Islam et Indes
Deux à quatre ventes cataloguées chaque année
Objets des mondes islamiques et indien et œuvres orientalistes, les ventes d’arts de l’Islam et de l’Inde attirent de nombreux collectionneurs et connaisseurs du monde entier. Mises en place par la maison Ader dès 2011, ces vacations dédiées regroupent des manuscrits arabes, persans et ottomans, des calligraphies, peintures, céramiques et mobilier... Une grande diversité de lots datent du début de l’Islam jusqu’à la fin du XIXe siècle et proviennent d’Afrique du Nord, du Proche et du Moyen-Orient ou d’Asie centrale et d’Inde. Les institutions muséales suivent avec attention le programme de ces ventes de référence et de nombreux musées français et internationaux acquièrent ou préemptent régulièrement des lots à cette occasion, à l’instar de l’Institut du monde arabe et du musée Guimet mais également de la David Collection à Copenhague et du musée Aga Khan au Canada.
Le mot de l’expert
« L’actualité du marché de l’art islamique et indien, riche en redécouvertes et en belles enchères, montre qu’il reste encore bon nombre de merveilles à retrouver, notamment en France. Une miniature indienne du XIXe siècle appartenant à un particulier français qui n’en soupçonnait pas la valeur s’est ainsi envolée à plus de 300 000 € lors d’une récente vente publique, au cours de laquelle des amateurs indiens ont largement soutenu les enchères. Les vacations spécialisées que nous organisons permettent aux acheteurs internationaux et aux musées d’être informés des dernières trouvailles que nous avons authentifiées. Parmi les plus belles pièces qu’il reste à découvrir figurent les céramiques lajvardina iraniennes du XIVe siècle, recherchées pour leurs couleurs inouïes et la finesse de leur réalisation. Elles apparaissent parfois en vente publique sous forme de tessons ou de fragments, mais les pièces intactes restent particulièrement rares et toutes sont aujourd’hui conservées dans les plus grands musées internationaux. »
Contacts
Magdalena Marzec
magda.marzec@ader-paris.fr
Quentin Severelli
quentin.severelli@ader-paris.fr
3, rue Favart 75002 Paris
Tél : +33 (0)1 53 40 77 10
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Belles adjudications
Plat tabak à décor de feuille saz, Turquie ottomane, Iznik, vers 1570-80 En céramique siliceuse à décor peint sur engobe sous glaçure transparente d’une large feuille saz ondulée entourée de roses épanouies, de jacinthes, de tiges de prunus et d’une tulipe. Sur le marli bordé de délicats motifs de diadèmes, décor stylisé de vagues rehaussées de vert et de rouge et rochers écaillés bleus. Au dos, alternance de rosettes et de paires de tulipes. Diamètre : 28,6 cm Quelques éclats et fêles, deux trous de suspension et restauration au talon. Provenance : - Spink, 2001. - Ancienne collection Adda. An Ottoman Iznik Fritware Dish Tabak, Turkey, c. 1570-80 Collection particulière parisienne de 1975 à 2000 - premier volet (lots 120 à 173).
