Eugène IONESCO (1912-1994). Manuscrit autographe signé et L.A.S., [1959] ; 15 pages et quart et 2 pages petit in-4, sur des feuillets de bloc et de copies perforées bleues. Important texte sur son théâtre et le théâtre d’avant-garde, en conclusion aux Entretiens d’Helsinki sur les tendances du théâtre d’avant-garde organisés par l’Institut international du théâtre à Helsinki en juin 1959, et dont Ionesco avait prononcé le discours d’inauguration. Le manuscrit présente de nombreuses ratures et corrections et additions ; il est paginé 1 à 8, 10, 10 bis et 11, puis 12 bis et ter, et enfin 1 à 3 (plus une lettre à Jean Darcante sur la mise au point du texte, qui explique ces discontinuités). Ionesco aimerait pouvoir répondre à tous les problèmes soulevés, mais il n’est pas « l’enfant Jésus qui enseignait la vérité aux docteurs du temple […] On se demande si la nouvelle avant-garde n’est pas bourgeoise ? […] J’ose penser et déclarer que nous avons perdu le sens d’une communauté humaine profonde. Elle existe, pourtant, cette identité universelle, que je tente de retrouver, comme je peux, [...] je la retrouve cette communauté universelle dans ma propre solitude qui théoriquement est niée, mais qui est celle de trop de gens dans le monde. » On lui reproche d’être désespéré : « est-ce ma faute si l’humanité est désespérante. Et je préfère un désespoir lucide, aux optimismes béats ou de commande. Car la manifestation de ce désespoir est une critique, une protestation, un témoignage. Nous vivons dans le monde de Kafka. On nous reproche d’écrire un théâtre de l’absurde. Mais c’est un absurde que nous constatons et que nous dénonçons »… Les hommes, comme tous les êtres, s’entretuent : « Mais là l’absurde se complique. Car les hommes s’entretuent sous le couvert des croyances souvent nobles qui masquent une sorte d’instinct homicide, d’une haine fondamentale de l’homme pour l’homme ; on a toujours de bonnes raisons de haïr et de tuer : pour la religion, pour la nation
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1 500 € - 2 000 €
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2 500 €
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Eugène IONESCO (1912-1994). Manuscrit autographe signé et L.A.S., [1959] ; 15 pages et quart et 2 pages petit in-4, sur des feuillets de bloc et de copies perforées bleues.
Important texte sur son théâtre et le théâtre d’avant-garde, en conclusion aux Entretiens d’Helsinki sur les tendances du théâtre d’avant-garde organisés par l’Institut international du théâtre à Helsinki en juin 1959, et dont Ionesco avait prononcé le discours d’inauguration. Le manuscrit présente de nombreuses ratures et corrections et additions ; il est paginé 1 à 8, 10, 10 bis et 11, puis 12 bis et ter, et enfin 1 à 3 (plus une lettre à Jean Darcante sur la mise au point du texte, qui explique ces discontinuités).
Ionesco aimerait pouvoir répondre à tous les problèmes soulevés, mais il n’est pas « l’enfant Jésus qui enseignait la vérité aux docteurs du temple […] On se demande si la nouvelle avant-garde n’est pas bourgeoise ? […] J’ose penser et déclarer que nous avons perdu le sens d’une communauté humaine profonde. Elle existe, pourtant, cette identité universelle, que je tente de retrouver, comme je peux, [...] je la retrouve cette communauté universelle dans ma propre solitude qui théoriquement est niée, mais qui est celle de trop de gens dans le monde. » On lui reproche d’être désespéré : « est-ce ma faute si l’humanité est désespérante. Et je préfère un désespoir lucide, aux optimismes béats ou de commande. Car la manifestation de ce désespoir est une critique, une protestation, un témoignage. Nous vivons dans le monde de Kafka. On nous reproche d’écrire un théâtre de l’absurde. Mais c’est un absurde que nous constatons et que nous dénonçons »… Les hommes, comme tous les êtres, s’entretuent : « Mais là l’absurde se complique. Car les hommes s’entretuent sous le couvert des croyances souvent nobles qui masquent une sorte d’instinct homicide, d’une haine fondamentale de l’homme pour l’homme ; on a toujours de bonnes raisons de haïr et de tuer : pour la religion, pour la nation
Vente
mardi 29 novembre 2016・14:00 (Europe/Paris)
Lieu de vente à venir
3, rue Favart
75002 Paris