Edgar DEGAS (1834 - 1917) - Lot 80

Lot n° 80
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Edgar DEGAS (1834 - 1917) - Lot 80
Edgar DEGAS (1834 - 1917) Femme à la lorgnette Mine de plomb. Cachet de la vente d’atelier en bas à gauche (Lugt 658). 41 x 28 cm Provenance: Quatrième vente Degas, Paris, galerie Georges Petit, les 2/3/4 juillet 1919, n° 89 f, reproduit. Bibliographie: Paul-André Lemoisne, Degas et son œuvre, volume II, Éd. Garland Publishing, New-York et Londres, 1984, sous le n°269, p.128. Œuvres en rapport: - Femme à la lorgnette, esquisse à l’essence sur papier rose, British Museum, Londres, Lemoisne 179. - La Lorgneuse, esquisse à l’huile, collection Burrell, Glasgow, Lemoisne 268. - Lyda (femme à la lorgnette), peinture à l’essence sur papier, Staatliche Kunstsammlungen Dresden, Gemäldegalderie Neuer Meister, Dresde, Lemoisne 269. Cette étude sobre d’une silhouette de femme observant à la lorgnette est à rapprocher d’une série d’études sur la même figure (voir les œuvres en rapport) que Degas avait entamée alors qu’il peignait un de ses tableaux sur les courses en 1866 (Les Jockeys, Lemoisne 184). La figure peinte sur ce tableau fut effacée par l’artiste. Encore plus intéressant, sa silhouette apparaît croquée elliptiquement derrière la figure dessinée par Degas d’Édouard Manet aux courses (Metropolitan Museum of Art, New York, Inv. 19 ; 51.8), datée vers 1868-69. Degas semble avoir eu un projet de tableau sur le thème des courses qui n’a pas abouti mais où cette figure féminine tenait une place prépondérante (voir : le catalogue d’exposition Degas, Paris-Ottawa-New-York, 1988-1989, p.129, sous le numéro 74). Le sujet obsède en tout cas Degas, qui esquisse à nouveau la figure vers 1875-1876 (opus cité supra, n°154). Le peintre misogyne semble hanté par cette figure de femme moderne, venue observer comme une entomologiste les magnifiques chevaux de courses, voire les jockeys. Les courses, introduites par les anglomanes, sont un lieu de rencontre chic depuis qu’en 1857 une tribune a été construite sur l’hippodrome du Bois de Boulogne. On y vient pour les courses, mais aussi pour parier. Cachée derrière sa lorgnette, cette figure féminine est l’objet de notre désir attisé par le jeu du voyeurisme ; elle suit les chevaux et nous suivons son regard. Son identité à jamais anonyme en fait le prototype d’une femme rêvée ; à la fois proche par le grossissement au travers de laquelle elle nous scrute, et inatteignable dans ses traits dérobés à notre curiosité.
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