Très rare firman enluminé du sultan Aq Qoyunlu Uzun Hasan, Empire Turcoman, Tabriz, 1453-1478 Le firman décoré de quatre très belles et grandes compositions calligraphiques à l’or et encre bleue en écriture thuluth, entremêlée d’inscriptions bleues en coufique et en naskh, l’une d’entre elles arrangée en ambigramme, les interstices de certaines lettres décorés de palmettes réservées sur fond noir, l’entête suivi du chiffre (tughra) du sultan se lisant : Abu al-Nasr Hasan Bahadur Sözümiz à l’encre noire et or, le texte en écriture ta’liq à l’or en 17 lignes remontant vers la gauche, comportant des citations religieuses, copié sur cinq grandes feuilles d’un beau papier crème attachées les unes aux autres, légèrement raccourci de chaque côté, des marges en papier orange rajoutées sur le pourtour, il manque la partie basse du document. Larg. : 28,5cm, avec restauration : 32 cm ; L. : 328 cm État : incomplet, consolidé sur les bords par un papier orange. Petites déchirures en bas et papier froissé par endroit. Feuille restaurée et recollée à la hauteur de la formule religieuse de la signature. Quelques taches brunes. Plusieurs petites restaurations sur le fond. Les inscriptions monumentales sont des invocations religieuses, certaines tirées du Coran (sourate 4, Al-Nisa, Les Femmes, verset 59 ; sourate 18, Al-Kahf, La Caverne, verset 2 et 3) et des hadiths du Prophète (relaté par Muhammad Bin Ishaq al-Sanghani, numéro 87). Ce rouleau enluminé est un document particulièrement important de l’époque de la dynastie des Aq Qoyunlu. Il s’agit d’un décret royal (firman ou farman) émis par le Sultan Uzun Hasan (Hasan le Grand, né 1423) qui a régné de 1457 à 1478 sur le clan des Aq Qoyunlu ou « Moutons Blancs ». Cette dynastie, issue d’Anatolie de l’Est, a jusqu’au début du XVIe siècle contrôlé l’Arménie, la Mésopotamie et une grande partie de l’Iran à la suite des Timourides. Son apogée est atteinte pendant le règne d’Uzun Hasan, après ses victoires cont
Vase à décor floral, Turquie ottomane, Iznik, vers 1575 Vase à large col cylindrique tronqué, panse bulbeuse et petit pied circulaire évasé, en céramique siliceuse à décor floral polychrome sur fond d’engobe blanc, sous glaçure transparente, monture en alliage cuivreux à la base et au col. Sous un anneau renflé orné d’une frise de fleurs en bouton sur fond bleu et souligné d’une frise de lambrequins polylobés à décor de deux brins d’herbe sur fond bleu moucheté, se déploie sur la panse un décor de tiges florales courbes alternant des prunus, des jacinthes, des tulipes, des roses épanouies ou en bouton, des fleurs composites ou encore des œillets. Le champ floral est fermé à la base par une suite de cercles concentriques noirs entre lesquels court une frise de fins chevrons noirs courbés. Fragmentaire, le vase a été enchâssé dans une monture en alliage cuivreux remplaçant le col et renforçant le pied. Le col cylindrique évasé dans la partie supérieure présente un décor finement ciselé de tiges florales d’espèces similaires à celles de la panse sur fond guilloché. Sous la lèvre, court une frise de palmettes bifides tandis que la base de la monture reprend la frise de lambrequins peinte sur céramique, créant une symétrie par rapport à l’anneau renflé. Hauteur : 30 cm ; Diamètre de la base : 13,8 cm état : éclat sous la panse, quelques tâches de bleu, anneau sur la monture suggérant l’ancienne présence d’un couvercle. Provenance : collection française depuis la fin du XIXe siècle. Une pièce de la période d’apogée d’Iznik Le décor floral naturaliste couvrant notre objet est caractéristique de la production des ateliers impériaux d’Iznik dans les années 1570-80. Les espèces florales précisément identifiables trahissent le très grand talent d’observation de la nature des ornemanistes des naqqashkhaneh sultaniens. La blancheur de l’engobe sous-jacent, la finesse du trait d’exécution, l’utilisation du rouge écl
