Minou DROUET. 3 L.A.S. dont une avec poème, 1956 ; 10 pages in?8 et 3 pages et quart in?4, 2 enveloppes.
   Bel ensemble de la jeune prodige, âgée de neuf ans.
   [7 mars 1956]. Elle remercie Maître de Rienzi, son « ami bleu », pour l’envoi d’un stéréoscope et parle de son amour pour sa maman à qui on fait des misères…
   Elle transcrit au stylo rouge le poème Ciel de Paris :
 « Ciel de Paris
poids
secret
chair
qui, par hoquets,
crache à nos faces
par la gueule ouverte des rangées de maisons
un jet de sang »…
Après le poème, qu’elle a écrit vite, elle avait « des tas d’autres choses mais j’avais envie de faire pipi, faut pas le dire, alors pendant que j’y étais je chantais au WC les mots qui me restaient dans le cœur […] après ça m’a rasé de les ajouter »… Elle remercie pour de nouveaux cadeaux, dont une serviette en cuir. Elle raconte son examen à la SACEM ; c’est elle qui a voulu le passer : « Je voulais sauver Maman, crier à ces saligauds des journaux que c’était moi qui faisais mes pauvres machins. La pauvre idiote que je suis croyais qu’elle vivait ses pires jours, quand on l’accusait de supercherie. [...] Le terrible est que, maintenant, on croit à ce qu’on appelle mon génie. J’ai pas de génie, pas de talent, je n’ai qu’un cœur à qui on fait payer cher son effrayant besoin de chanter »... Elle ne laissera personne la mener en laisse et ne veut pas être séparée de sa mère qui possède le vrai génie, le génie de l’amour. Elle sent en elle une faim de rythmes toujours nouveaux, parle de cinéma, de l’enregistrement d’un disque...
   Lettre (minute) au Directeur de l’Assistance publique : « Je suis Minou Drouet, la pauvre petite fille dont on a tant parlé parce qu’elle a eu le malheur d’écrire un malheureux petit livre Arbre mon Ami. Je n’ai pas de génie, pas de talent, je n’ai rien qu’un cœur, rien qu’une oreille terriblement rivée au rythme du vent, de l’arbre, de la mer ». Elle craint d’être séparée de sa mère, et raconte le
Live mercredi 26 avril 2017・14:00 (Europe/Paris)
Lot n°100

Minou DROUET. 3 L.A.S. dont une avec poème, 1956 ; 10 pages in?8 et 3 pages et quart in?4, 2 enveloppes. Bel ensemble de la jeune prodige, âgée de neuf ans. [7 mars 1956]. Elle remercie Maître de Rienzi, son « ami bleu », pour l’envoi d’un stéréoscope et parle de son amour pour sa maman à qui on fait des misères… Elle transcrit au stylo rouge le poème Ciel de Paris : « Ciel de Paris poids secret chair qui, par hoquets, crache à nos faces par la gueule ouverte des rangées de maisons un jet de sang »… Après le poème, qu’elle a écrit vite, elle avait « des tas d’autres choses mais j’avais envie de faire pipi, faut pas le dire, alors pendant que j’y étais je chantais au WC les mots qui me restaient dans le cœur […] après ça m’a rasé de les ajouter »… Elle remercie pour de nouveaux cadeaux, dont une serviette en cuir. Elle raconte son examen à la SACEM ; c’est elle qui a voulu le passer : « Je voulais sauver Maman, crier à ces saligauds des journaux que c’était moi qui faisais mes pauvres machins. La pauvre idiote que je suis croyais qu’elle vivait ses pires jours, quand on l’accusait de supercherie. [...] Le terrible est que, maintenant, on croit à ce qu’on appelle mon génie. J’ai pas de génie, pas de talent, je n’ai qu’un cœur à qui on fait payer cher son effrayant besoin de chanter »... Elle ne laissera personne la mener en laisse et ne veut pas être séparée de sa mère qui possède le vrai génie, le génie de l’amour. Elle sent en elle une faim de rythmes toujours nouveaux, parle de cinéma, de l’enregistrement d’un disque... Lettre (minute) au Directeur de l’Assistance publique : « Je suis Minou Drouet, la pauvre petite fille dont on a tant parlé parce qu’elle a eu le malheur d’écrire un malheureux petit livre Arbre mon Ami. Je n’ai pas de génie, pas de talent, je n’ai rien qu’un cœur, rien qu’une oreille terriblement rivée au rythme du vent, de l’arbre, de la mer ». Elle craint d’être séparée de sa mère, et raconte le

Estimation
300 € - 400 €
Résultat
375 €
Frais de vente
25%
Minou DROUET. 3 L.A.S. dont une avec poème, 1956 ; 10 pages in?8 et 3 pages et quart in?4, 2 enveloppes. Bel ensemble de la jeune prodige, âgée de neuf ans. [7 mars 1956]. Elle remercie Maître de Rienzi, son « ami bleu », pour l’envoi d’un stéréoscope et parle de son amour pour sa maman à qui on fait des misères… Elle transcrit au stylo rouge le poème Ciel de Paris : « Ciel de Paris poids secret chair qui, par hoquets, crache à nos faces par la gueule ouverte des rangées de maisons un jet de sang »… Après le poème, qu’elle a écrit vite, elle avait « des tas d’autres choses mais j’avais envie de faire pipi, faut pas le dire, alors pendant que j’y étais je chantais au WC les mots qui me restaient dans le cœur […] après ça m’a rasé de les ajouter »… Elle remercie pour de nouveaux cadeaux, dont une serviette en cuir. Elle raconte son examen à la SACEM ; c’est elle qui a voulu le passer : « Je voulais sauver Maman, crier à ces saligauds des journaux que c’était moi qui faisais mes pauvres machins. La pauvre idiote que je suis croyais qu’elle vivait ses pires jours, quand on l’accusait de supercherie. [...] Le terrible est que, maintenant, on croit à ce qu’on appelle mon génie. J’ai pas de génie, pas de talent, je n’ai qu’un cœur à qui on fait payer cher son effrayant besoin de chanter »... Elle ne laissera personne la mener en laisse et ne veut pas être séparée de sa mère qui possède le vrai génie, le génie de l’amour. Elle sent en elle une faim de rythmes toujours nouveaux, parle de cinéma, de l’enregistrement d’un disque... Lettre (minute) au Directeur de l’Assistance publique : « Je suis Minou Drouet, la pauvre petite fille dont on a tant parlé parce qu’elle a eu le malheur d’écrire un malheureux petit livre Arbre mon Ami. Je n’ai pas de génie, pas de talent, je n’ai rien qu’un cœur, rien qu’une oreille terriblement rivée au rythme du vent, de l’arbre, de la mer ». Elle craint d’être séparée de sa mère, et raconte le
Vente mercredi 26 avril 2017・14:00 (Europe/Paris)
Lieu de vente à venir 3, rue Favart 75002 Paris