Marie-Joseph de LAFAYETTE. L.A., Metz le 4 [mai 1792], au marquis Victor de La Tour-Maubourg ; 2 pages et quart in-8.Importante lettre politique à son aide de camp, avec qui il va émigrer moins de trois mois plus tard Il se pose ici en homme providentiel pour sauver la Révolution. Il lui adresse divers papiers qu’il commente, dont un rapport sur les chevaux dont ils ont besoin, et un rapport d’un jeune homme intelligent qui « s’exagère les dispositions des troupes ennemies, et surtout des Hongrois »… « J’observerai relativement à mes garnisons que l’état ouvert de Metz du coté de la citadelle demande de la surveillance et du monde »… Il commente alors la situation politique et militaire : « Adieu, mon cher Maubourg, il se forme un orage terrible, il se machine peutêtre beaucoup de trahisons ; notre premier soin doit être de me donner une bonne armée agissante. Alors Narbonne et moi enfoncerons notre chapeau, et jouant beau jeu, nous revolutionerons le mieux que nous pourrons devant nous. J’ai de grands moïens en Hollande, le parti democrate est à moi sans reserve ; j’en ai aussi à Liège ; on me connait dans les païs bas, et de ce coté ci du Rhin. Les Gardes nationales me regardent toutes comme leur chef ; je suis bien sûr d’une armée que je commanderai en personne. Au fait, j’ai aussi quelques talents naturels, et particulierement pour la guerre. J’ai l’activité de la jeunesse, une sante imperturbable, beaucoup de sang froid et un travail facile. Il y a quinze ans que je fais le metier revolutionaire. Je suis decidé à vaincre ou perir dans cette cause ; voilà pourtant quelques motifs de consolation pour la perte du duc de Brunswick qui me paroit à chaque instant plus inadmissible, et qui tôt ou tard perdroit celui même qui l’aurait proposé, soit pas ses trahisons, soit par la mefiance publique. Adieu, mon ami, depêchons nous, le tems presse ».
Estimate
€2,000 - €2,500
Result
€3,200
Buyer's premium
0%
Marie-Joseph de LAFAYETTE. L.A., Metz le 4 [mai 1792], au marquis Victor de La Tour-Maubourg ; 2 pages et quart in-8.Importante lettre politique à son aide de camp, avec qui il va émigrer moins de trois mois plus tard Il se pose ici en homme providentiel pour sauver la Révolution. Il lui adresse divers papiers qu’il commente, dont un rapport sur les chevaux dont ils ont besoin, et un rapport d’un jeune homme intelligent qui « s’exagère les dispositions des troupes ennemies, et surtout des Hongrois »… « J’observerai relativement à mes garnisons que l’état ouvert de Metz du coté de la citadelle demande de la surveillance et du monde »… Il commente alors la situation politique et militaire : « Adieu, mon cher Maubourg, il se forme un orage terrible, il se machine peutêtre beaucoup de trahisons ; notre premier soin doit être de me donner une bonne armée agissante. Alors Narbonne et moi enfoncerons notre chapeau, et jouant beau jeu, nous revolutionerons le mieux que nous pourrons devant nous. J’ai de grands moïens en Hollande, le parti democrate est à moi sans reserve ; j’en ai aussi à Liège ; on me connait dans les païs bas, et de ce coté ci du Rhin. Les Gardes nationales me regardent toutes comme leur chef ; je suis bien sûr d’une armée que je commanderai en personne. Au fait, j’ai aussi quelques talents naturels, et particulierement pour la guerre. J’ai l’activité de la jeunesse, une sante imperturbable, beaucoup de sang froid et un travail facile. Il y a quinze ans que je fais le metier revolutionaire. Je suis decidé à vaincre ou perir dans cette cause ; voilà pourtant quelques motifs de consolation pour la perte du duc de Brunswick qui me paroit à chaque instant plus inadmissible, et qui tôt ou tard perdroit celui même qui l’aurait proposé, soit pas ses trahisons, soit par la mefiance publique. Adieu, mon ami, depêchons nous, le tems presse ».
Sale
Thursday 27 June 2013・14:00 (Europe/Paris)
Sale location coming soon
3, rue Favart
75002 Paris