée par Eugène Printz pour leur propriété. - M. X., fils des précédents. Œuvre détenue par voie de succession. Important : Une copie (biffée) de la facture d’origine de notre meuble, établie par E. Printz et datée du 18 mai 1934, sera remise à l’acquéreur.
108 - PABLO PICASSO (1881-1973) & ATELIER MADOURA Tête de femme couronnée de fleurs, modèle créé le [20 mars 1954], notre épreuve numérotée 10/50 Pichet. Réplique authentique, éditée à cinquante exemplaires tous numérotés et réalisés chez Madoura. Épreuve en terre de faïence blanche ; blanc. Signé PICASSO (par l’artiste lui-même) au pinceau vers la base, daté 20.3.54 en creux vers la base, numéroté 10/50 au pinceau et 10 en creux sous la base. Hauteur : 24 cm Bibliographie : Alain Ramié - Picasso, catalogue de l’œuvre céramique édité 1947-1971 - Éditions Madoura, 1988. Modèle identique reproduit page 126 sous le numéro 236 du catalogue.
58 - PABLO PICASSO (1881-1973) (D’APRÈS) & MARIE CUTTOLI (1879-1973) – MYRBOR ÉDITEUR – ANCIENNE COLLECTION THÉRÈSE BONNEY (1894-1978) D’après Verre et pipe, huile et sable sur toile, 1917, œuvre toujours demeurée la propriété de Pablo Picasso, aujourd’hui détenue par la Succession Picasso, notre tapis réalisé entre 1927 et 1929, très probablement unique Tapis au point noué. Laines de couleur. État et restaurations d’usage. Marqué MYRBOR, aux points au revers. 144 x 200 cm Provenance : - Collection Thérèse Bonney (1894-1978) (Mabel Bonney, dit). - Important 20th Century Decorative Art & Design, including Property from the Thérèse Bonney Bequest University of California, Berkeley Art Museum – Vente Christie’s, New York, 8 décembre 2004, n° 50 (sans que l’auteur du carton soit identifié). - Collection particulière, Paris. Œuvre acquise auprès de la précédente. Exposition : Aren’t they lovely ? An exhibition of the Bequest of Thérèse Bonney, class 1916 - Berkeley Art Museum, Berkeley University of California, du 27 juin au 13 septembre 1992. Notre tapis présenté lors de cette manifestation. Archives : Le tapis d’après Pipe, 1918, de Pablo Picasso, édité concomitamment à notre tapis par Marie Cuttoli (Myrbor), figurant sur une photographie de Thérèse Bonney datée vers 1929 et conservée à la Médiathèque du patrimoine et de la photographie à Charenton-le-Pont sous le numéro d’inventaire BNN02115. Bibliographie et œuvres en rapport : - Christian Zervos – Pablo Picasso, volume 3, œuvres de 1917 à 1919 – Éditions Cahiers d’Art, Paris, 1949. L’œuvre Verre et pipe, 1917, huile et sable sur toile, reproduite p. 41 et référencée sous le numéro 120 ; décrite (sous la même référence) en fin d’ouvrage. - Présentation de Maurice Matet – Tapis Modernes – Éditions Ernst, Paris, 1929. Le tapis d’après Pipe, 1918, de Picasso, édité concomitamment à notre tapis par Marie Cuttoli (Myrbor), reproduit pl. 23 au pochoir en couleurs. - Dominique Paulvé – Marie Cuttoli – Myrbor et l’invention de la tapisserie moderne – Éditions Norma, Paris, 201. Le tapis d’après Pipe, 1918, de Pablo Picasso, édité concomitamment à notre tapis par Marie Cuttoli (Myrbor), figurant sur une photographie d’archive reproduite p. 39. Une longue amitié et un tapis possiblement unique : Marie Cuttoli, fervente des avant-gardes, collectionneuse d’oeuvres de Pablo Picasso, put faire la rencontre de l’artiste dans les années 1920. Ce fut le point de départ d’une indéfectible amitié qui ne faiblira jamais jusqu’à leur disparition durant la même année 1973. Entre 1927 et 1929, Pablo Picasso, très intéressé par le projet de Marie Cuttoli d’éditer des tapis d’après des oeuvres ou des cartons des artistes modernes, lui confia deux de ses peintures, Verre et pipe, une huile et sable sur toile de 1917 et Pipe, une huile sur toile de 1918, afin qu’elle en fasse une transcription en tapis de laine. Ce choix par le peintre démontre sa confiance artistique envers son amie puisque le tableau Verre et pipe de 1917 restera toujours à ses côtés et qu’il figure, de