Edmond ROSTAND. L.A.S. avec poème, [fin 1906], à un « cher ami » ; 1 page in-4.

   Belle lettre sur Sarah Bernhardt, avec un poème en hommage à Catulle Mendès.
   Il est décidé à « ne jamais écrire un article. J’en serais d’ailleurs incapable. Je deviendrais fou devant une feuille de papier à remplir. D’ailleurs Sarah sait que j’ai dit souvent sur elle toute mon enthousiaste admiration », dans les vers qu’il lui a récités dans son théâtre, et dans la préface de l’ouvrage de Jules Huret (Sarah Bernhardt, F. Juven, 1899). Il propose de reproduire cette préface dans le supplément du journal. Il ajoute qu’il « proteste en toute occasion contre l’inqualifiable mesure qui l’empêche de porter le ruban rouge ; notez que je ne suis point partisan qu’on le distribue aux artistes femmes. Mais Elle seule devrait, et comme artiste, et comme directrice, l’avoir, attendu qu’elle a du génie » [elle n’obtiendra la Légion d’Honneur qu’en 1914]. Et il compose pour Catulle Mendès un sonnet, à propos de son drame La Vierge d’Avila (Sainte Thérèse), créé par Sarah Bernhardt en son théâtre le 10 novembre 1906, et qu’à défaut d’avoir pu le voir, il se montre impatient de le lire : 
 « Moi qui de moins en moins me sens littérateur
 Au contact des ormeaux, des chênes, et des hêtres, 
 Moi qui vis dans l’effroi de recevoir des lettres, 
 Mendès, j’irai demain au-devant du facteur ! […]
 Et seul, sans qu’un voisin m’offre son exégèse, 
 Seul devant un décor que moi-même aurai peint, 
 J’écouterai Sarah chanter Sainte-Thérèse. »…
Live Monday 10 December 2018・14:00 (Europe/Paris)
Lot no. 310

Edmond ROSTAND. L.A.S. avec poème, [fin 1906], à un « cher ami » ; 1 page in-4. Belle lettre sur Sarah Bernhardt, avec un poème en hommage à Catulle Mendès. Il est décidé à « ne jamais écrire un article. J’en serais d’ailleurs incapable. Je deviendrais fou devant une feuille de papier à remplir. D’ailleurs Sarah sait que j’ai dit souvent sur elle toute mon enthousiaste admiration », dans les vers qu’il lui a récités dans son théâtre, et dans la préface de l’ouvrage de Jules Huret (Sarah Bernhardt, F. Juven, 1899). Il propose de reproduire cette préface dans le supplément du journal. Il ajoute qu’il « proteste en toute occasion contre l’inqualifiable mesure qui l’empêche de porter le ruban rouge ; notez que je ne suis point partisan qu’on le distribue aux artistes femmes. Mais Elle seule devrait, et comme artiste, et comme directrice, l’avoir, attendu qu’elle a du génie » [elle n’obtiendra la Légion d’Honneur qu’en 1914]. Et il compose pour Catulle Mendès un sonnet, à propos de son drame La Vierge d’Avila (Sainte Thérèse), créé par Sarah Bernhardt en son théâtre le 10 novembre 1906, et qu’à défaut d’avoir pu le voir, il se montre impatient de le lire : « Moi qui de moins en moins me sens littérateur Au contact des ormeaux, des chênes, et des hêtres, Moi qui vis dans l’effroi de recevoir des lettres, Mendès, j’irai demain au-devant du facteur ! […] Et seul, sans qu’un voisin m’offre son exégèse, Seul devant un décor que moi-même aurai peint, J’écouterai Sarah chanter Sainte-Thérèse. »…

Estimate
€700 - €800
Result
€1,024
Buyer's premium
28%
Edmond ROSTAND. L.A.S. avec poème, [fin 1906], à un « cher ami » ; 1 page in-4. Belle lettre sur Sarah Bernhardt, avec un poème en hommage à Catulle Mendès. Il est décidé à « ne jamais écrire un article. J’en serais d’ailleurs incapable. Je deviendrais fou devant une feuille de papier à remplir. D’ailleurs Sarah sait que j’ai dit souvent sur elle toute mon enthousiaste admiration », dans les vers qu’il lui a récités dans son théâtre, et dans la préface de l’ouvrage de Jules Huret (Sarah Bernhardt, F. Juven, 1899). Il propose de reproduire cette préface dans le supplément du journal. Il ajoute qu’il « proteste en toute occasion contre l’inqualifiable mesure qui l’empêche de porter le ruban rouge ; notez que je ne suis point partisan qu’on le distribue aux artistes femmes. Mais Elle seule devrait, et comme artiste, et comme directrice, l’avoir, attendu qu’elle a du génie » [elle n’obtiendra la Légion d’Honneur qu’en 1914]. Et il compose pour Catulle Mendès un sonnet, à propos de son drame La Vierge d’Avila (Sainte Thérèse), créé par Sarah Bernhardt en son théâtre le 10 novembre 1906, et qu’à défaut d’avoir pu le voir, il se montre impatient de le lire : « Moi qui de moins en moins me sens littérateur Au contact des ormeaux, des chênes, et des hêtres, Moi qui vis dans l’effroi de recevoir des lettres, Mendès, j’irai demain au-devant du facteur ! […] Et seul, sans qu’un voisin m’offre son exégèse, Seul devant un décor que moi-même aurai peint, J’écouterai Sarah chanter Sainte-Thérèse. »…
Sale Monday 10 December 2018・14:00 (Europe/Paris)
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