Art d'asie et d'Extrême-Orient
Deux à trois ventes cataloguées chaque année
Constituées d’objets de Chine, du Japon et de toute l’Asie, de l’Est au Sud-Est, les ventes d’art d’Extrême-Orient invitent à voyager à travers les cultures et les époques. Des terres cuites Tang aux porcelaines Kangxi en passant par les bronzes Ming, des netsuke Meiji, jusqu’aux masques du théâtre Nô, les objets présentés sont d’une grande variété, aussi bien dans les matières (porcelaine, jade, laque) que dans les décors (bleu-blanc, famille rose, famille verte). Ces ventes spécialisées suscitent l’intérêt d’une clientèle internationale à la recherche d’objets d’exception. Les acheteurs seront particulièrement attentifs à l’histoire et à la provenance des lots mis aux enchères. Identifier un souvenir impérial, la marque de l’Empereur Qianlong, un vestige de la dynastie Song ou Qing, attisera forcément l’intérêt des amateurs.
Le mot des experts
« L’engouement du marché pour l’art asiatique remonte au XIXe siècle, à l’époque où les collectionneurs, majoritairement français, se sont passionnés pour ces œuvres exotiques. Ces amateurs éclairés n’avaient de cesse de se documenter sur les objets en consultant les ouvrages spécialisés et les informations qui pouvaient alors circuler. Nous avons à cœur de transmettre l’esprit et la curiosité de ces érudits à travers les ventes que nous organisons, par le biais des descriptifs et des informations que nous pouvons apporter. Les pièces que nous aimerions avoir un jour la chance d’expertiser auraient particulièrement plu à ces collectionneurs du XIXe. Dans le domaine de l’art chinois, il s’agit des tabatières. Fabriquées à partir du XVIIIe siècle, ces petites boîtes à priser sont réalisées dans tous les matériaux possibles (verre, ivoire, corail, nacre...) et peuvent être aussi bien usuelles qu’impériales. »
Contacts
Magdalena Marzec
magda.marzec@ader-paris.fr
Quentin Severelli
quentin.severelli@ader-paris.fr
Experts :
Laurence Souksi
et Frantz Fray
3, rue Favart 75002 Paris
Tél : +33 (0)1 53 40 77 10
Belles adjudications
N’guyen Van Ty (1917-1992), paravent en bois laqué à six panneaux sur fond noir, Vietnam, daté MCMXLII (1942) En arrière-plan, la jungle montagneuse crée une toile de fond énigmatique qui capture l’essence sauvage et indomptée de la nature. Les nuances de bruns profonds et de marrons clairs s’entrelacent, évoquant l’ombre mystique qui règne sur les sommets escarpés de cette région montagneuse. Au premier plan, la tumultueuse rivière noire du Haut Tonkin s’anime ; les sampans, embarcations traditionnelles, glissent sur les rapides de Cho Bo, défiant les bouillonnements de l’eau vive. Les marins, figures élégantes revêtues de nuances de blanc, dirigent habilement leurs embarcations à l’aide de longues perches. L’ensemble de la composition, baigné dans une palette sobre et élégante, révèle la maîtrise artistique de N’guyen Van Ty. Signature gravée Nguyen Van Ty en bas à droite et daté MCMXLII. 96 x 247 cm Provenance : René Gilles, fondé de pouvoir de la Maison Denis Frères à Haïphong. Par descendance. Sous l’influence de Joseph Inguimberty, professeur de laque à l’école des beaux-arts d’Hanoï, passionné par les paysages d’Indochine, certains élèves particulièrement talentueux ont choisi de représenter la scène des rapides de Cho Bo. Pham Hau, Lê Thy, Lê Quoc Loc, et bien-sûr Nguyen Van Ty ont ainsi créé plusieurs œuvres sur ce thème, marquées par l’inspiration de leur enseignant et leur attachement aux paysages indochinois.