nos jours encore, dans la Succession Picasso. Faisant suite à cette première collaboration, suivront une quinzaine d’oeuvres dans les années 1930 à 1960, principalement des tapisseries, Minotaure, Confidences, La Fermière, etc. ; Verre et pipe et Pipe restant les deux seuls exemples proprement dits cubistes. Le tapis d’après Verre et pipe de 1917 n’a semble-t-il jamais été photographié à l’époque ; seul le tapis d’après Pipe de 1918 figure au pied de l’estrade du salon d’exposition de chez Myrbor sur une photographie prise par Thérèse Bonney vers 1929, visible également sur autre cliché au pied d’un des escaliers (probablement après avoir été déplacé). Parallèlement, le tapis d’après Pipe de 1918 fut illustré sous forme de pochoir en couleurs dans un recueil titré Tapis Modernes édité par Ernst à Paris en 1929. Il nous est impossible de connaître le nombre d’exemplaires tissés pour chacun de ces deux tapis ; Marie Cuttoli prévoyait, pour ses éditions en général, au maximum trois épreuves. Cependant, nous sommes dans l’obligation de constater que ni l’un ni l’autre modèle n’a fait son apparition sur le marché de l’art si ce n’est notre tapis, présenté en vente publique en 2004 sans que soit identifié l’auteur du carton et qui fut acquis à cette occasion par l’actuel propriétaire. Nous notons également que cette oeuvre fut la propriété de Thérèse Bonney, célèbre pour sa proximité avec les acteurs de l’avant-garde des années 1920 et 1930 ; dont Marie Cuttoli et Pablo Picasso. Aussi, il est une possibilité que chacun de ces tapis soit demeuré une pièce unique ; une possible condition du peintre espagnol ? Au regard de ces éléments, il nous apparait aujourd’hui qu’il s’agirait probablement de la première fois qu’un tapis d’après une oeuvre cubiste de Pablo Picasso et édité par Marie Cuttoli dans les années 1920 soit présenté au feu des enchères en ayant été identifié comme tel ; on peut alors parler de redécouverte.
28 - REMBRANDT BUGATTI (1884-1916) Les Cigognes au repos, l’une couchée, le modèle conçu vers [1907], notre épreuve en bronze réalisée en 1907, pièce unique Épreuve en bronze à patine brun sombre richement nuancé. Fonte à la cire perdue réalisée par Albino Palazzolo. Édition ancienne par Adrien-Aurélien Hébrard. Signée R. BUGATTI, mentionnée Pièce unique et porte le cachet de fondeur Cire perdue A.A. HEBRARD sur la terrasse, porte une étiquette papier ancienne avec la mention manuscrite 1080 à l’encre à l’intérieur. Hauteur : 27,5 cm – Longueur : 45,8 cm – Profondeur : 16,5 cm Provenance : - Collection David-Weill (inv. A.-A. Hébrard 1080). - Collection particulière, Paris. Important : Un certificat d’authenticité établi par Mme Véronique Fromanger, spécialiste mondiale de l’œuvre de Rembrandt Bugatti et auteure du répertoire monographique de l’artiste, sera remis à l’acquéreur. Exposition : - Rembrandt Bugatti sculpteur – Galerie Adrien-Aurélien Hébrard, Paris, du 16 mai au 15 juin 1907. Notre œuvre présentée lors de cette exposition. - Salon des peintres divisionnistes italiens – Galerie Alberto Grubicy, Milan, 1907. Notre œuvre présentée lors de cette manifestation. - VIIIe Biennale de Venise – Esposizione Internationale d’Arte della città di Venezia, 1909 - Notre œuvre présentée lors de cette manifestation. - Prima esposizione Internationale d’Arte della Secessionne – Rome, de mars à juin 1913. Notre œuvre présentée lors de cette manifestation. - Europa 1900 - Musée des Beaux-Arts, Ostende, 1967. Notre œuvre présentée lors de cette manifestation. - Rembrandt Bugatti, der Bildhauer – Alte Nationalgaleire, Berlin, de mars à juillet 2014. Notre œuvre présentée lors de cette manifestation. Bibliographie : Véronique Fromanger - Rembrandt Bugatti sculpteur - Une trajectoire foudroyante - Répertoire monographique – Les Éditions de l’Amateur, Paris, 2016. Notre œuvre reproduite pages 133 et 322 et référencée dans le Répertoire des éditions en bronze sous le numéro 187.
