René SAVARY, duc de ROVIGO (1774-1833) général, diplomate et ministre. L.A.S. « Le duc de Rovigo », Méréville 11 [juin 1823 ?], à Eustache Courtin ; 4 pages in-8.

   À propos de sa brochure sur « la catastrophe » de la mort du duc d’Enghien (Ponthieu, 1823). Il ne regrette pas l’éclat : « j’étois fatigué de m’entendre periodiquement imputer cet evenement, et le silence de ma part auroit prouvé que qui ne dit mot consent […]. La tapage qu’elle occassionne, ne peut en resultat m’etre pire que l’opinion qui s’étoit etabli, et j’aurois tué la victime de ma main et sans jugement que l’on ne diroit pas davantage »... Il a beaucoup appris du petit écrit de pièces inédites vendu chez Baudouin frères ; elles furent sans doute dérobées au portefeuille du général H. [Hulin, président du tribunal militaire qui condamna le prince] ; Savary dénonce les machinations et les inventions. « Tout ce qui s’étoit passé depuis 15 jours auroit arretté l’homme le mieux disposé, Gerard Lacuée venoit de perdre sa couronne d’aide de camp du 1er consul pour avoir eté visiter Mde Moreau le lendemain de l’arrestation de son mari, jugez comme on etoit disposé. Ce que vous me dites de Dupin me souleve et c’est pire que de m’avoir laissé condamner, il y a dans toutes les injures du depit, de m’avoir vu aller aux Thuileries si je m’etois jetté dans l’opposition on m’auroit deffendu, et l’on s’attache aux details de la fusillade pour couvrir la clef de l’intrigue »… Il fait appel à son amitié pour lui faire une réponse qu’il signera dans le Journal des Débats : « il n’y a dans mon ecrit ni bassesse, ni calomnie, je repete ce qui a eté imprimé et j’y ai renvoyé mes accusateurs. Si j’eusse eté l’ennemi de T. [Talleyrand] je n’ai eu pendant longtemps qu’un mot à dire pour le perdre et alors je l’ai protegé, cependant je connoissois l’intrigue que j’ai demasqué dans mon ecrit […]. Il auroit fallu que je fusse fou, si j’avais eu des reproches à me faire, de venir soulever cette question, et si dans
Live mardi 11 décembre 2018・14:00 (Europe/Paris)
Lot n°703

René SAVARY, duc de ROVIGO (1774-1833) général, diplomate et ministre. L.A.S. « Le duc de Rovigo », Méréville 11 [juin 1823 ?], à Eustache Courtin ; 4 pages in-8. À propos de sa brochure sur « la catastrophe » de la mort du duc d’Enghien (Ponthieu, 1823). Il ne regrette pas l’éclat : « j’étois fatigué de m’entendre periodiquement imputer cet evenement, et le silence de ma part auroit prouvé que qui ne dit mot consent […]. La tapage qu’elle occassionne, ne peut en resultat m’etre pire que l’opinion qui s’étoit etabli, et j’aurois tué la victime de ma main et sans jugement que l’on ne diroit pas davantage »... Il a beaucoup appris du petit écrit de pièces inédites vendu chez Baudouin frères ; elles furent sans doute dérobées au portefeuille du général H. [Hulin, président du tribunal militaire qui condamna le prince] ; Savary dénonce les machinations et les inventions. « Tout ce qui s’étoit passé depuis 15 jours auroit arretté l’homme le mieux disposé, Gerard Lacuée venoit de perdre sa couronne d’aide de camp du 1er consul pour avoir eté visiter Mde Moreau le lendemain de l’arrestation de son mari, jugez comme on etoit disposé. Ce que vous me dites de Dupin me souleve et c’est pire que de m’avoir laissé condamner, il y a dans toutes les injures du depit, de m’avoir vu aller aux Thuileries si je m’etois jetté dans l’opposition on m’auroit deffendu, et l’on s’attache aux details de la fusillade pour couvrir la clef de l’intrigue »… Il fait appel à son amitié pour lui faire une réponse qu’il signera dans le Journal des Débats : « il n’y a dans mon ecrit ni bassesse, ni calomnie, je repete ce qui a eté imprimé et j’y ai renvoyé mes accusateurs. Si j’eusse eté l’ennemi de T. [Talleyrand] je n’ai eu pendant longtemps qu’un mot à dire pour le perdre et alors je l’ai protegé, cependant je connoissois l’intrigue que j’ai demasqué dans mon ecrit […]. Il auroit fallu que je fusse fou, si j’avais eu des reproches à me faire, de venir soulever cette question, et si dans

Estimation
500 € - 600 €
Résultat
640 €
Frais de vente
28%
René SAVARY, duc de ROVIGO (1774-1833) général, diplomate et ministre. L.A.S. « Le duc de Rovigo », Méréville 11 [juin 1823 ?], à Eustache Courtin ; 4 pages in-8. À propos de sa brochure sur « la catastrophe » de la mort du duc d’Enghien (Ponthieu, 1823). Il ne regrette pas l’éclat : « j’étois fatigué de m’entendre periodiquement imputer cet evenement, et le silence de ma part auroit prouvé que qui ne dit mot consent […]. La tapage qu’elle occassionne, ne peut en resultat m’etre pire que l’opinion qui s’étoit etabli, et j’aurois tué la victime de ma main et sans jugement que l’on ne diroit pas davantage »... Il a beaucoup appris du petit écrit de pièces inédites vendu chez Baudouin frères ; elles furent sans doute dérobées au portefeuille du général H. [Hulin, président du tribunal militaire qui condamna le prince] ; Savary dénonce les machinations et les inventions. « Tout ce qui s’étoit passé depuis 15 jours auroit arretté l’homme le mieux disposé, Gerard Lacuée venoit de perdre sa couronne d’aide de camp du 1er consul pour avoir eté visiter Mde Moreau le lendemain de l’arrestation de son mari, jugez comme on etoit disposé. Ce que vous me dites de Dupin me souleve et c’est pire que de m’avoir laissé condamner, il y a dans toutes les injures du depit, de m’avoir vu aller aux Thuileries si je m’etois jetté dans l’opposition on m’auroit deffendu, et l’on s’attache aux details de la fusillade pour couvrir la clef de l’intrigue »… Il fait appel à son amitié pour lui faire une réponse qu’il signera dans le Journal des Débats : « il n’y a dans mon ecrit ni bassesse, ni calomnie, je repete ce qui a eté imprimé et j’y ai renvoyé mes accusateurs. Si j’eusse eté l’ennemi de T. [Talleyrand] je n’ai eu pendant longtemps qu’un mot à dire pour le perdre et alors je l’ai protegé, cependant je connoissois l’intrigue que j’ai demasqué dans mon ecrit […]. Il auroit fallu que je fusse fou, si j’avais eu des reproches à me faire, de venir soulever cette question, et si dans
Vente mardi 11 décembre 2018・14:00 (Europe/Paris)
Lieu de vente à venir 3, rue Favart 75002 Paris