FRANÇOIS RATY (1928-1982) - Lot 124

Lot n° 124
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FRANÇOIS RATY (1928-1982) - Lot 124
FRANÇOIS RATY (1928-1982) Tête d’homme barbu, 1978 Monotype. Signé et daté RATY (19)78 en bas à droite. Feuille: 51x46,5cm François Raty débute son parcours artistique en se formant au dessin et à la peinture à l’Académie de la Grande Chaumière, où il rencontrera Guillaume Met de Penninghen (1912-1990), peintre et céramiste, qui l’influencera durablement. Dès 1949, Raty expose ses premières œuvres graphiques à Paris, mais très vite, animé lui aussi par la volonté de renouer avec la terre, il part en 1951 pour Vallauris – haut lieu du renouveau de la céramique d’après-guerre. Là, il apprend le métier auprès de René Maurel (1910-1986), qui saura lui inculquer sa grande maîtrise de l’émaillage. Ses créations céramiques, essentiellement zoomorphes – parfois anthropomorphes – s’inspirent de la mythologie nordique, des arts africains ou océaniens. Façonnées à la main, selon la technique du colombin, ses œuvres s’imposent par leur puissance et le sentiment d’essentialité qu’elles invoquent. Raty se distingue en effet par la qualité de son modelage et crée des personnages et figurines à la facture très épurée et personnelle. Il abandonne volontairement le tournage au profit d’un modelage plus libre, donnant naissance à des formes stylisées, rehaussées par un émaillage en nuances de bruns et de noirs profonds. Les figures animalières de Raty ne sont pas sans rappeler les créations d’un certain Pablo Picasso (1881-1973), qui, installé non loin de là, influence et bouscule artistes et potiers. Ses chouettes et taureaux évoquent inévitablement l’univers du maître catalan bien que, par son modelage unique et sa grande maîtrise technique, Raty saura rendre par ses céramiques un univers plastique qui lui est propre. Cette filiation reste néanmoins prégnante dans le choix des sujets qu’il aborde et se révèle plus flagrante dans des œuvres comme la Tête d’homme barbu ou la Tête de femme, présentées ici, où le traitement très picassien des figures est indéniable. Sa proximité avec l’univers surréaliste se lit également dans certaines de ses créations. Son travail de peintre convoque en effet une palette chromatique, tirée des œuvres des maîtres du XVe siècle, et un recours à un paysage à l’horizon désertique qui renvoient au travail de Max Ernst (1891-1976), Salvador Dalí (1904-1989) ou Yves Tanguy (1900-1955). Là encore, le parallèle est à considérer selon le prisme de l’univers personnel de l’artiste: figurent sur ses tableaux des personnages, insectes ou hybrides, rendus dans une forme unique et originale, propres à Raty, que l’on ne peut comparer. Le talent de sculpteur et l’originalité de l’univers plastique de François Raty seront véritablement illustrés dans son travail céramique. Il connaîtra un grand succès dès ses débuts et exposera ses œuvres à de nombreuses reprises, notamment au Nérolium entre 1953 et 1959. Ayant peu produit, et abandonnant la céramique pour la sculpture sur métal, ses œuvres en terre – rares et d’une grande qualité esthétique et technique – sont aujourd’hui très prisées des collectionneurs.
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