GEORGES JOUVE (1910-1964) - Lot 74

Lot n° 74
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GEORGES JOUVE (1910-1964) - Lot 74
GEORGES JOUVE (1910-1964) Étui, le modèle conçu vers [1956] Boîte cylindrique. Épreuve en céramique orange; l’intérieur émaillé noir. Signée JOUVE et du monogramme A. P. (aux lettres entrelacées) pour Apollon, marque dite à l’Alpha, sous la base. Hauteur:11,5cm – Diamètre: 7,5cm Provenance: Galerie Alexis Mostini, Paris. Bibliographie: Préface de Pierre Bergé, textes de Philippe Jousse et de Norbert Pierlot - Georges Jouve- Éditions Jousse Entreprise, Paris, 2005. Variantes de couleur et de dimensions reproduites pages 163, 188 et 189. Artiste indissociable de la renaissance de la céramique française de la seconde moitié du XXe siècle, Georges Jouve est à l’origine d’une œuvre avant-gardiste, marquée par la pureté formelle; des lignes simples, précises, justes et élégantes. Formé à l’École Boulle, les événements de la Seconde Guerre mondiale décidèrent de sa rencontre avec le matériau terre. Se réfugiant dans la Drôme, Jouve découvrit les traditions potières des villages de Nyons, connu pour sa production de santons, puis de Dieulefit. Durant ces temps troublés, de nombreux artistes furent dispersés à travers la France, dans l’incapacité d’exercer leur métier de formation – et donc de gagner leur vie. Ils se tournèrent alors vers la poterie, dont les ateliers étaient désertés, pour poursuivre leurs recherches plastiques. S’opéra ainsi durant le conflit et l’immédiat après-guerre un « retour à la terre », réponse à la déconstruction du monde – le recours à ce matériau brut et simple permettant une réintroduction de l’humain au cœur de leurs créations. Introduit à la terre à Nyons, ses premières créations oscillèrent entre tradition locale et tendances modernes, preuves de son univers déjà en germe. Aussi, il adopta l’émaillage à l’alquifoux et commença par réaliser des sujets religieux, des miroirs ou encore des bénitiers – en s’alignant sur la tradition provençale. À la fin du conflit, de retour à Paris où il installe son atelier, il travaille des pièces marquées par une richesse décorative en accord avec le style de l’époque, avant d’explorer de nouvelles formes la décennie suivante: des céramiques aux lignes simples, épurées et monochromes, ainsi que des pièces plus architecturées pour lesquelles il sera particulièrement célébré. Dès ses premières recherches, Jouve affirme une personnalité et une approche de la céramique qui lui sont propres, en avance sur son temps, et qui marqueront toute une génération de céramistes. Son œuvre passe ainsi du figuratif à l’abstraction avant de se réorienter vers une simplification des volumes, associée à l’utilisation de couleurs vives caractéristiques. Très vite reconnu par ses pairs et par les décorateurs, son travail est mis en valeur dans la presse et présenté dans les plus grands salons – à l’instar du Salon des Artistes Décorateurs, du Salon des Arts Ménagers ou encore de la Triennale de Milan. Sa disparition prématurée mit un terme à une œuvre aujourd’hui considérée comme l’une des plus importantes dans l’art céramique français de l’après-guerre.
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