Manon Phlipon, Madame ROLAND. L.A., Paris 27 mars 1792, à son ami Henri-Albert Gosse neveu, à Genève ; 2 pages in-4.
  Très intéressante lettre politique, annonçant la nomination de Roland au Ministère de l’Intérieur (23 mars).
  « La scène change rapidement dans ce pays ; j’écrivois, il y a peu de jours, à votre digne moitié et je lui peignois une situation qui ne ressemble guère à celle où nous sommes appellés. Je ne me croyois pas voisinne d’un changement de cette nature, et il étoit permis, sans doute, de ne pas le prévoir. C’est un de ces tours de roue de la fortune qui élève ce que bientôt la continuité du même mouvement doit reporter à la place d’où il avait été tiré ». Elle annonce la nomination de son mari Roland au ministère de l’Intérieur : « Notre ami s’est dévoué par l’espoir de concourir au bien de son pays ; espoir fondé sur la conformité de principes des personnes qui composent actuellement le ministère et de leur concert avec la partie de l’Assemblée sincèrement attachée à la révolution. S’il ne peut réussir, il descendra comme il est monté, avec calme et courage, sans effroy alors comme il est aujourd’hui sans yvresse. […] votre ami est nommé Ministre de l’Intérieur. Les circonstances sont tellement orageuses que je ne puis considérer sans une sorte d’effroy tout ce qu’il y a à faire et tous les obstacles à vaincre, pour opérer le bien. S’il est possible, nous sommes heureux ; s’il ne l’est pas, nous reprendrons les goûts paisibles, les habitudes douces et studieuses qui remplissoient nos loisirs. Maintenant il faut s’élever à la hauteur de sa destinée, ne respirer que pour la remplir et ne pas avoir une pensée qui ne tende efficacement au but qu’il faut atteindre ». Elle demande à Gosse de ne pas les oublier et de leur écrire : « Rien ne sauroit altérer des sentimens qui tiennent aux principes invariables de la justice et de la Liberté »…
  Lettres de Madame Roland (éd. Claude Perroud, Imprimerie nationale, 1900-1902, t. II, p. 412).
Live jeudi 27 avril 2017・14:00 (Europe/Paris)
Lot n°590

Manon Phlipon, Madame ROLAND. L.A., Paris 27 mars 1792, à son ami Henri-Albert Gosse neveu, à Genève ; 2 pages in-4. Très intéressante lettre politique, annonçant la nomination de Roland au Ministère de l’Intérieur (23 mars). « La scène change rapidement dans ce pays ; j’écrivois, il y a peu de jours, à votre digne moitié et je lui peignois une situation qui ne ressemble guère à celle où nous sommes appellés. Je ne me croyois pas voisinne d’un changement de cette nature, et il étoit permis, sans doute, de ne pas le prévoir. C’est un de ces tours de roue de la fortune qui élève ce que bientôt la continuité du même mouvement doit reporter à la place d’où il avait été tiré ». Elle annonce la nomination de son mari Roland au ministère de l’Intérieur : « Notre ami s’est dévoué par l’espoir de concourir au bien de son pays ; espoir fondé sur la conformité de principes des personnes qui composent actuellement le ministère et de leur concert avec la partie de l’Assemblée sincèrement attachée à la révolution. S’il ne peut réussir, il descendra comme il est monté, avec calme et courage, sans effroy alors comme il est aujourd’hui sans yvresse. […] votre ami est nommé Ministre de l’Intérieur. Les circonstances sont tellement orageuses que je ne puis considérer sans une sorte d’effroy tout ce qu’il y a à faire et tous les obstacles à vaincre, pour opérer le bien. S’il est possible, nous sommes heureux ; s’il ne l’est pas, nous reprendrons les goûts paisibles, les habitudes douces et studieuses qui remplissoient nos loisirs. Maintenant il faut s’élever à la hauteur de sa destinée, ne respirer que pour la remplir et ne pas avoir une pensée qui ne tende efficacement au but qu’il faut atteindre ». Elle demande à Gosse de ne pas les oublier et de leur écrire : « Rien ne sauroit altérer des sentimens qui tiennent aux principes invariables de la justice et de la Liberté »… Lettres de Madame Roland (éd. Claude Perroud, Imprimerie nationale, 1900-1902, t. II, p. 412).

Estimation
1 200 € - 1 500 €
Résultat
1 500 €
Frais de vente
25%
Manon Phlipon, Madame ROLAND. L.A., Paris 27 mars 1792, à son ami Henri-Albert Gosse neveu, à Genève ; 2 pages in-4. Très intéressante lettre politique, annonçant la nomination de Roland au Ministère de l’Intérieur (23 mars). « La scène change rapidement dans ce pays ; j’écrivois, il y a peu de jours, à votre digne moitié et je lui peignois une situation qui ne ressemble guère à celle où nous sommes appellés. Je ne me croyois pas voisinne d’un changement de cette nature, et il étoit permis, sans doute, de ne pas le prévoir. C’est un de ces tours de roue de la fortune qui élève ce que bientôt la continuité du même mouvement doit reporter à la place d’où il avait été tiré ». Elle annonce la nomination de son mari Roland au ministère de l’Intérieur : « Notre ami s’est dévoué par l’espoir de concourir au bien de son pays ; espoir fondé sur la conformité de principes des personnes qui composent actuellement le ministère et de leur concert avec la partie de l’Assemblée sincèrement attachée à la révolution. S’il ne peut réussir, il descendra comme il est monté, avec calme et courage, sans effroy alors comme il est aujourd’hui sans yvresse. […] votre ami est nommé Ministre de l’Intérieur. Les circonstances sont tellement orageuses que je ne puis considérer sans une sorte d’effroy tout ce qu’il y a à faire et tous les obstacles à vaincre, pour opérer le bien. S’il est possible, nous sommes heureux ; s’il ne l’est pas, nous reprendrons les goûts paisibles, les habitudes douces et studieuses qui remplissoient nos loisirs. Maintenant il faut s’élever à la hauteur de sa destinée, ne respirer que pour la remplir et ne pas avoir une pensée qui ne tende efficacement au but qu’il faut atteindre ». Elle demande à Gosse de ne pas les oublier et de leur écrire : « Rien ne sauroit altérer des sentimens qui tiennent aux principes invariables de la justice et de la Liberté »… Lettres de Madame Roland (éd. Claude Perroud, Imprimerie nationale, 1900-1902, t. II, p. 412).
Vente jeudi 27 avril 2017・14:00 (Europe/Paris)
Lieu de vente à venir 3, rue Favart 75002 Paris