Joseph VIVIEN (Lyon 1657 - Bonn 1734) - Lot 38

Lot n° 38
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Estimation :
10000 - 15000 EUR
Joseph VIVIEN (Lyon 1657 - Bonn 1734) - Lot 38
Joseph VIVIEN (Lyon 1657 - Bonn 1734) Portrait posthume de Molière (?) Pastel, forme ovale. (Le pastel a été agrandi sur le pourtour pour être adapté à un cadre). 73 x 58 cm Provenance : - Ancienne collection du prince Demidoff; quatrième vente des collections de San Donato, Paris, Mes Pillet et Petit, les 8-9-10 mars 1870, n°399, comme « Robert Nanteuil, Molière. Beau portrait en buste. Pastel, forme ovale (62 x 51 cm) ». - Ancienne collection Silvius du Boys, 1874; par descendance Paul du Boys; sa vente, Paris, Hôtel Drouot, Me Baudoin, le 28 mars 1941, n° 5, comme attr.Nanteuil, Portrait de Molière. Pastel de forme ovale (61 x 50 cm); acheté par Eymonet. - Ancienne collection Marcel Boussac, vente à Lille, 1980. - Collection particulière, Lille. Exposition : Deuxième exposition d’ouvrages de peinture pour les Alsaciens et Lorrains demeurés Français, Paris, juin-juillet 1874, n° 945, comme Nanteuil. Bibliographie : - Paul Lacroix, Iconographie molièresque, Paris, 1872, comme Vivien et 1876, n°18, « Un portrait de Molière au pastel, par Vivien ou Nanteuil ». - Comte de Maleville, « Un portrait de Molière, pastel attribué à Robert Nanteuil »,Le Molièriste, 1884, p. 27. - Neil Jeffares, Dictionnary of pastellists before 1800, 2006 on line, sous la ref J,552.285. - Audrey Adamczak, Robert Nanteuil, Paris, 2007, Éditions Arthena, n°M112. Fils d’un marchand teinturier de Lyon, Joseph Vivien est élève à l’Académie Royale en 1672. Il obtient un Second prix de Rome en 1678 et devient maître peintre en 1681. Charles Le Brun lui conseille de se spécialiser dans le portrait. Il est probable que Vivien apprit le pastel auprès du Premier Peintre et s’inspire même de son autoportrait dans son portrait du lexicographe Richelet. Probablement pour se distinguer de ses célèbres confrères Rigaud et Largillière, Vivien opte pour la technique du pastel et reprend le flambeau de Nanteuil, disparu en 1678. Peintre ordinaire du Roi aux Gobelins, agréé à l’Académie Royale en 1698 comme « Peintre en portraicts de pastèle », il est nommé aussi Peintre du Prince Électeur de Bavière. Au Salon de 1704, il expose vingt-quatre portraits au pastel, dont des effigies de la famille royale. Il devient presque aux yeux de ses contemporains « l’inventeur de peindre avec les crayons de pastel ». Bien après son décès, Charles Coypel dira de lui dans un poème lu à l’Académie Royale en 1748 : « Vivien suit d’assez près ces maîtres merveilleux. Le pastel peu connu par lui devient fameux, Et plus que son pinceau ses crayons savent plairent. ». Les critiques du XVIIIe voient en lui le prédécesseur de La Tour et le comparent à Rosalba Carriera. D’un caractère gai et spirituel, il n’est pas impossible qu’il ait voulu représenter Molière dans un accoutrement de son temps. S’il s’agit plutôt d’un contemporain, l’usage de porter la moustache semble révolu à partir de 1700. La ressemblance est en tout cas assez troublante pour avoir convaincu des spécialistes du grand auteur dramatique. Présenté en 1870 dans la vente des collections San Donato du prince Demidoff sous cette dénomination avec une attribution erronée à Robert Nanteuil, il est répertorié par Paul Lacroix dans son Iconographie molièresque publiée en 1872 comme Vivien. En 1884, le comte de Maleville publie à nouveau le portrait dans Le Moliériste dans un article intitulé « Un portrait de Molière, pastel attribué à Robert Nanteuil ». Maleville discute aussi d’une effigie de La Fontaine (inconnue de la critique actuelle) comme d’un pendant dans la vente San Donato, ce qui pourrait étayer la thèse d’une commande faite à Vivien de représentations des grands auteurs par un amateur. Monsieur Neil Jeffares supporte l’attribution à Vivien mais doute de l’identification du modèle à Molière. L’œuvre sera incluse dans son dictionnaire en ligne sous le n°J.77.2905.
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