15e Juz de Coran, Turquie ottomane, probablement Anatolie, début XVe siècle Manuscrit sur papier de cinq lignes de texte par page en arabe en calligraphie muhaqqaq aux encres alternativement bleue et or. Manuscrit introduit par une double-page enluminée d’un frontispice en unwâns abritant des cartouches en accolade finement inscrits en coufique à l’encre rouge sous un dense décor enluminé de rinceaux végétaux spiralés repris en marge dans des médaillons et lambrequins. Le texte comprend la Sourate XVII al-Isra’ et la Sourate XVIII al-Khaf jusqu’au verset 74. Séparations de versets par des rosettes enluminées à l’or et disques marginaux dorés. Reliure à rabat en maroquin rouge à décor estampé d’un médaillon polylobé rehaussé d’or. 34,7 x 26,5 cm Derniers mots rajoutés postérieurement à l’encre noire, annotations marginales postérieures, taches, mouillures (importantes sur la reliure), restaurations. Le grand format du manuscrit, sa mise en page simple et aérée et la fine calligraphie muhaqqaq du texte évoquent encore les Corans mamluks tardifs. Les enluminures à l’or tout en fins rinceaux spiralés et garnis de palmettes semblent annoncer les styles Corne d’Or et rumi abondant dans l’art ottoman des débuts du XVIe siècle. Deux sections de Coran similaires ont été vendues chez Sotheby’s Londres, le 19 octobre 2016, lot 108 et le 26 avril 2017, lot 12. An Ottoman Qur’an Juz’ (XV), Turkey, probably Anatolia, early 15th century Collection particulière parisienne de 1975 à 2000 - premier volet (lots 120 à 173).
Petit Coran de voyage, Al-Andalus ou Afrique du Nord, XIIe-XIIIe siècle ou Proche Orient abbasside, Xe siècle Vingt-sept lignes de texte par page sur parchemin, en arabe, à l’encre noire, en écriture abbasside cursive. Points diacritiques indiqués à l’encre rouge, titres de sourate enluminés à l’or et prolongés d’un médaillon en amande, cercles dorés marquant la séparation entre les versets, quelques médaillons marginaux à l’or et en polychromie, en amandes ou en cercles contenant parfois les numéros de sections. Frontispice en double page constitué de deux compositions géométriques tapissantes à l’or et en polychromie. Une note manuscrite postérieurement sur la première page indique en français : « Le Coran – donné à Mgr Amanthon par un officier de l’armée d’[Afrique] qui l’avait trouvé sur un prisonnier arabe. Donné ensuite par M. Fiot qui le tenait de Mgr Amanthon ». Reliure du XIXe siècle à rabat en cuir brun à décor estampé de fleuron polylobé encadré d’une bordure de croisillons. Dim. reliure : 8,9 x 6,8 cm État : frontispice illisible, enluminures très encrassées, perforations, restaurations et consolidations avec parchemin moderne, deux pages plus tardives, d'une autre main. Monseigneur Amanthon fut un homme d’église actif dans différentes régions du monde islamique. Ordonné prêtre en 1847, il réorganisa la communauté des Frères Prêcheurs de Constantinople en 1852 avant d’être placé à la tête des missions dominicaines du Levant puis d’être nommé évêque d’Ispahan en 1857, mission qu’il réalisa depuis la ville de Mossoul. A small Qur’an, Al-Andalus or North Africa, 12th-13th century or Abbassid Near East, 10th century
