Charles-Joseph Traviès de Villers, dit Traviès (1804-1859) - Lot 219

Lot n° 219
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Charles-Joseph Traviès de Villers, dit Traviès (1804-1859) - Lot 219
Charles-Joseph Traviès de Villers, dit Traviès (1804-1859) Faut avouer que l’gouvernement à une bein drôle de tête. (La vitrine d’Aubert). 1831. Lithographie. 267 x 192. Beraldi, vol. XII, p. 149 ; Coll. de Vinck 13264. Très belle épreuve sur vélin blanc, en beau coloris gommé du temps. Légère oxydation aux bords du feuillet. Toutes marges. Planche parue dans La Caricature, n° 60 (pl. 121, 22 décembre 1831). « Les Aubert s’associent avec Charles Philipon pour l’édition d’estampes le 14 décembre 1829 et mettent bientôt en vente, d’abord en collaboration avec Hautecoeur Martinet, un album pour enfants, puis des lithographies à caractère léger comme Philipon en produit depuis plusieurs années […]. À partir d’août 1830, cette production prend un caractère politique, en s’attaquant au régime déchu, puis, en janvier 1831, à celui de Louis-Philippe. Au «magasin des Caricatures d’Aubert», celui-ci gère les souscriptions et commercialise les lithographies des revues satiriques animées par Philipon : La Caricature (30 novembre 1830), puis Le Charivari (octobre 1832), de moins bonne qualité matérielle, mais plus agressif. À ce titre, en 1831-1832, il se retrouve inculpé 4 fois, en même temps que les auteurs des caricatures, avec Delaporte l’imprimeur. Si Aubert et Delaporte sont acquittés lors des premiers procès, la justice se montrant de plus en plus sévère à l’égard de la presse satirique après l’affaire de « la poire », Aubert est condamné avec Daumier et Delaporte à 6 mois de prison (non effectués pour Aubert) et 500 F d’amende le 7 janvier 1832 pour une lithographie parue dans La Caricature, représentant Louis-Philippe en Gargantua avalant l’argent des pauvres. Philipon lui-même, mais aussi Monnier, Grandville, Alophe, Raffet, Daumier, Traviès, Pigal multiplient les charges satiriques qu’impriment Langlumé et surtout son successeur Delaporte, Ratier et son successeur Delaunois, Becquet. » (École Nationale des Chartes, en ligne, Dictionnaire des imprimeurs-lithographes du XIXe siècle, article Aubert Gabriel). « Comme Charlet, dont il fut proche et qui l’influença, et Daumier, avec qui il fut lié, Traviès s’intéressa au médium lithographique au point de faire du magasin d’estampes le sujet de l’un de ses dessins : Faut avouer que l’gouvernement a une bein drôle de tête fut publié dans La Caricature en décembre 1831, période d’agitation politique et de liberté de la presse. La planche montre un attroupement devant la fameuse boutique d’Aubert, galerie Véro-Dodat. Aubert est le beau-frère et le prête-nom de Charles Philipon, le directeur de La Caricature et du Charivari. Celui-ci signa d’ailleurs avec Traviès la lithographie en question, dont le titre fait allusion au fameux croquis par Philipon de Louis-Philippe en poire, lors de son procès le 14 novembre 1831, dessin repris dans une lithographie parue dans La Caricature. On reconnaît à la vitrine de l’estampe de Traviès deux caricatures célèbres de Grandville, autre de ses amis et des spadassins de Philipon, L’ordre règne à Varsovie et L’ordre public règne aussi à Paris, mises en vente à la suite de la répression de la révolution polonaise par les troupes russes et de la chute de Varsovie le 3 septembre 1831, suivie d’émeutes à Paris contre l’inaction du gouvernement. » (Antoine Compagnon, « Traviès de Villers, ‘prince du guignon’ », in Colloque Baudelaire et les arts, Académie des beaux-arts, en ligne).
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