La Mère Germaine : les caves d’un restaurant étoilé
Les 16 et 17 novembre, la Maison de ventes Ader disperse une partie de la cave de La Mère Germaine, table historique de Châteauneuf-du-Pape. 1 297 lots en deux vacations, couvrant l’ensemble des régions viticoles françaises, de La Romanée du Comte Liger-Belair aux caisses d’origine des premiers grands crus classés de Bordeaux.
Depuis 1922, La Mère Germaine est une adresse mythique de Châteauneuf-du-Pape. Germaine Vion, ancienne cuisinière de la présidence de la République, y fonde une table doublement étoilée au Guide Michelin dès 1932, où se succèdent Mistinguett, Jean Gabin et Fernandel. Décennie après décennie, la maison constitue une cave réunissant les plus grands noms de Bourgogne, de Bordeaux et de la vallée du Rhône.
Contrairement à une collection privée, une cave de restaurant vit au rythme du service : elle se renouvelle et ne conserve que les vins dignes de vieillir. Celle de La Mère Germaine a ainsi traversé un siècle dans des conditions de stockage idéales. C’est ce qui rend cette vente unique : une provenance unique, un lieu de garde connu, une sélection justifiée. Aujourd’hui, la maison ouvre un nouveau chapitre, avec une cuisine plus conviviale et une carte recentrée sur les crus du village. Elle confie donc une partie de sa cave à la Maison de ventes Ader.
La Bourgogne ouvre le catalogue avec un Montrachet Grand Cru 2011 du Domaine des Comtes Lafon (1 800 / 2 000 €, lot 105) et trois bouteilles de Musigny Grand Cru 2013 du Domaine J.-F. Mugnier (1 100 / 1 300 € chacune, lots 50 à 52). Le Domaine du Comte Liger-Belair y est largement représenté, avec notamment cinq bouteilles de La Romanée Grand Cru sur les millésimes 2006 à 2010, estimées de 2 000 / 2 400 € à 3 300 / 3 800 € la bouteille (lots 251 à 255), et un Vosne-Romanée Les Beaux Monts 1er Cru 2013 du Domaine Leroy (1 800 / 2 000 €, lot 270). Bordeaux suit avec de nombreuses caisses bois d’origine des Châteaux Latour et Margaux en premier grand cru classé, sur les millésimes 2005 à 2017 : six bouteilles de Château Latour 2009 (3 600 / 4 200 €, lot 298), six de Château Latour 2005 (3 150 / 3 450 €, lot 297), six de Château Margaux 2014 et six de 2017 (1 800 / 2 100 € chacune, lots 303 et 304).Petrus est présent sur les millésimes 2005, 2009 et 2010 (2 600 / 3 000 € la bouteille). La vallée du Rhône, enfin, est chez elle, avec un magnum de Châteauneuf-du-Pape Réserve des Célestins 2005 du Domaine Henri Bonneau (650 / 750 €, lot 554).