Maurice SACHS (1906-1945). L.A.S., New York Janvier 1932, à Pierre Abraham ; 3 pages in-4 (trous de classeur). Longue lettre sur le krach et la Grande Dépression. Parti pour les États-Unis en octobre, il découvre « une autre Amérique, une Amérique impotente. Les grands banquiers qui circulaient dans la vie avec un masque d’importance ont changé leurs figures parce qu’ils ne savent que faire. C’est le plus curieux de cette crise qu’ils ne savent en aucune façon la combattre. La position des plus solides fortunes est atteinte en ceci que les dividendes ont été pratiquement coupés ». Il prend pour exemple la famille des Otto Kahn qui vivait fastueusement mais verra bientôt son revenu inférieur aux taxes que l’état prélève sur leurs propriétés : « Ils désireraient par conséquent vendre les collections, les palais, les chasses peut-être les bijoux mais il n’y a pas d’acheteur et le mieux qu’ils puissent faire est de les conserver et de se ruiner lentement ». Quant au problème de la prohibition, il reste intact… Sachs donne quelques conférences pour augmenter ses revenus, sur Proust, Cocteau, Picasso, Talleyrand, l’affaire Dreyfus, etc : « Quel mélange ! Je ne sais plus trop quels sont mes projets. Je ne pense pas revenir en France sauf obligation et je pense soit à la Russie, à la Chine ou au Japon ». Il a déjeuné avec Paul Claudel, « qui réfugié dans la poésie voit d’un œil serein les mirages sur le monde »… Il termine par un « parallélisme » entre Abraham, Maritain et Allendy et leurs femmes : malgré les différences, « vous avez vous six, créé autour de vous une atmosphère de la même densité, de la même valeur »…
Estimation
200 € - 300 €
Résultat
256 €
Frais de vente
0%
Maurice SACHS (1906-1945). L.A.S., New York Janvier 1932, à Pierre Abraham ; 3 pages in-4 (trous de classeur).
Longue lettre sur le krach et la Grande Dépression.
Parti pour les États-Unis en octobre, il découvre « une autre Amérique, une Amérique impotente. Les grands banquiers qui circulaient dans la vie avec un masque d’importance ont changé leurs figures parce qu’ils ne savent que faire. C’est le plus curieux de cette crise qu’ils ne savent en aucune façon la combattre. La position des plus solides fortunes est atteinte en ceci que les dividendes ont été pratiquement coupés ». Il prend pour exemple la famille des Otto Kahn qui vivait fastueusement mais verra bientôt son revenu inférieur aux taxes que l’état prélève sur leurs propriétés : « Ils désireraient par conséquent vendre les collections, les palais, les chasses peut-être les bijoux mais il n’y a pas d’acheteur et le mieux qu’ils puissent faire est de les conserver et de se ruiner lentement ». Quant au problème de la prohibition, il reste intact… Sachs donne quelques conférences pour augmenter ses revenus, sur Proust, Cocteau, Picasso, Talleyrand, l’affaire Dreyfus, etc : « Quel mélange ! Je ne sais plus trop quels sont mes projets. Je ne pense pas revenir en France sauf obligation et je pense soit à la Russie, à la Chine ou au Japon ». Il a déjeuné avec Paul Claudel, « qui réfugié dans la poésie voit d’un œil serein les mirages sur le monde »… Il termine par un « parallélisme » entre Abraham, Maritain et Allendy et leurs femmes : malgré les différences, « vous avez vous six, créé autour de vous une atmosphère de la même densité, de la même valeur »…
Vente
mardi 23 octobre 2018・13:30 (Europe/Paris)
Lieu de vente à venir
3, rue Favart
75002 Paris