Bol à aumône kashkûl en laiton gravé, Iran safavide, fin XVIe siècle (publié) Coupe à boire individuelle naviforme en laiton moulé, la poupe arborant une figure de chimère en ronde-bosse, la tête tournée vers son arrière-train et dotée d’un anneau de suspension maintenant une double chaîne aux maillons tressés, la reliant à la proue agrémentée d’un anneau au décor ajouré. Dessous, bec verseur dans un autre alliage remplacé ultérieurement, probablement à l’époque qâjâr. Sous la lèvre, frise calligraphique en persan muhaqqaq gravée sur fond amati en quadrillage : il s’agit d’une invocation chiite appelant la grâce de Dieu sur les Quatorze Très Purs. Également, inscriptions sous la coque dans deux cartouches fleuronnés partant de la poupe et de la proue célébrant ‘Alî. Un autre anneau de suspension sur un côté de la coque, sous la frise d’inscriptions. Longueur : 33,5 cm Quelques rayures et petits chocs, petites traces d’oxydation, petite fissure au bord d’une lèvre, traces de soudure du bec. Ce kashkûl en laiton, véritable coupe à boire naviforme, complète une série rare de pièces de la période safavide. Le matériau couleur d’or, l’élégante forme de vaisseau à la lèvre soulignée d’un bandeau épigraphique déployant une jolie calligraphie muhaqqaq sur fond amati ou encore la présence d’une figure fantastique en ronde-bosse à une extrémité, sont autant de points communs à ces quelques pièces attribuées au XVIe siècle. On peut ainsi comparer notre objet à un kashkûl de la collection Hâshem Khosrovânî de Genève gravé lui aussi d’invocations chiites et de prières à ‘Alî mais achevé de deux têtes de dragon et non d’un lion ailé. Ces deux têtes de dragon ont été également choisies sur une pièce signée du Türk ve Islam Eserleru Müzesi d’Istanbul reproduite dans l’article de A. S. Melikian-Chirvani (pl. I – VI), qui elle aussi déploie de belles inscriptions sous sa lèvre, cette fois à caractère coranique et poétique. D’après l’historien de l’art, la singularité de notre pièce vient de la présence d’un bec verseur, absent de tous les autres modèles connus en laiton. Bien que cet accessoire soit plus tardif comme l’indique la soudure, un bec semble bien avoir été prévu à l’origine sur cette coupe à boire individuelle. PUBLICATION : MELIKIAN-CHIRVANI, Assadullah Souren, « Le Kashkûl safavide, vaisseau à vin de l’initiation mystique » in CALMARD, Jean (dir.), Études Safavides (Extrait), pp. 188-191, pl. VIII-X, fig. 13-16., Bibliothèque iranienne 39, Institut Français de Recherche en Iran, Paris - Téhéran, 1993. A Safavid Brass Begging Bowl, Kashkûl, Iran, late 16th Century (published)
Conversation entre une jeune femme et un ascète, folio probablement issu du manuscrit du Dvâdasa Bhâva (Les Douze Existences) copié à Allahabad, Inde du Nord, école moghole, vers 1600-1605 Folio de manuscrit sur papier de 4 lignes de texte en persan nasta’liq à l’encre noire, certains noms aux encres rouge, bleue et à l’or, le texte encadrant une importante illustration à la gouache rehaussée d’or, représentant un derviche ascète en conversation avec une femme sous un arbre, sa canne et sa sébile à côté de lui. Au premier plan, pièce d’eau peuplée d’échassiers et d’un poisson émergeant au milieu de nénuphars, et derrière les protagonistes se déploient plusieurs plans de paysage : des collines animées d’oiseaux, une autre occupée par deux notables au visage nimbé en conversation au pied d’un arbre, une pièce d’eau avec une embarcation et, au loin, l’esquisse d’une ville. Le revers du folio est vierge. Sous cadre. Dim. folio : 24,2 x 13,2 cm ; dim. peinture : 16,9 x 11,5 cm Quelques sauts