VOLTAIRE (1694-1778). L.S. « Voltaire gentilhoe ord de la chambre du Roi », au château de Ferney par Lyon 22 avril 1774, [à Pierre Fulcrand de Rosset (1708-1788)] ; la lettre est écrite par son secrétaire Jean-Louis Wagnière (1739-1802) ; 4 pages in-4 (fentes et traces de scotch aux plis, cote d’inventaire notarial).
   Belle réponse littéraire à l’envoi du poème L’Agriculture.
   Il le félicite sur son poème qui même « l’utile et l’agréable […] On dit que vous n’avez jamais cultivé l’art que vous enseignez ; je l’éxerce depuis plus de vingt ans, et certainement je ne l’enseignerai pas après vous »... Voltaire s’étonne cependant qu’il adopte la méthode de l’Anglais Tull, de semer par planches, innovation détestable qui a ruiné un « cultivateur par livres » de sa connaissance, obligé de lui emprunter de l’argent, et il évoque sa propre expérience de défrichement, fort onéreuse, qu’il ne conseillerait à personne, « excepté à des moines ; parce qu’eux seuls sont assez riches pour suffire à ces frais immenses, et pour attendre vingt ans le fruit de leurs travaux ». Et de citer « l’illustre et respectable » Saint-Lambert qui « a dit très justement, qu’il a fait des géorgiques pour les hommes chargés de protéger les campagnes, et non pour ceux qui les cultivent ; que les georgiques de Virgile ne peuvent être d’aucun usage aux païsans ; que donner à cet ordre d’hommes des leçons en vers sur leur métier est un ouvrage inutile ; mais qu’il sera utile à jamais d’inspirer à ceux que les loix élêvent au dessus des cultivateurs, la bienveillance et les égards qu’ils doivent à des citoïens estimables »... Mais si les paysans n’y comprennent rien, les Géorgiques de Virgile feront toujours les délices des gens de lettres, non pour ses préceptes, ni ses louanges, mais pour ses descriptions et des épisodes que Saint-Lambert appelle justement charmants.
   « Vous me reprochez d’avoir dit dans mon discours à l’Académie qu’on ne pouvait faire des georgiques en français. J’ai di
Live mardi 29 novembre 2016・14:00 (Europe/Paris)
Lot n°327

VOLTAIRE (1694-1778). L.S. « Voltaire gentilhoe ord de la chambre du Roi », au château de Ferney par Lyon 22 avril 1774, [à Pierre Fulcrand de Rosset (1708-1788)] ; la lettre est écrite par son secrétaire Jean-Louis Wagnière (1739-1802) ; 4 pages in-4 (fentes et traces de scotch aux plis, cote d’inventaire notarial). Belle réponse littéraire à l’envoi du poème L’Agriculture. Il le félicite sur son poème qui même « l’utile et l’agréable […] On dit que vous n’avez jamais cultivé l’art que vous enseignez ; je l’éxerce depuis plus de vingt ans, et certainement je ne l’enseignerai pas après vous »... Voltaire s’étonne cependant qu’il adopte la méthode de l’Anglais Tull, de semer par planches, innovation détestable qui a ruiné un « cultivateur par livres » de sa connaissance, obligé de lui emprunter de l’argent, et il évoque sa propre expérience de défrichement, fort onéreuse, qu’il ne conseillerait à personne, « excepté à des moines ; parce qu’eux seuls sont assez riches pour suffire à ces frais immenses, et pour attendre vingt ans le fruit de leurs travaux ». Et de citer « l’illustre et respectable » Saint-Lambert qui « a dit très justement, qu’il a fait des géorgiques pour les hommes chargés de protéger les campagnes, et non pour ceux qui les cultivent ; que les georgiques de Virgile ne peuvent être d’aucun usage aux païsans ; que donner à cet ordre d’hommes des leçons en vers sur leur métier est un ouvrage inutile ; mais qu’il sera utile à jamais d’inspirer à ceux que les loix élêvent au dessus des cultivateurs, la bienveillance et les égards qu’ils doivent à des citoïens estimables »... Mais si les paysans n’y comprennent rien, les Géorgiques de Virgile feront toujours les délices des gens de lettres, non pour ses préceptes, ni ses louanges, mais pour ses descriptions et des épisodes que Saint-Lambert appelle justement charmants. « Vous me reprochez d’avoir dit dans mon discours à l’Académie qu’on ne pouvait faire des georgiques en français. J’ai di

Estimation
1 500 € - 1 800 €
Résultat
8 875 €
Frais de vente
0%
VOLTAIRE (1694-1778). L.S. « Voltaire gentilhoe ord de la chambre du Roi », au château de Ferney par Lyon 22 avril 1774, [à Pierre Fulcrand de Rosset (1708-1788)] ; la lettre est écrite par son secrétaire Jean-Louis Wagnière (1739-1802) ; 4 pages in-4 (fentes et traces de scotch aux plis, cote d’inventaire notarial). Belle réponse littéraire à l’envoi du poème L’Agriculture. Il le félicite sur son poème qui même « l’utile et l’agréable […] On dit que vous n’avez jamais cultivé l’art que vous enseignez ; je l’éxerce depuis plus de vingt ans, et certainement je ne l’enseignerai pas après vous »... Voltaire s’étonne cependant qu’il adopte la méthode de l’Anglais Tull, de semer par planches, innovation détestable qui a ruiné un « cultivateur par livres » de sa connaissance, obligé de lui emprunter de l’argent, et il évoque sa propre expérience de défrichement, fort onéreuse, qu’il ne conseillerait à personne, « excepté à des moines ; parce qu’eux seuls sont assez riches pour suffire à ces frais immenses, et pour attendre vingt ans le fruit de leurs travaux ». Et de citer « l’illustre et respectable » Saint-Lambert qui « a dit très justement, qu’il a fait des géorgiques pour les hommes chargés de protéger les campagnes, et non pour ceux qui les cultivent ; que les georgiques de Virgile ne peuvent être d’aucun usage aux païsans ; que donner à cet ordre d’hommes des leçons en vers sur leur métier est un ouvrage inutile ; mais qu’il sera utile à jamais d’inspirer à ceux que les loix élêvent au dessus des cultivateurs, la bienveillance et les égards qu’ils doivent à des citoïens estimables »... Mais si les paysans n’y comprennent rien, les Géorgiques de Virgile feront toujours les délices des gens de lettres, non pour ses préceptes, ni ses louanges, mais pour ses descriptions et des épisodes que Saint-Lambert appelle justement charmants. « Vous me reprochez d’avoir dit dans mon discours à l’Académie qu’on ne pouvait faire des georgiques en français. J’ai di
Vente mardi 29 novembre 2016・14:00 (Europe/Paris)
Lieu de vente à venir 3, rue Favart 75002 Paris