Un tambour (pahu) orné de décors incisés de tiki en aplats, - Lot 123

Lot n° 123
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Estimation :
40000 - 60000 EUR
Un tambour (pahu) orné de décors incisés de tiki en aplats, - Lot 123
Un tambour (pahu) orné de décors incisés de tiki en aplats, ayant conservé sa peau de requin tendue par un cordage complexe de tresses en fibres de coco. Le nom générique des tambours marquisiens est pahu, mais il n’existait pas moins de seize types différents de tambours pour rythmer les différentes cérémonies sacrées et religieuses, les chants (uta) et danses (haka) durant les célébrations en banquets (koina), fondamentales pour assurer la cohésion et la vitalité de l’ancienne société marquisienne. Les tambours tiennent donc une place essentielle dans la culture marquisienne, et comme l’écrit très justement Véronique Mu-Liepmann dans le catalogue de l’exposition Mata Hoata au Musée du Quai Branly, en citant l’incontournable Karl Von den Steinen médecin et anthropologue envoyé par le musée de Berlin à Nuku Iva en 1897, auteur du mythique ouvrage Les marquisiens et leur art : « sans le tambour, le monde n’a aucune valeur… et qu’il a quelque chose d’humain ». Ces mots résonnent particulièrement ici, notamment si on prend le temps d’admirer les superbes motifs de tiki sculptés et incisés en aplat renvoyant à l’art du tatouage qui ornent l’ensemble du piédestal à fenestrage de ce tambour. La caisse de résonnance vue de profil s’évase légèrement vers le bas et tout son pourtour est sculpté de rainures parallèles et horizontales sculptées en léger creux comme la tradition ancienne en témoigne. Ce motif en forme de vaguelettes est comme la narration des ondes des sons du tambour. Le fond de la cuve de la caisse de résonnance est sculpté dans une forme arrondie cachée par le piédestal à fenestrage, qui lui est entièrement orné de ces superbes motifs de tiki « éclatés » et sculptés en aplats, dont deux s’inscrivent dans un genre de « cartouche ». Leur sculpture est nerveuse et bien enlevée, tous variés et non répétitifs, témoignant encore d’un grand art marquisien. Publié en 1951 dans L’Art Océanien N° 38, un numéro spécial devenu mythique de la collection Le Musée Vivant, et pour lequel on doit rappeler encore l’implication particulière de Madeleine Rousseau. On notera sur la photo de cette publication que l’ivipo qui lui était attaché d’origine et l’ornementait, et dont on peut encore admirer le très beau style ancien sur la photo des archives de la galerie Le Corneur Roudillon, a malheureusement été égaré, mais il réapparaitra certainement un beau jour, comme aujourd’hui ce superbe tambour. Îles Marquises, XIXe siècle. Bois, peau de requin (petit manque d’une partie de la peau), fibres de péricarpe de noix coco, très belle oxydation d’ancienneté et très belle patine d’usage. H. : 53 cm (et noté 60 cm dans sa publication de 1951 car mesuré en diagonale dans sa plus grande longueur comme cela était apparemment la règle.) Voir : p. 175, 196 et 197 dans Mata Hoata Arts et Société aux Iles Marquises, Musée du Quai Branly, Ed. Actes Sud 2016. L’art Océanien - Sa présence – N° 38 de la Collection « Le Musée Vivant », présentée par Madeleine Rousseau, introduction de Paul Rivet et des textes de Guillaume Apollinaire et Tristan Tzara, APAM (Association Populaire des Amis du Musée) 1951. Provenance : - Collection Galerie Le Corneur Roudillon - Collection Jean Roudillon Publication : Le Musée Vivant-L’art Océanien Sa présence n° 38 de la Collection Le Musée Vivant, APAM (Association Populaire des Amis du Musée) 1951, reproduit p. 98 fig. 177. Exposition : « Art du Pacifique » Indonésie – Océanie, galerie Le Corneur Roudillon, 51 rue Bonaparte, à Paris du 24 janvier au 15 février 1951 (visible sur une photo de l’exposition, voir page 194)
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