de polychromie et taches, quelques repeints, folio raccourci, privé de sa marge et fort probablement dédoublé puis encollé sur carton. Provenance : Collection de M. Paul Esway, directeur des publications auprès de l’Unesco. Puis par descendance. An Illustrated Leaf presumably from the Dvâdasa Bhâva (‘Twelve Existences’), North India, Allahabad, c. 1600-05 La peinture moghole de la cour du Prince Salîm à Allahabad au tournant du XVIIe siècle Cette page exceptionnelle semble un témoignage rare des productions d’arts du livre à la cour du prince Salîm, futur empereur Jahangir, à Allahabad en Inde du Nord au tournant du XVIIe siècle. Le prince Salîm, fils de l’empereur Akbar, entre en rébellion contre son père en 1599 et part s’établir dans une ville indépendante, Allahabad, jusqu’en 1604. Les mauvaises relations avec son père ne lui permettent pas de bénéficier des services des artistes travaillant à la cour, mais il sait s’entourer de peintres de talent pour répondre à ses commandes d’art du livre. Parmi les rares œuvres issues du Kitabkhaneh du Prince peuvent être cités le célèbre Divan de Hassan Dihalvi écrit en 1602 et illustré de 14 peintures (Walters Art Gallery Baltimore, MS. W. 650) ou encore une traduction persane du Raj Kunwar écrite en 1603 et illustrée de 51 peintures (Chester Beatty Library, Dublin, MS 37). Dans le cas de notre folio, nombreux sont les éléments concordant vers son attribution à un manuscrit intitulé le Dvâdasa Bhâva copié vers 1600-1605 et dispersé dans sa presque totalité le 11 juillet 1972 par la maison de vente Sotheby’s (lot 45). Le Dvâdasa Bhâva ou Les Douze Existences Le Dvâdasa Bhâva ou Les Douze Existences est la traduction persane d’un texte sanskrit. Ce texte, centré sur une figure royale du nom de Vikramanka, aurait été réalisé à l’usage d’un prince nommé Mirkânak plusieurs fois cité dans la narration. Ni son identité, ni celle du roi ne sont clairement définies. Si le prince n’est pas identifiable dans l’histoire de l’Inde, le roi pourrait être le roi Gupta Chandragupta II (r. vers 380-415) qui s'était donné ce titre notamment sur les monnaies frappées à son nom, ou encore le roi Chalukyan occidental Vikramaditya VI (r. 1076-1126) également dénommé ainsi. Quant au sujet de la narration, le texte semble conter l’histoire d’une jeune femme aspirant à la vie d’ascète. Le manuscrit dispersé chez Sotheby’s, Londres, le 11 juillet 1972 et le devenir des folios Le manuscrit vendu à Londres en 1972 semble la seule version connue à ce jour de cette histoire. Lors de sa présentation à la vente, le manuscrit était visiblement incomplet, et les treize folios illustrés ainsi qu’une shamsah enluminée signée Muhammad Sadiq étaient extraits du texte, présentés séparément . Cette information précieuse du catalogue suggère l’existence d’autres folios, et possiblement de folios illustrés non répertoriés. Elle fait aussi immédiatement penser à une pratique commerciale courante sur les manuscrits de valeur, celle de leur démembrement par leur propriétaire ou des marchands pour des visées commerciales. C’est le sort que connut le Shâh-Nâme Demotte dénommé d’après le marchand d’art parisien qui s’exécuta vers 1910 sur le fameux Livre des Rois du Grand Mongol copié en Iran vers 1330, pour ne citer que le plus célèbre. La pratique pouvait prendre plusieurs formes allant du simple détachement des pages de leur reliure, au découpage, ou même au dédoublement des folios dans leur épaisseur, dissociant alors le recto du verso. NOUS VOUS INVITONS À DÉCOUVRIR LA FICHE COMPLÈTE DANS LE CATALOGUE PDF.
