[Victor HUGO]. Juliette DROUET (1806-1883) actrice, maîtresse de Victor Hugo. L.A.S., 22 décembre [1850], à Victor Hugo ; 4 pages in-8 sur papier bleu.
   « Il faut que tu aies vraiment une patience d’ange, mon adoré bien aimé, pour écouter tous mes stupides jabotages. Il est vrai que tu as la faculté de t’isoler de cette monotone cancanerie en fermant les yeux et en fourrant mes griffouillis dans le feu. La flamme qui en sortira sera la traduction symbolique de celle qui me brûle le cœur sans pouvoir réchauffer le tien. Pauvre adoré, voilà bien longtemps que je ne t’ai vu. Ces quelques minutes que je passe seule avec toi sont devenues pour moi des siècles de bonheur et lorsqu’elles me manquent tout me manque. Je me reproche de contracter des obligations qui m’imposent dans un temps donné le devoir de sacrifier mon bonheur à des convenances. […] Et quoique cela arrive rarement, je n’en suis pas moins très vexée le jour où je perds une de ces précieuses minutes que je passe à te soigner, à te grogner, à te baiser et à t’adorer. Hier j’étais furieuse au-dedans de moi en songeant que ta pauvre gorge se passerait de fumigation. Tu me diras tantôt comment tu vas, mon pauvre petit homme, d’ici là n’aie pas froid, soigne-toi bien, pense à moi et aime moi »…
Live Thursday 7 December 2017・14:15 (Europe/Paris)
Lot no. 153

[Victor HUGO]. Juliette DROUET (1806-1883) actrice, maîtresse de Victor Hugo. L.A.S., 22 décembre [1850], à Victor Hugo ; 4 pages in-8 sur papier bleu. « Il faut que tu aies vraiment une patience d’ange, mon adoré bien aimé, pour écouter tous mes stupides jabotages. Il est vrai que tu as la faculté de t’isoler de cette monotone cancanerie en fermant les yeux et en fourrant mes griffouillis dans le feu. La flamme qui en sortira sera la traduction symbolique de celle qui me brûle le cœur sans pouvoir réchauffer le tien. Pauvre adoré, voilà bien longtemps que je ne t’ai vu. Ces quelques minutes que je passe seule avec toi sont devenues pour moi des siècles de bonheur et lorsqu’elles me manquent tout me manque. Je me reproche de contracter des obligations qui m’imposent dans un temps donné le devoir de sacrifier mon bonheur à des convenances. […] Et quoique cela arrive rarement, je n’en suis pas moins très vexée le jour où je perds une de ces précieuses minutes que je passe à te soigner, à te grogner, à te baiser et à t’adorer. Hier j’étais furieuse au-dedans de moi en songeant que ta pauvre gorge se passerait de fumigation. Tu me diras tantôt comment tu vas, mon pauvre petit homme, d’ici là n’aie pas froid, soigne-toi bien, pense à moi et aime moi »…

Estimate
€400 - €500
Result
€625
Buyer's premium
25%
[Victor HUGO]. Juliette DROUET (1806-1883) actrice, maîtresse de Victor Hugo. L.A.S., 22 décembre [1850], à Victor Hugo ; 4 pages in-8 sur papier bleu. « Il faut que tu aies vraiment une patience d’ange, mon adoré bien aimé, pour écouter tous mes stupides jabotages. Il est vrai que tu as la faculté de t’isoler de cette monotone cancanerie en fermant les yeux et en fourrant mes griffouillis dans le feu. La flamme qui en sortira sera la traduction symbolique de celle qui me brûle le cœur sans pouvoir réchauffer le tien. Pauvre adoré, voilà bien longtemps que je ne t’ai vu. Ces quelques minutes que je passe seule avec toi sont devenues pour moi des siècles de bonheur et lorsqu’elles me manquent tout me manque. Je me reproche de contracter des obligations qui m’imposent dans un temps donné le devoir de sacrifier mon bonheur à des convenances. […] Et quoique cela arrive rarement, je n’en suis pas moins très vexée le jour où je perds une de ces précieuses minutes que je passe à te soigner, à te grogner, à te baiser et à t’adorer. Hier j’étais furieuse au-dedans de moi en songeant que ta pauvre gorge se passerait de fumigation. Tu me diras tantôt comment tu vas, mon pauvre petit homme, d’ici là n’aie pas froid, soigne-toi bien, pense à moi et aime moi »…
Sale Thursday 7 December 2017・14:15 (Europe/Paris)
Sale location coming soon 3, rue Favart 75002 Paris