Léon BLOY. L.A.S., Kolding (Danemark) « Mercredi Saint » [29 mars] 1899, à Georges Rémond ; 4 pages in-8 très remplies.
   « Lettre très importante », a indiqué Léon Bloy qui en a inséré le brouillon dans son Journal inédit (t. II, p. 359-361).
   Il envoie à son ami « le souvenir très-affectueux d’une famille chrétienne qui souffre. […] j’ignore comment tout cela finira. Il doit me suffire de savoir que cela finira de la manière la plus glorieuse pour Dieu. Mais je ne sais pas ce qui nous reste encore à souffrir. […] Nous sommes aujourd’hui, mercredi saint, à peu près sans un sou, ayant épuisé toutes les ressources imaginables ». Mais il n’a plus rien pour payer leur subsistance, et ce sera bientôt « la faillite complète & sans pardon, la vie soudainement impossible – la famine dans la maison & l’injure dans la rue. […] Voici, maintenant, le point de vue surnaturel : Nous n’avons jamais été abandonnés. Le “Mendiant ingrat” continue toujours. Donc nous le serons ici, moins que jamais, puisque nous sommes en un lieu où il n’y a pour nous aucune ressource humaine. Le secours viendra d’où il voudra & d’où il pourra. [...] Vous savez avec quelle anxiété j’ai toujours attendu le facteur, c’est à dire le messager quelconque par qui tout devait changer. C’est même un trait ridicule de ma légende. Explication. J’ai reçu, il y a 20 ans, vers l’époque où vous naissiez, l’assurance tout à fait surnaturelle qu’il me fallait attendre, chaque jour, en priant & en souffrant, une chose très-belle. J’ai su aussi que la richesse devait être une conséquence nécessaire de cette chose mystérieuse. En preuve du divin de cette annonce, me furent données toutes les idées & toutes les formes du Salut par les juifs ». Puis Bloy s’en prend violemment et longuement à son éditeur Prolles, qu’il accuse de toutes les escroqueries du monde… « Il s’agissait, aux approches de Pâques, d’avoir la paix, de ne plus sentir ces affreuses palpitations de cœur qui me réveillaient la nuit, de ne plus s
Live Wednesday 26 April 2017・14:00 (Europe/Paris)
Lot no. 58

Léon BLOY. L.A.S., Kolding (Danemark) « Mercredi Saint » [29 mars] 1899, à Georges Rémond ; 4 pages in-8 très remplies. « Lettre très importante », a indiqué Léon Bloy qui en a inséré le brouillon dans son Journal inédit (t. II, p. 359-361). Il envoie à son ami « le souvenir très-affectueux d’une famille chrétienne qui souffre. […] j’ignore comment tout cela finira. Il doit me suffire de savoir que cela finira de la manière la plus glorieuse pour Dieu. Mais je ne sais pas ce qui nous reste encore à souffrir. […] Nous sommes aujourd’hui, mercredi saint, à peu près sans un sou, ayant épuisé toutes les ressources imaginables ». Mais il n’a plus rien pour payer leur subsistance, et ce sera bientôt « la faillite complète & sans pardon, la vie soudainement impossible – la famine dans la maison & l’injure dans la rue. […] Voici, maintenant, le point de vue surnaturel : Nous n’avons jamais été abandonnés. Le “Mendiant ingrat” continue toujours. Donc nous le serons ici, moins que jamais, puisque nous sommes en un lieu où il n’y a pour nous aucune ressource humaine. Le secours viendra d’où il voudra & d’où il pourra. [...] Vous savez avec quelle anxiété j’ai toujours attendu le facteur, c’est à dire le messager quelconque par qui tout devait changer. C’est même un trait ridicule de ma légende. Explication. J’ai reçu, il y a 20 ans, vers l’époque où vous naissiez, l’assurance tout à fait surnaturelle qu’il me fallait attendre, chaque jour, en priant & en souffrant, une chose très-belle. J’ai su aussi que la richesse devait être une conséquence nécessaire de cette chose mystérieuse. En preuve du divin de cette annonce, me furent données toutes les idées & toutes les formes du Salut par les juifs ». Puis Bloy s’en prend violemment et longuement à son éditeur Prolles, qu’il accuse de toutes les escroqueries du monde… « Il s’agissait, aux approches de Pâques, d’avoir la paix, de ne plus sentir ces affreuses palpitations de cœur qui me réveillaient la nuit, de ne plus s

Estimate
€1,200 - €1,500
Result
€1,500
Buyer's premium
25%
Léon BLOY. L.A.S., Kolding (Danemark) « Mercredi Saint » [29 mars] 1899, à Georges Rémond ; 4 pages in-8 très remplies. « Lettre très importante », a indiqué Léon Bloy qui en a inséré le brouillon dans son Journal inédit (t. II, p. 359-361). Il envoie à son ami « le souvenir très-affectueux d’une famille chrétienne qui souffre. […] j’ignore comment tout cela finira. Il doit me suffire de savoir que cela finira de la manière la plus glorieuse pour Dieu. Mais je ne sais pas ce qui nous reste encore à souffrir. […] Nous sommes aujourd’hui, mercredi saint, à peu près sans un sou, ayant épuisé toutes les ressources imaginables ». Mais il n’a plus rien pour payer leur subsistance, et ce sera bientôt « la faillite complète & sans pardon, la vie soudainement impossible – la famine dans la maison & l’injure dans la rue. […] Voici, maintenant, le point de vue surnaturel : Nous n’avons jamais été abandonnés. Le “Mendiant ingrat” continue toujours. Donc nous le serons ici, moins que jamais, puisque nous sommes en un lieu où il n’y a pour nous aucune ressource humaine. Le secours viendra d’où il voudra & d’où il pourra. [...] Vous savez avec quelle anxiété j’ai toujours attendu le facteur, c’est à dire le messager quelconque par qui tout devait changer. C’est même un trait ridicule de ma légende. Explication. J’ai reçu, il y a 20 ans, vers l’époque où vous naissiez, l’assurance tout à fait surnaturelle qu’il me fallait attendre, chaque jour, en priant & en souffrant, une chose très-belle. J’ai su aussi que la richesse devait être une conséquence nécessaire de cette chose mystérieuse. En preuve du divin de cette annonce, me furent données toutes les idées & toutes les formes du Salut par les juifs ». Puis Bloy s’en prend violemment et longuement à son éditeur Prolles, qu’il accuse de toutes les escroqueries du monde… « Il s’agissait, aux approches de Pâques, d’avoir la paix, de ne plus sentir ces affreuses palpitations de cœur qui me réveillaient la nuit, de ne plus s
Sale Wednesday 26 April 2017・14:00 (Europe/Paris)
Sale location coming soon 3, rue Favart 75002 Paris