AUCUNE ENCHERE INTERNET POSSIBLE POUR CE LOT ONLINE BIDDING SERVICES ARE NOT AVAILABLE FOR THIS LOT CHINE - époque QIANLONG (1736 - 1795) Vase de forme bouteille à col étroit et légèrement évasé avec renflement près de l’épaulement en porcelaine émaillée polychrome et or sur fond jaune sur le col et sur la panse, dans un bandeau entouré d’une frise rose en forme de lingzhi à décor à la façon sgraffiato de fleurs de lotus dans leurs rinceaux, et de motifs de brocart formés par des triangles rappelant le patchwork. Les anses en forme de dragons émaillées or. La partie inférieure du col ornée d’une frise de grecques bleue. Le vase repose sur un piédouche ourlé. Au revers de la base, la marque en rouge de fer à six caractères de Qianlong en zhuanshu sur fond bleu turquoise. (Petits manques d’émail). H. 26,3 cm Références : - Un vase similaire sur fond rubis et blanc vendu le 8 avril 2009, lot 1692, chez Sotheby’s Hong Kong. - Un vase au motif similaire de patchwork en émaux cloisonnés, époque Qianlong, conservé au Metropolitan Museum, New York, n° 29.110.92 Provenance : Ce vase a été collecté par monsieur G. G., capitaine au cent deuxième régiment d’infanterie de ligne, lors d’une expédition en Chine au XIXe siècle, campagne au cours de laquelle il a été décoré. Il a par ailleurs été nommé chevalier de la Légion d’honneur. Ce vase est depuis lors resté dans la famille. Ce vase jaune émaillé polychrome et or, qui peut être rapproché des émaux dits yangcai, est représentatif de l’innovation technique avancée dans la fabrication de porcelaine sous le règne de l’empereur Qianlong (1735-1796). Non seulement original par sa forme, il l’est aussi par ses motifs. Au cours de cette période, l’ingéniosité technique et la créativité de la dynastie Qing se trouvent à leur apogée, avec la création de nombreuses porcelaines destinées à satisfaire le plaisir de l’empereur et celui de la cou
TIBET - XVIE SIÈCLE Groupe en bronze doré représentant Hayagriva debout sur des corps humains allongés sur des lotus enlaçant Cakti en yabyum. Haut.: 33 cm
Statuette en alliage de cuivre doré représentant le Bouddha couronné Aksobhya, Tibet, XVIe - XVIIe siècle Assis en dhyanasana sur un socle en double lotus, un vajra posé à ses pieds. Les mains en bhumisparsa et dhyana mudra. Les doigts de la main droite touchent légèrement le sol, représentant le moment de l’illumination du Bouddha et sa connexion avec la Terre, tandis que la main gauche, paume vers le haut, symbolise la méditation profonde et la tranquillité intérieure. Il est vêtu d’un sanghati, robe monastique traditionnelle, symbolisant la simplicité et la renonciation matérielle, dont l’ourlet est orné d’un décor finement ciselé laissant son épaule nue. Au milieu de son front apparaît l’urna et sa tête est ceinte d’une couronne incrustée de pierres semi-précieuses, dont la présence souligne sa position en tant que Bouddha transcendant les obstacles et les passions. Le corps doré au mercure, la tête peinte d’une dorure à froid. Il possède toujours sa charge et sa plaque de consécration dont le dessous est gravé d’un double vajra entouré du ashtamangala (en chinois : 佛門八寶 - fómén bābǎo), huit symboles de bon augure du bouddhisme : parasol, conque, vase aux trésors, nœud sans fin, dais et conque lotus et poissons. Hauteur : 20 cm ; poids : 1572 g
Grand pot à pinceaux bitong en porcelaine blanche émaillée en bleu sous couverte, époque Transition, Chine, XVIIe siècle De forme cylindrique reposant sur trois pieds, à décor continu de plusieurs lohans. Deux se tiennent debout avec près d’eux un assistant tenant des livres. Deux sont assis près d’une table basse où reposent un pot à pinceaux et un vase, l’un tient une aiguille dans sa main et semble coudre un textile alors que l’autre l’observe, un rosaire dans la main gauche. Près d’eux un autre lohan chevauche un buffle suivi de son assistant tenant un xizhang*. Autour d’eux, un paysage de rochers, pins et montagnes dans des nuages stylisés. Le dessous non émaillé. Hauteur : 14,9 cm ; diamètre : 21 cm Petit fêle à partir d’un pied, un éclat sous la base. *Également connu sous le nom de « bâton d’étain tigré », il était initialement utilisé pour annoncer la présence d’un moine et effrayer les animaux. Au fil du temps, il a été adapté pour être utilisé comme instrument rythmique pendant les chants et la récitation des sutras, ainsi que comme arme. Sa désignation en tant que « bâton d’étain tigré » (虎錫) est due à son utilisation traditionnelle pour éloigner les animaux prédateurs. 十七世纪 - 青花山水人物图大笔筒 Collection particulière parisienne - lots de 78 à 127, 219 et 220
CHINE - Période Transition, XVIIe siècle Vase rouleau en porcelaine décorée en bleu sous couverte de la légende «Ji Zha zeng jian», représentant Ji Zha offrant son sabre à un jeune lettré accompagné de sa mule, surmonté par un poème de l’époque Tang racontant cette légende datant de la période des Printemps et Automne. (Petite fêlure de cuisson sous la base). Hauteur : 38 cm
VIETNAM - XXe siècle Atelier de Pham Quang Hau (1905 - 1994) Boîte rectangulaire en laque noire, rouge, verte et or à décor d’une scène de village. Signée Pham Hau maître laqueur. (Restaurations à deux angles). 7,7 x 18,9 x 27,8 cm
Sculpture de bouddha en schiste gris, art gréco-bouddhique du Gandhara, IIe - IIIe siècle Représenté debout en samapada, une auréole derrière la tête, il est vêtu d’une robe monastique plissée. Son visage est serein, sa bouche parfaitement dessinée et ses yeux surmontés par des arcades sourcilières arquées. Les lobes d’oreilles sont allongés. Le front est orné de l’urna et la chevelure ondulée délicatement sculptée est surmontée de l’ushnisha. Hauteur : 80 cm Socle. Manquent la partie droite et les jambes. Provenance : John Eskenazi Ltd., acquise en novembre 1998 (étiquette sur le socle). Publiée dans son catalogue « Art Of Gandhara - 10th-28th November 1998 - Asian Art In London ».
