Joseph GRANIÉ (Toulouse, 1861- Paris, 1915)  - Lot 129

Lot n° 129
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Joseph GRANIÉ (Toulouse, 1861- Paris, 1915)  - Lot 129
Joseph GRANIÉ (Toulouse, 1861- Paris, 1915)  Portrait du docteur Oulié, 1892 Toile Signée et datée en bas à droite : « à mon ami le docteur Oulié / GRANIÉ 92 » 44,5 x 49 cm Joseph Granié est le fils d’un tapissier de Toulouse. Après s’être formé dans l’atelier de Jules Garipuy à l’école des Beaux-Arts municipale, il est élève de Gérome aux Beaux-Arts à Paris. Une vue du musée de Cluny, exposée en 1880 pour sa deuxième participation au Salon, révèle un goût précoce pour le Moyen Âge. En 1892, il adhère à la nouvelle Société nationale des Beaux-Arts. Ses œuvres très minutieuses le montrent fasciné par la technique des maîtres anciens, Holbein, Cranach ou Dürer : ainsi ce Saint François d’Assise prêchant aux petits oiseaux (Buenos Aires, musée national des Beaux-Arts). Encouragé par le peintre Ziem, il s’adonne à la miniature, enluminant sur vélin des manuscrits, Bonhomme Misère, Histoire de Tessancourt … Cependant, Granié vit avec son époque. Il a ses entrées dans le monde du spectacle : son portrait d’Yvette Guilbert, qu’il représente en 1895 sur fond d’or, contraste par sa préciosité avec ceux de la chanteuse réalisés par Toulouse-Lautrec, tandis que celui de l’actrice Marguerite Moreno, l’égérie du Symbolisme, réalisé en 1899, est acquis par le musée du Luxembourg à l’instigation du ministre des Beaux-Arts Louis Leygues, un autre toulousain. Par bien des aspects, l’art de Granié s’apparente au symbolisme, ainsi Le Baiser, envoûtant tableau saphique peint en 1900, ou encore ses portraits dessinés qui lui valent d’être comparé à Fernand Khnopff.   Nous sommes mal renseignés sur ce docteur Oulié. N’était l’inscription, la gravure d’après La Leçon d’anatomie de Rembrandt accrochée au mur, l’insistante nature morte au premier plan, où un pot de vaseline voisine avec une bobine de fil chirurgical et un flacon d’alcool, laisseraient deviner la profession du modèle, interrompu dans la rédaction d’une ordonnance.  Ce tableau, l’un des plus fouillés de Granié, illustre parfaitement son art subtil : un dessin pointu aux archaïsmes voulus, des coloris choisis avec un raffinement extrême, où les tons sourds - gris, bruns et noirs - sont réchauffés par l’éclat corail du rideau, évoquant les intérieurs un peu étouffants de Vallotton.
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