74 - PAUL DUPRÉ-LAFON (1900-1971) – ANCIENNE COLLECTION MARIA DE BEYRIE Exceptionnelle table moderniste, pouvant former bureau plat, en placage de noyer. Chaque bloc-pied polyédrique et flanqué, sur sa base, de prismes triangulaires plaqués d’épaisses feuilles de laiton. L’entretoise centrale de sol présentant un dessus légèrement bombé. Chaque extrémité accueille un pied de soutien coulissant légèrement bombé et deux longerons sur glissières afin de recevoir, une fois tirés, une ou deux allonges. Le plateau rectangulaire à l’épaisse ceinture. Présentée avec deux allonges d’origine en placage de noyer (deux manquantes). Vers 1927-29. État d’usage, deux allonges manquantes. Sans allonge : Hauteur : 72 cm – Longueur : 216 cm – Largeur : 110 cm Avec deux allonges : Hauteur : 72 cm – Longueur : 306 cm – Largeur : 110 cm Provenance : - Collection Maria de Beyrie. - Collection particulière. - Art nouveau – Art déco – Vente Poulain – Le Fur, Hôtel des ventes du Palais (des Congrès), Paris, 23 novembre 2000. Notre œuvre présentée sous le numéro 197 du catalogue. - Collection particulière, Paris. Œuvre acquise lors de la précédente. Bibliographie : – Pierre Kjellberg– Art déco – Les Maîtres du mobilier – Le Décor des paquebots – Les Éditions de l’Amateur, Paris, 1986. Notre œuvre reproduite page 66. - Thierry Couvrat Desvergnes – Paul Dupré-Lafon, décorateur des millionnaires – Les Éditions de l’Amateur, Paris, 1990. Modèle identique, possiblement dans une autre essence de bois ou laqué, reproduit page 112.
47 - JEAN DUNAND (1877-1942) Le modèle conçu vers [1912/14] Spectaculaire vase en obus étiré ; le col annulaire en large débordement et terminé ourlé. Épreuve en dinanderie de maillechort entièrement montée au marteau et patinée noir. La surface achevée en un très fin et léger martelage. Le fond lesté au plomb à l’intérieur. Travail des années 1910-20. Signé à deux reprises du cachet de dinandier de l’artiste et porte le numéro 4118 au revers. Hauteur : 53,5 cm Provenance : - Important 20th century decorative art & Design – Vente Christie’s, New York, 16 décembre 2008. Notre œuvre présentée sous le n° 238 du catalogue. - Collection particulière, Paris. Bibliographie et œuvres en rapport : - Conferencia – N° 9 du 15 avril 1926. Œuvre à rapprocher reproduite page 445 dans un article titré Le nouveau visage de l’art : Chez Monsieur Jean Dunand sous la plume de Liliane Sarcey. - Art et Industrie - N° 8 de mai-juin 1935. Œuvre à rapprocher reproduite page 14. - Jean Dunand/Jean Goulden – Catalogue de l’exposition éponyme organisée de mai à juillet 1973 à la Galerie du Luxembourg, Paris, Éditions de la Galerie du Luxembourg, Paris, 1973. Œuvre à rapprocher reproduite page 63. - Félix Marcilhac – Jean Dunand, vie et œuvre – Les Éditions de l’Amateur, Paris, 1991. Des variantes de notre vase reproduites pages 298 à 301.