Importante coupe dite « de mariage » en néphrite céladon clair, Chine, époque Qianlong (1736-1795) De forme ronde, reposant sur quatre pieds lobés et prolongés sur la panse par un fin motif en léger relief de dragon kui dans le style archaïque. Chaque côté de la panse est agrémenté d’une anse sculptée en forme de tête de pixiu. Le museau est plat, le menton porte une barbe et les yeux sont exorbités. De longs sourcils et une crinière stylisés se déploient de chaque côté du crâne, ce dernier portant une corne centrale. Deux ailes incisées d’une frise de grecques s’étendent de part et d’autre du torse de l’animal et se prolongent sur le bord de la coupe. Chaque anse soutient un anneau mobile. Hauteur : 7 cm ; diamètre : 20 cm (26 cm avec les anses) Un infime éclat à un naseau d’un pixiu. Les objets de ce type, connus sous le nom de « coupes de mariage », étaient très populaires au XVIIIe siècle, leur production ayant été rendue possible par la grande quantité de jade de haute qualité disponible sous le règne de Qianlong. Elles tirent leur nom des motifs de bon augure utilisés dans le décor (chauves-souris, papillons, champignons lingzhi, Bajixiang, etc.) qui font allusion aux vœux de bonheur pour une vie conjugale longue et heureuse et étaient donc souvent offerts à l’occasion d’un mariage. Les pixiu, dragons ailés archaïques, formant les anses et finement sculptés, sont un symbole de chance, de richesse, de bonne fortune et de protection.
Coupe à bord plat de type junyao à belle couverte bleu lavande, époque Song (960-1279) Le grès recouvert d’une glaçure bleu lavande légèrement bullée, formant un anneau plus laiteux autour du fond et prenant une tonalité chamois sur la descente du marli et sur le bord. La couverte se répand en couche plus épaisse sur l’extérieur du plat montrant de jolies traces pourpres et forme des coulures et rétractations sur le bord du pied. Cinq pernettes entourent un cercle en retrait au centre de la base. Hauteur : 3 cm ; diamètre : 18,5 cm Stries sous la couverte. Étiquettes : - E. T. Chow collection, Sotheby’s, n°272. - Mostra d’Arte Cinese, Venezia 1954, n°473. - Oriental Ceramic Society, 1952, n°39 -AIC, n°520. Provenance : - Mrs Alfred Clark. - E. T. Chow Collection. Exposition : - O.C.S. Exhibition of Sung Dynasty Wares, Chun and Brown Glazes, 1952, Catalogue n°39. - Marco Polo Seventh Centenary Exhibition of Chinese Art, Venice, 1954, Catalogue n°473. Publication : - Basil Gray, Early Chinese Pottery and Porcelain, pl. 84. Similaire : - Visser, Asiatic Art in Private Collection of Holland and Belgium, pl. 230, from the Schoenlitch Collection, vendue chez Sotheby’s le 13 décembre 1955, lot 78. - Seligman Collection Catalogue, vol. 2, pl. XXXIII, n°D91. - Hoyt Collection Catalogue, vol. II, n°54, Museum of Fine Art de Boston. - Berlin Exhibition of Chinese Art, 1929, catalogue n°569, de la Steiner Collection, vendue chez Sotheby’s le 4 mai 1948, lot 100, puis le 17 février 1959, lot 76. - The O.C.S. Exhibition of the Arts of the Sung Dynasty, 1960, catalogue n°44, de la Wright Collection. - The Tokyo Exhibition of Chinese Arts of the Sung and Yuan Periods, 1961, Catalogue n°154. - The Osaka Exhibition of Sung and Yuan Art, 1978, Catalogue n°I-85. - The Idemitsu Museum of Arts Exhibition of Sung Ceramics, 1979, catalogue n°69. - Deux plats de couleur bleue plus profonde sont conservés au National Palace Museum de Taiwan, illustrés dans The Illustrated Catalogue of Sung Dynasty Porcelain, pls. 79 et 80. 宋 - 钧窑天蓝釉折沿盘 Collection particulière parisienne - lots de 78 à 127, 219 et 220
