Chandelier mamluk à décor de griffons et d’armoiries, Proche - Lot 208

Lot n° 208
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Estimation :
2000 - 3000 EUR
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Résultat : 7 808EUR
Chandelier mamluk à décor de griffons et d’armoiries, Proche - Lot 208
Chandelier mamluk à décor de griffons et d’armoiries, Proche-Orient, probablement Syrie, XIVe siècle Petit chandelier en laiton à décor gravé autrefois incrusté d’argent, à base tronconique, à large épaule discoïdale et à bobèche cylindrique à terminaison tronconique. Sur le corps, décor répété de paires de griffons se faisant face de part et d’autre d’un vase fleuri, un médaillon gravé de trois poissons verticaux les séparant. Frise de canards en vol séparés par des rosettes sur l’épaule et frises de triangles alternés sur la bobèche et la base du corps. Hauteur : 13 cm Traces d’incrustations d’argent. Ce chandelier est à rapprocher d’un petit chandelier conservé au British Museum de Londres sous le numéro 1855,1201.6 à la ressemblance frappante, tant du point de vue formel que stylistique ou iconographique. Le musée Correr de Venise en possède également quatre de même style (inv. n. Cl. XII, 22, 23, 24 et 25). Si leur forme dérive d’un prototype anatolien des XIIIe - XIVe siècle, ces chandeliers sont souvent rattachés à la catégorie des métaux dits “vénéto-saracéniques” qu’on peut considérer ici comme des œuvres produites en terre mamluk mais destinées à l’exportation comme le suggère la présence fréquente de blasons dans les décors des bases. C’est d’ailleurs un blason, probablement de commanditaire ou de propriétaire, qu’il faut voir dans le médaillon à décor de trois poissons verticaux. Selon les codes de l’héraldique, son traitement gravé en fait un blason d’or (pointillés) à trois poissons de gueules (traits verticaux) posés en pal 2 et 1. Le poisson, symbole d’unité avec le Christ, est fréquent dans l’héraldique. On le retrouve dans plusieurs blasons, notamment de familles du Nord. Dans notre cas, il pourrait s’agir des anciennes armes parlantes d’une grande famille d’Artois, les Seigneurs de Tincques (de Tanques ou de Tencques) dont le nom est le dérivatif picard de la tanche, poisson d’eau douce figuré alors par trois, de gueules et disposés en pal sur leur écu d’or. Cette grande famille, dont l’un des membres, Colard de Tincques, était écuyer maître de la grande écurie de Charles VI de 1378 à 1397, est attestée en Artois du XIIe siècle au début du XVe siècle, s’éteignant avec la mort de son neveu Pierre, dit “le Sarrazin” en 1415 à la Bataille d’Azincourt. La famille a donné son nom au village de Tincques dans le Pas-de-Calais qui a repris ses armes comme blason communal. Bibliographie : - P. Bréemersch, J-Y. Léopold, L’Armorial du Pas-de-Calais, tome I, p. 172. - “Les écuries royales sous Charles VI et Charles VII - communication d’Henri Lemoine” in Bulletin philologique et historique (jusqu’à 1715) du comité des travaux historiques et scientifiques, Paris : 1928 et 1929. Nous remercions Monsieur N. Filatoff, expert CEA pour ses précieuses recherches en héraldique. A small brass Mamluk candlestick, Near-East, probably Syria, 14th century
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