112 - JEAN PROUVÉ (1901-1984) F.P. 11, le modèle conçu vers [1945-47], la version suivante nommée Fauteuil Direction pivotant n° 353, notre siège réalisé dans les Ateliers Jean Prouvé à la fin des années 1940, un modèle identique présenté au Salon des Arts Ménagers, Paris, 1948 Fauteuil de bureau pivotant. La structure en métal tubulaire laqué noir d’origine ; la partie sous l’assise cruciforme. Les manchettes d’accotoir en chêne d’origine ; les dessus plats. L’assise tapissée de simili cuir brique et achevée en passe-poil ; complète de son revers en isorel. Le dossier également tapissé de simili cuir brique et achevé en passe-poil ; l’arrière clouté. Le pied constitué d’un fût cylindrique en métal laqué noir d’origine reposant sur une base cruciforme en tôle d’acier emboutie et laquée noir d’origine. État d’usage, sauts et usures à la laque, oxydations. Hauteur : 76 cm – Largeur : 66 cm – Profondeur : 60 cm Provenance : Collection particulière, à proximité de Nancy (Meurthe-et-Moselle). Exposition : Salon des Arts Ménagers, Paris, 1948 – Un modèle identique fut présenté lors de cette manifestation. Bibliographie : - Le Décor d’Aujourd’hui – N° 43 de 1948. Un modèle identique, derrière un bureau Direction, reproduit page 33 dans un article consacré au Salon des Arts Ménagers. - Les meubles des Ateliers Jean Prouvé – Plaquette diffusée par Steph Simon (52 avenue des Champs-Élysées Paris 8) alors concessionnaire exclusif des Ateliers Jean Prouvé, vers 1950. Un fauteuil de bureau pivotant figurant à deux reprises (derrière un bureau Présidence et un bureau Direction) dans cette publication. - Peter Sulzer – Jean Prouvé œuvre complète, vol.3, 1944-1954 – Éditions Birkhäuser, Bâle, 2005. Des modèles identiques et des variantes et des plans reproduits pages 64, 65, 214 et 215. - Yolande Amic – Le mobilier français 1945-1964, collection Intérieurs – Le Éditions du Regard, Paris, 1983. Un modèle identique figurant sur une photographie d’archive reproduite page 69.
72 - JEAN PROUVÉ (1901-1984) – COLLECTION DU CROUS (CENTRE RÉGIONAL DES ŒUVRES UNIVERSITAIRES ET SCOLAIRES) DE L’ACADÉMIE DE VERSAILLES Table centrale, version longue, dite communément Trapèze, version longue, la conception du modèle initiée en [1952], notre exemplaire réalisé en 1956 pour la Résidence universitaire Jean Zay à Antony Grande table rectangulaire destinée au réfectoire du restaurant de la Résidence universitaire d’Antony. Le pied en tôle pliée, soudée et laquée noir. Le plateau, à la tranche chanfreinée, en latté recouvert de mélaminé noir dit stratifié noir. Hauteur : 73 cm – Longueur : 332 cm – largeur : 72 cm Provenance : Résidence universitaire Jean Zay à Antony. Œuvre vendue au profit du CROUS (Centre Régional des Œuvres Universitaires et Scolaires) de l’académie de Versailles. Œuvres en rapport et collections publiques : - Centre Pompidou, Paris – Une table identique (modèle Centrale dit Trapèze, version longue) est conservée dans les collections de cette institution sous le numéro d’inventaire 2012-1-4 (don du CROUS de l’académie de Versailles). - Musée des Arts Décoratifs, Paris – Une table identique (modèle Centrale dit Trapèze, version longue) est conservée dans les collections de cette institution sous le numéro d’inventaire 2002.69.5 (don du CROUS de l’académie de Versailles). - Musée des Beaux-arts de Nancy – Une table identique (modèle Centrale dit Trapèze, version longue) est conservée en dépôt du CROUS de l’académie de Versailles sous le numéro d’inventaire D.2011.6.1. Bibliographie : - Jean Prouvé/Serge Mouille – Catalogue de l’exposition organisée en mai 1985 à la De Lorenzo Gallery à New York puis à l’automne 1985 à la Galerie Alan et Christine Counord à Paris, Éditions De Lorenzo Galllery/Galerie Alan et Christine Counord, Pairs 1985. Variante (petit modèle) reproduite pages 36-37, 74, 75. - Patrick Favardin – Le Style 50 – Un moment de l’art français – Éditions Sous le Vent-Vilo, Paris, 1987. Variante reproduite page 27. - Yvonne Brunhammer et Guillemette Delaporte – Les styles des années 30 à 50 – Les Éditions de l’Illustration, Baschet & Cie, Paris, 1987. Variante reproduite page 110. - Patrick Favardin – Les Décorateurs des années 50 – Éditions Norma, Paris, 2002. Une table identique reproduite page 11. - Peter Sulzer - Jean Prouvé œuvre complète, vol.3, 1944-1954 – Éditions Birkhäuser, Bâle, 2005. Variantes de tables modèle Centrale dites Trapèze reproduites page 231 (ill. 1220.5.4) et page 232 (ill. 1220.5.b) ; dessins et plans de variantes de tables modèle Centrale dites Trapèze reproduits page 231 (ill. 1220.5.1, 1220.5. et 1220.5.3). - Jean Prouvé – Éditions Galerie Patrick Seguin, Paris & Sonnabend Gallery, New York, 2007. Variante reproduite page 427. - Patrick Favardin – Les Décorateurs des années 50 – Éditions Norma, Paris, 2002. Une table identique reproduite page 11. Ce lot est présenté en collaboration avec Ader Entreprises & Patrimoine, Me Nicolas Nouvelet commissaire-priseur, le CROUS de l’académie de Versailles et la DNID (Direction Nationale d’Interventions Domaniales). Frais de vente en sus des enchères pour les œuvres du CROUS de l’académie de Versailles : 24 % T.T.C. Droit de suite à la charge de l’acquéreur : progressif avec un plafond de 12 000 euros maximum.