Pot à pinceaux bitong en porcelaine blanche émaillée en bleu sous couverte, Chine, époque Transition (1630-1644) De forme cylindrique, légèrement évasé vers le haut, à décor d’une femme sous un saule accueillant un militaire flanqué d’hommes de sa garde tenant des bannières, d’un soldat brandissant une hallebarde et d’un palefrenier tenant son cheval. La scène se déroule dans un paysage de rochers et de montagnes dans des nuages. Frise géométrique stylisée incisée autour de la base et du haut du pot à pinceaux. La base non émaillée. Hauteur : 21 cm ; diamètre : 20,4 cm Étiquette : Transitional Wares and Their Forerunners Exhibition 1981, the OCS of Hong Kong, N°79. Exposition : Exhibition of The Oriental Ceramic Society of Hong Kong and the Urban Council, Hong-Kong at the Hong-Kong Museum of Art - 29 January to 29 March 1981. Publication : Transitional Wares and Their Forerunners, Oriental Ceramics Society, Hong Kong Museum of Art, Hong Kong, 1981, n° 79, p. 120. 十七世纪 过渡期 - 青花人物故事图笔筒 Collection particulière parisienne - lots de 78 à 127, 219 et 220
Albert Cézard (1869 - vers 1916) Scène au bord de l’eau Huile sur toile. Signée en bas à droite. 145 x 95 cm (Petite restauration). Un jeune pêcheur annamite au bord d’un fleuve près d’une hutte sur pilotis. Il se tient debout sur la rive près d’une jarre, les cheveux remontés en chignon coiffé d’un turban blanc et vêtu d’un ample pantalon blanc ceint par un textile vert noué au-dessus des hanches, une femme assise dans l’ombre. Trois pirogues de pêcheurs sont amarrées devant l’habitation où sont déposés divers ustensiles. On aperçoit quelques voiles blanches au loin sur le fleuve et sur l’autre rive un village dans les arbres surplombé par une haute montagne. Originaire de Nantes, peintre, dessinateur et passionné par l’Indochine, Albert Cézard rejoint le Tonkin dans sa jeunesse en tant que militaire. Il y sert trois années avant de reprendre sa liberté. Il devient alors typographiste à l’imprimerie Schneider de Hanoï et se lance avec succès dans la caricature en publiant son hebdomadaire « La Vie Indochinoise ». Il rentre en France à l’aube du XXe siècle, prend des cours pour perfectionner son dessin, ce qui lui permettra de connaître le succès lors de l’exposition des peintres coloniaux de 1903 et d’obtenir une mission artistique en Indochine. De retour en France, il démarre une belle carrière d’illustrateur en exposant régulièrement lors d’expositions coloniales. Il est co-fondateur du groupe des « Français d’Asie ».
Vase de forme meiping en porcelaine blanche émaillée en bleu sous couverte à décor dans le style des Ming, Chine, XVIIIe siècle La panse à décor continu sur deux registres de fruits et branchages de grenades, pêches, kakis et litchis. L’épaulement orné d’un motif rayonnant de têtes de ruyi stylisées et le pied d’une frise de feuilles de bananier. Hauteur : 34 cm Provenance : Sotheby’s, Hong-Kong, mai 1985, n°105. Similaire : - Neave-Hill, W.E.R., Chinese Ceramics, pl. 160. - Reitlinger Collection catalogue, no. 120, conservé au Ashmolean Museum. - Collection Clarke et Edward T. Chow, Sotheby’s, 21st May, 1980, lot 164. Le décor de ce vase est inspiré d’un motif classique du XVe siècle et l’émail bleu sous couverte montrant des petits points bleu sombre imite les effets appelés « heaped and piled », est également typique de l’époque Ming. 十八世纪 - 青花仿明如意垂肩折枝瑞果纹梅瓶 Collection particulière parisienne - lots de 78 à 127, 219 et 220