LAMARTINE Alphonse de (1790-1869).
L.A.S. « Lamartine », Paris 11 mai 1857, à Victor HUGO ; 3 pages in-4 (légères fentes aux plis).

Belle lettre sur Les Châtiments et Les Contemplations.
« Non ; jamais rien d’intentionnellement blessant pour vous n’est sorti de mon cœur et ne sortira de ma plume. Vous auriez pu le voir aux termes dont je me suis servi l’année dernière en parlant de vous dans ces causeries [du Cours familier de littérature en octobre 1856] écrites bien après la publication de vos Iambes [Les Châtiments]. Vous le verrez bientôt dans la sincère glorification de votre génie lyrique auquel je ne compare rien de moderne. Cela ne veut pas dire que j’abdique ou rétracte rien de ma répugnance générale et théorique à la satire en vers infligée aux noms propres. Ceci est chez moi système et sentiment ; mais ce ne sera jamais à un ami malheureux que j’en ferai l’aplication. Je regrette que vos amis s’y soient trompés. On ne s’y trompe pas ici. Je relisais en ce moment vos deux derniers et presque partout sublimes volumes [Les Contemplations]. La Poésie est fille de la mer et de l’exil dans Homère dans le Dante dans Byron et dans vous. Quant à moi je lutte ici dans un travail ingrat et mercenaire pour sortir honorablement de la vie. Cela vaut bien dix exils mais cela ne vaut pas la mer.
Adieu. Ne doutez jamais de ma constante amitié, aussi vieille et aussi fidèle que mon admiration »...
Live jeudi 15 novembre 2018・14:00 (Europe/Paris)
Lot n°474

LAMARTINE Alphonse de (1790-1869). L.A.S. « Lamartine », Paris 11 mai 1857, à Victor HUGO ; 3 pages in-4 (légères fentes aux plis). Belle lettre sur Les Châtiments et Les Contemplations. « Non ; jamais rien d’intentionnellement blessant pour vous n’est sorti de mon cœur et ne sortira de ma plume. Vous auriez pu le voir aux termes dont je me suis servi l’année dernière en parlant de vous dans ces causeries [du Cours familier de littérature en octobre 1856] écrites bien après la publication de vos Iambes [Les Châtiments]. Vous le verrez bientôt dans la sincère glorification de votre génie lyrique auquel je ne compare rien de moderne. Cela ne veut pas dire que j’abdique ou rétracte rien de ma répugnance générale et théorique à la satire en vers infligée aux noms propres. Ceci est chez moi système et sentiment ; mais ce ne sera jamais à un ami malheureux que j’en ferai l’aplication. Je regrette que vos amis s’y soient trompés. On ne s’y trompe pas ici. Je relisais en ce moment vos deux derniers et presque partout sublimes volumes [Les Contemplations]. La Poésie est fille de la mer et de l’exil dans Homère dans le Dante dans Byron et dans vous. Quant à moi je lutte ici dans un travail ingrat et mercenaire pour sortir honorablement de la vie. Cela vaut bien dix exils mais cela ne vaut pas la mer. Adieu. Ne doutez jamais de ma constante amitié, aussi vieille et aussi fidèle que mon admiration »...

Estimation
500 € - 700 €
Résultat
1 170 €
Frais de vente
30%
LAMARTINE Alphonse de (1790-1869). L.A.S. « Lamartine », Paris 11 mai 1857, à Victor HUGO ; 3 pages in-4 (légères fentes aux plis). Belle lettre sur Les Châtiments et Les Contemplations. « Non ; jamais rien d’intentionnellement blessant pour vous n’est sorti de mon cœur et ne sortira de ma plume. Vous auriez pu le voir aux termes dont je me suis servi l’année dernière en parlant de vous dans ces causeries [du Cours familier de littérature en octobre 1856] écrites bien après la publication de vos Iambes [Les Châtiments]. Vous le verrez bientôt dans la sincère glorification de votre génie lyrique auquel je ne compare rien de moderne. Cela ne veut pas dire que j’abdique ou rétracte rien de ma répugnance générale et théorique à la satire en vers infligée aux noms propres. Ceci est chez moi système et sentiment ; mais ce ne sera jamais à un ami malheureux que j’en ferai l’aplication. Je regrette que vos amis s’y soient trompés. On ne s’y trompe pas ici. Je relisais en ce moment vos deux derniers et presque partout sublimes volumes [Les Contemplations]. La Poésie est fille de la mer et de l’exil dans Homère dans le Dante dans Byron et dans vous. Quant à moi je lutte ici dans un travail ingrat et mercenaire pour sortir honorablement de la vie. Cela vaut bien dix exils mais cela ne vaut pas la mer. Adieu. Ne doutez jamais de ma constante amitié, aussi vieille et aussi fidèle que mon admiration »...
Vente jeudi 15 novembre 2018・14:00 (Europe/Paris)
Salle 1 - Hôtel Drouot 9, rue Drouot 75009 Paris