87 - GEORGES JOUVE (1910-1964) Sans tire, circa 1954 Rare sculpture de forme libre. Épreuve en céramique émaillée noir. Base en pierre d’origine. Signée JOUVE, et du monogramme A. P. (aux lettres entrelacées) pour Apollon, marque dite à l’Alpha, sous l’émail à la base de la partie en céramique. Hauteur totale : 45,5 cm Hauteur céramique seule : 39,5 cm Provenance : Succession X., Gisors (Eure). Bibliographie : - Michel Faré – Jouve céramiste – Éditions Art et Industrie, Paris, 1965. Œuvre similaire reproduite page 82. - Philippe Jousse et Norbert Pierlot - Georges Jouve - Éditions Jousse Entreprise, Paris, 2005. Œuvres similaires reproduites pages 219 et 236.
92 - VALENTINE SCHLEGEL (1925-2021) Le Cœur, circa 1957-58 Sculpture. Épreuve en grès blanc chamotté. Petites restaurations. Signée V. SCHLEGEL, incisé sous la base. Hauteur : 41,5 cm Provenance : Collection de Madame X., Paris. Amie proche et collaboratrice de Valentine Schlegel. Œuvre reçue en présent de l’artiste.
1 - LOUIS MAJORELLE (1859-1926) & DAUM NANCY Branche de magnolia en fleur et en bouton, le modèle conçu vers [1902-04] et présenté au Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts, Paris, 1904 Très rare et importante lampe de salon dans le goût naturaliste. Le pied, évoquant une branche et des bourgeons, en bronze doré. La fleur et le bouton de fleur en verre teinté vert anis légèrement opalescent, soufflé et modelé. Époque Art nouveau. Altérations et oxydations à la dorure. Hauteur : 61 cm Exposition : Majorelle : un art de vivre moderne - Exposition organisée par la Ville de Nancy et le Musée de l’École de Nancy aux Galeries Poirel, du 2 mai au 30 août 2009. Une autre épreuve de notre modèle de lampe présentée lors de cette manifestation sous le n° 94 de catalogue. Bibliographie : - Clotilde Bacri – Daum– Éditions Michel Aveline 1992. Modèle identique visible sur une photographie d’archive reproduite page 143. - Noël Daum – Daum maîtres verriers – Éditions Edita - Denoël, Lausanne-Paris, 1980. Modèle identique visible sur une photographie d’archive reproduite page 147. - Janine Bloch-Dermant – L’Art du verre en France, 1860-1914 – Édition Edita et Denoël, Lausanne, Paris, 1974. Modèle identique reproduit page 138. - Alastair Duncan – Luminaire Art nouveau Art déco - Éditions de l’Office du livre, Fribourg, 1980. Modèle identique reproduit page 115 (ill. 63). - Alastair Duncan - The Paris Salons 1895-1914- Volume V : Objets d’art & Metalware – Édition Antique Collectors’ Club, 1998. Modèle identique reproduit page 396. - Alastair Duncan – Majorelle – Éditions Flammarion, Paris, 1991. Modèle identique visible sur des photographies d’archives reproduites page 146 et page 215 (ill. 164). - Roselyne Bouvier, Valérie Thomas, Blandine Otter – Majorelle : un art de vivre moderne -Catalogue de l’exposition organisée par la Ville de Nancy et le Musée de l’École de Nancy aux Galeries Poirel, du 2 mai au 30 août 2009, Éditions Nicolas Chaudun et Ville de Nancy, 2009. Un modèle identique reproduit page 99 (ill. 94).