Henry de TRIQUETI (1803-1874) - Lot 15

Lot n° 15
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Henry de TRIQUETI (1803-1874) - Lot 15
Henry de TRIQUETI (1803-1874) Projet de décor pour la chapelle Wolsey au château de Windsor du prince Albert: Salomon reçoit les présents des rois de la terre Crayon noir sur papier calque Daté en bas à droite sur la marge du montage «28 Feb.ry 67» 18,3 x 24 cm Petites pliures Notre dessin est préparatoire pour le panneau décoratif du mur nord de la nef (voir le catalogue d’exposition, Henry de Triqueti, le sculpteur des princes, musée des Beaux-Arts d’Orléans - musée Girodet de Montargis, du 3 octobre 2007 au 6 janvier 2008, Hazan édition, 2007, p.120-121, fig. 137, rep.) Une autre étude aquarellée pour le même décor est conservée à l’école supérieure des Beaux-Arts de Paris (voir le catalogue d’exposition, Henry de Triqueti, le sculpteur des princes, musée des Beaux-Arts d’Orléans - musée Girodet de Montargis, du 3 octobre 2007 au 6 janvier 2008, Hazan édition, 2007, p.146, fig.174) Provenance : château du Perthuis. Note : En décembre 1861, après le décès prématuré du prince Albert, la reine Victoria refuse de le faire enterrer dans le caveau royal sous la chapelle Saint-Georges du château de Windsor, donnant lieu à l’initiative du doyen de proposer l’occupation de la chapelle Wolsey. Si cette idée n’est pas retenue, leur fille aînée, la princesse Victoria, fait transformer cette chapelle en mémorial ouvert au public, et la chapelle est rebaptisée «Albert Chapel». Le projet est dirigé par l’architecte George Gilbert Scott (1811-1878), adepte du néogothique. Alors qu’il travaille à l’établissement du catalogue des dessins de Poussin en collaboration avec le bibliothécaire du château de Windsor, le baron Henry de Triqueti, soutenu par la princesse Victoria devenue princesse de Prusse, obtient le décor de cette chapelle. L’artiste travaille selon le procédé retrouvé à Sienne du «tarsia de marbre»: il essaie de «réunir la sculpture à la peinture» par la juxtaposition de plaques de marbre de couleurs différentes formant une mosaïque polychrome, où la perspective, les ombres et le dessin des figures sont visibles par des gravures profondes remplies de ciment coloré qui adhère au marbre. Cette technique, d’abord jugée indigne pour le projet, le disqualifie du décor du plafond en 1862, confié au mosaïste vénitien Antonio Salviati (1816-1890). Triqueti est finalement désigné pour décorer de «tarsia» les murs de la chapelle. Triqueti rencontre longuement la reine Victoria, lui soumettant plusieurs dessins préparatoires au décor de la chapelle. Le projet retenu propose d’orner les murs de quinze grands tableaux encadrés par des bordures à angelots, avec six bas-reliefs, quatre-vingts médaillons sculptés dans les bordures et dix médaillons représentant la reine et ses neuf enfants. La conviction de la reine dans le projet lui fait enjoindre à Gilbert Scott de ne pas interférer dans celui-ci, et charge Triqueti de l’exécution du cénotaphe et du gisant du prince, du reredos, des bancs de la nef et des lambris du chœur. Dix panneaux sont prévus pour la nef, illustrant des scènes de l’Ancien Testament, évoquant par la même occasion les œuvres et les vertus du prince: Salomon reçoit les présents des rois de la terre rappelle la création des expositions universelles, tandis que La Mort de Jacob fait écho à sa mort. Les panneaux du chœur illustrent la Passion du Christ et un relief de la Résurrection est prévu au-dessus de l’autel. Les bordures entourant les tarsias contiennent des médaillons illustrant des sujets bibliques en écho au panneau central. Une certaine chronologie semble être respectée dans les thèmes, des discours et compositions musicales du prince au deuil public sur le mur nord. Un travail minutieux est consacré à ce décor, par l’étude de modèles vivants, d’animaux et des peintures égyptiennes du British Museum: Triqueti consacrera les dix dernières années de sa vie à la réalisation de ce décor. C’est son principal assistant Jules Constant Destreez qui réalise les tarsias d’après les dessins de Triqueti, qui vont du simple croquis à l’étude à l’échelle, telle que celle pour le David dicte les psaumes sous l’inspiration divine. Son élève anglaise Susan Durant exécute quant à elle les médaillons représentant la famille royale. Cette commande marque un rapprochement des relations artistiques entre la France et la Grande-Bretagne à la fin du XIXe siècle.
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