Bol à décor de perruches, Iran ilkhanide, probablement Kashan, fin XIIIe – début XIVe siècle Bol à panse creuse sur petit pied circulaire, en céramique siliceuse à décor de lustre métallique rehaussé de bleu cobalt figurant deux perruches posées dans des feuillages de part et d’autre d’une fleur de lotus épanouie surmontée d’un troisième oiseau en vol. Sur la paroi externe, décor strié de bandeaux alternant lignes d’inscriptions cursives persanes et frises de chevrons. Diamètre : 21 cm Quelques restaurations. Cette savoureuse coupe à décor d’oiseaux illustre le brio des potiers ilkhanides et le goût délicat de leurs commanditaires. La technique du lustre métallique rehaussé de bleu cobalt est ici bien maîtrisée. La pièce, par sa forme creuse, la présence d’une belle fleur de lotus épanouie au centre ainsi que le décor rayonnant de la paroi externe évoquant des pétales de chrysanthèmes, révèle des influences sinisantes bien présentes dans l’art mongol. Le décor d’oiseaux sur dense fond de rinceaux végétaux fait quant à lui écho aux carreaux de revêtement de céramique qui tapissent les parois des monuments de la dynastie où le thème abonde. Ainsi, nos oiseaux semblent redonner vie aux nombreux volatiles à la tête martelée des carreaux du mausolée du Shaykh ‘Abd el-Samad de Natanz (1308) qui comptaient peut-être parmi eux des perruches mais dont la mutilation laisse le mystère entier. Une paire de perruches orne également un carreau étoilé réalisé avec la même technique et conservé dans les collections du musée du Louvre (OA 3883). Si l’espèce s’avère rare sur les décors de céramique conservés jusqu’à nos jours, l’oiseau comme son congénère le perroquet à la loquacité légendaire tiennent une place importante dans la littérature persane. Il se veut par exemple le conteur des histoires du fameux Tutinama rédigé en Iran au XIVe siècle. An Ilkhanid Lusterware Bowl with Budgerigars Patterns, Iran, probably Kashan, late 13th-early 14th century Collection Philippe Magloire - Lots 132 à 207
Deux représentations de portes de monuments indiens, Inde, Company School, vers 1820 Aquarelles sur papier filigrané W. Turner & Son représentant deux monuments indiens de grès rouge aux façades animées d’iwans et couronnés de chhatris. La première représente le Darwaza-i Rauza, porte d’entrée du Taj Mahal à Agra (1632-48), la seconde, le Buland Darwaza, porte d’entrée de la mosquée Jama de Fatehpur Sikri (1571). 42,6 x 57,5 cm et 43,4 x 57,5 cm Quelques déchirures et mouillures en bordure, légères rousseurs, taches et pliures. Ces deux portes monumentales marquent l’entrée de deux monuments majeurs de l’architecture moghole classique. Le Darwaza-i Rauza (“Porte du Jardin” / “du Paradis”) ou Grande Porte ouvre sur les jardins du complexe funéraire de Taj Mahal construit sur ordre de l’Empereur Shah Jahan (r. 1628-58) à Agra en mémoire de sa favorite Arjumand Banu Begam plus connue sous le nom de Mumtaz Mahal décédée en 1631. Le Buland Darwaza, (“Porte de la Victoire”) constitue l’entrée principale de la mosquée Jama de Fatehpur Sikri, ville du Nord de l’Inde proche d’Agra bâtie en 1571 par l’Empereur Akbar comme nouvelle capitale de l’Empire moghol. C’est en hommage à sa victoire sur le Gujarat que l’Empereur baptisa ce grand symbole de l’édifice. Ces deux monuments de l’architecture moghole classique des XVIe et XVIIe siècles ont servi de source d’inspiration à de nombreux peintres au début du XIXe siècle. La multiplication de ces vues dans la peinture fut en lien avec une forte demande européenne et principalement britannique de souvenirs de monuments indiens. C’est d’ailleurs souvent sur du papier importé de Grande-Bretagne comme en atteste le filigrane W. Turner & Son présent sur les supports de ces deux œuvres, que ces vues étaient exécutées. La British Library de Londres conserve d’autres représentations de ces deux portes telles que la peinture Add.Or.558 pour la porte d’entrée du Taj Mahal et Add.Or.1785 pour le Buland Darwaza. Two Paintings with Indian Monuments, India, Company School, c. 1820
