Maurice de GUÉRIN (1810-1839). L.A.S. « M. Guérin du Cayla », au Cayla 6 août 1837, à la baronne de Maistre, au château des Cocques par La Charité (Nièvre) ; 3 pages et demie in-4 à son chiffre couronné, adresse (petit bris de cachet et qqs légères fentes aux plis réparés).
   Belle et longue lettre.
   Il profite d’un moment de calme pour prendre la plume : « Tout le monde est à la messe à Andillac, notre paroisse, à une demi lieue d’ici. Moi seul, par le privilège de ma santé, je suis exempt de la pieuse fatigue et je puis régner, du moins pendant quelques heures, sur un empire muet. Voilà sans doute une royauté qui me va ».. Mais il consacre ce temps à la causerie, « sans autre bruit, il est vrai, que le bruissement léger de la plume courant sur le papier »… Puis, en réponse à l’oraison de sa correspondante, il fait l’éloge d’une vache qui vient de mourir, « cette pauvre blanche digne vraiment de l’âge d’or par les ruisseaux de lait qu’elle faisait couler. [...] Comment ouvrir sa journée d’une façon plus douce et plus sage qu’en répandant en soi ce breuvage dont la vue seule fait naître des pensées de calme et de douceur ? Cite-t-on un homme qui ait commis une action sanglante après avoir vidé une coupe de lait ? La sensation du réveil si souvent triste et désolante, qui vous replace au milieu des songes favorables et souhaités vis-à-vis de la réalité qui blesse ou qui trompe, quel remède lui apporterez-vous plus efficace que cette liqueur qui, par la qualité suave de sa couleur et de son goût, paraît comme l’antidote naturel de l’amertume ? [...] Buvez du lait avant même votre première pensée, et votre humeur contractant la vertu de ce breuvage philosophique se montrera conciliante et aimante toute la journée »...
   Il évoque alors son récent voyage dans le sud-est de la France : l’amphithéâtre de Nîmes, et la Maison carrée, « joli petit et frêle bijou d’architecture grecque » ; il dénigre cette campagne chantée par des « poètes menteurs », avec ses mu
Live mardi 23 octobre 2018・13:30 (Europe/Paris)
Lot n°83

Maurice de GUÉRIN (1810-1839). L.A.S. « M. Guérin du Cayla », au Cayla 6 août 1837, à la baronne de Maistre, au château des Cocques par La Charité (Nièvre) ; 3 pages et demie in-4 à son chiffre couronné, adresse (petit bris de cachet et qqs légères fentes aux plis réparés). Belle et longue lettre. Il profite d’un moment de calme pour prendre la plume : « Tout le monde est à la messe à Andillac, notre paroisse, à une demi lieue d’ici. Moi seul, par le privilège de ma santé, je suis exempt de la pieuse fatigue et je puis régner, du moins pendant quelques heures, sur un empire muet. Voilà sans doute une royauté qui me va ».. Mais il consacre ce temps à la causerie, « sans autre bruit, il est vrai, que le bruissement léger de la plume courant sur le papier »… Puis, en réponse à l’oraison de sa correspondante, il fait l’éloge d’une vache qui vient de mourir, « cette pauvre blanche digne vraiment de l’âge d’or par les ruisseaux de lait qu’elle faisait couler. [...] Comment ouvrir sa journée d’une façon plus douce et plus sage qu’en répandant en soi ce breuvage dont la vue seule fait naître des pensées de calme et de douceur ? Cite-t-on un homme qui ait commis une action sanglante après avoir vidé une coupe de lait ? La sensation du réveil si souvent triste et désolante, qui vous replace au milieu des songes favorables et souhaités vis-à-vis de la réalité qui blesse ou qui trompe, quel remède lui apporterez-vous plus efficace que cette liqueur qui, par la qualité suave de sa couleur et de son goût, paraît comme l’antidote naturel de l’amertume ? [...] Buvez du lait avant même votre première pensée, et votre humeur contractant la vertu de ce breuvage philosophique se montrera conciliante et aimante toute la journée »... Il évoque alors son récent voyage dans le sud-est de la France : l’amphithéâtre de Nîmes, et la Maison carrée, « joli petit et frêle bijou d’architecture grecque » ; il dénigre cette campagne chantée par des « poètes menteurs », avec ses mu

Estimation
700 € - 800 €
Résultat
1 408 €
Frais de vente
0%
Maurice de GUÉRIN (1810-1839). L.A.S. « M. Guérin du Cayla », au Cayla 6 août 1837, à la baronne de Maistre, au château des Cocques par La Charité (Nièvre) ; 3 pages et demie in-4 à son chiffre couronné, adresse (petit bris de cachet et qqs légères fentes aux plis réparés). Belle et longue lettre. Il profite d’un moment de calme pour prendre la plume : « Tout le monde est à la messe à Andillac, notre paroisse, à une demi lieue d’ici. Moi seul, par le privilège de ma santé, je suis exempt de la pieuse fatigue et je puis régner, du moins pendant quelques heures, sur un empire muet. Voilà sans doute une royauté qui me va ».. Mais il consacre ce temps à la causerie, « sans autre bruit, il est vrai, que le bruissement léger de la plume courant sur le papier »… Puis, en réponse à l’oraison de sa correspondante, il fait l’éloge d’une vache qui vient de mourir, « cette pauvre blanche digne vraiment de l’âge d’or par les ruisseaux de lait qu’elle faisait couler. [...] Comment ouvrir sa journée d’une façon plus douce et plus sage qu’en répandant en soi ce breuvage dont la vue seule fait naître des pensées de calme et de douceur ? Cite-t-on un homme qui ait commis une action sanglante après avoir vidé une coupe de lait ? La sensation du réveil si souvent triste et désolante, qui vous replace au milieu des songes favorables et souhaités vis-à-vis de la réalité qui blesse ou qui trompe, quel remède lui apporterez-vous plus efficace que cette liqueur qui, par la qualité suave de sa couleur et de son goût, paraît comme l’antidote naturel de l’amertume ? [...] Buvez du lait avant même votre première pensée, et votre humeur contractant la vertu de ce breuvage philosophique se montrera conciliante et aimante toute la journée »... Il évoque alors son récent voyage dans le sud-est de la France : l’amphithéâtre de Nîmes, et la Maison carrée, « joli petit et frêle bijou d’architecture grecque » ; il dénigre cette campagne chantée par des « poètes menteurs », avec ses mu
Vente mardi 23 octobre 2018・13:30 (Europe/Paris)
Lieu de vente à venir 3, rue Favart 75002 Paris