Muhammad Isma’il Isfahani (1814-1892) Boîtier de miroir à décor de scènes historiques et de crucifixion, Iran qâjâr, signé Isma‘il et daté 1274 H/1857-58 Grand boîtier de format rectangulaire fermé d’un volet à charnières, en papier-mâché à décor peint et laqué sur chaque face d’un médaillon feuillagé rocaille garni de la représentation d’une armée, occidentale d’une part, orientale de l’autre, chacun flanqué de quatre compositions florales et encadré de quatre figures de femmes occidentales dans des médaillons. La face du volet signée Isma‘il et datée 1274, son revers orné d’une scène de crucifixion et légendée plusieurs fois en arabe “Ana al-Haqq”. 30 x 19,3 cm Éclats, quelques retouches, ensemble reverni, glace manquante. A Qajar signed and dated lacquer mirror case with historical scenes and a crucifixion, Iran, AH 1274/1857-58 Collection de laques de M. Boroumand. La face et le dos de ce boîtier de miroir ont pour sujet principal la représentation de deux armées sur fond de paysage maritime où circulent quelques navires à voile. Sur la face du volet, les soldats cavaliers sont coiffés d’un couvre-chef blanc et vêtus d’un uniforme au col droit. Deux couples installés dans des voitures à cheval complètent la scène. Au dos de l’objet, l’armée est de type oriental, dominée par des soldats coiffés de fez rouges, chevauchant des chevaux aux tapis de selle finement ouvragés. Au centre, le soldat vêtu d’un uniforme à plastron richement brodé d’or, les épaules couvertes d’une cape rouge et le fez agrémenté d’une aigrette pourrait être identifié comme le sultan ottoman Abdülmecid Ier (r. 1839-1861). Quelques mois seulement après la signature du Traité de Paris de 1856, l’artiste a sans doute voulu représenter sur les deux plats de son boîtier de miroir, les protagonistes de la guerre de Crimée qui opposa l’Empire russe à l’Empire ottoman soutenu par une coalition occidentale. [...] - NOUS VOUS INVITONS À DÉCOUVRIR LA FICHE COMPLÈTE DANS LE CATALOGUE PDF.
Echanson, Iran safavide, Ispahan, milieu du XVIIe siècle Gouache et or sur page d’album représentant un échanson muni d’une bouteille et d’une coupe et vêtu d’une vive robe orange nouée par une épaisse ceinture et recouverte d’un manteau vert. Au-dessus de lui, deux cartouches enluminés à l’or et en polychromie inscrits de vers en turc à l’encre noire, en calligraphie nasta’liq. Miniature montée dans une marge aux rinceaux fleuris enluminés à l’or sur fond bleu lapis. Dim. miniature : 15,8 x 8,3 cm ; page : 27,5 x 17,3 cm Pliures, taches légères, résidus de motifs floraux enluminés au revers. An elegant youth with a wine flask, Safavid Iran, Isfahan, mid-17th century
Rare plumier en verre, Iran, Syrie ou Égypte fatimide, Xe - XIe siècle En verre incolore transparent, soufflé et moulé, le décor taillé à la roue fait de cercles concentriques, ovales et baguettes, il reste des fragments de la monture en métal d’origine. Longueur : 11,8 cm Iridescence importante, petits éclats autour des trous de fixation. Provenance : Ancienne collection René Huyghe (1906-1997), ancien conservateur du Musée du Louvre. Ce type de coffret en verre est très rare, particulièrement dans cet état intact. Il fait partie d’un petit groupe de pièces, vraisemblablement des plumiers, qui proviendrait d’Égypte ou d’Iran. Un exemple conservé à l’Aga Khan Museum de Toronto montre un décor similaire de formes géométriques simples taillées à la roue (AKM652). Il est attribué à l’Iran ou à l’Asie occidentale et datable du Xe ou XIe siècle. Le Musée d’art islamique à Berlin conserve une boîte (I.2199) en verre incolore transparent sans iridescence, attribuée à l’Égypte fatimide du XIe siècle, tandis qu’un autre plumier serait dans le Trésor du Duomo de Capoue en Italie. An extremely rare and intact clear wheel-cut glass penbox, Iran, Syria or Fatimid Egypt, 10th-11th century