Charles Péguy. 12 L.A.S., Orléans et Paris 1890-1893, à son camarade de classe et ami Paul Meunier ; 37 pages in-8 ou in-12 (quelques petites fentes réparées). Lettres de jeunesse du lycéen puis de l’étudiant Péguy à son condisciple et ami Paul Meunier (1873-1957, futur aliéniste et poète, sous le pseudonyme de Marcel Réja, natif de Puiseaux, Loiret). Orléans 6 janvier 1890. « Tu tombes joliment mal. Je suis en pleine influenza [...]. Je suis au désespoir de ne pouvoir t’envoyer l’histoire de seconde mais je ne l’ai pas. Elle a disparu dans la débâcle du départ. [...] Tu vas être forcé de ne rien faire. Tant pis pour le bachot. On devrait cette année le donner d’office à tous les élèves de rhétorique, eu égard aux épidémies multiples qui nous assaillent. Je ne mets pas le nez dehors. On meurt beaucoup à Orléans »... Il s’ennuie un peu en attendant la rentrée... 22 août. Il transmet à son ami les résultats de ses derniers examens scolaires : « J’ai piqué un 3 de laïus, un 2 de version et un 3 d’allemand […] En grec on m’a fait expliquer du Criton. C’était trop facile et je n’ai pu piquer qu’un 3 : d’où le assez bien seulement ». Revenu de Paris la semaine précédente, il n’a goût à rien : « Et puis je suis trop fatigué pour faire même des exercices physiques (style officiel). Je me laisse vivre »... 30 août. Meunier lui a demandé de lui transmettre le plan de son devoir de bachot sur Fénelon : « J’ai partagé mon affaire en deux moitiés inégales ; dans la première qui était la plus courte, j’ai parlé de l’homme d’État ; dans la deuxième, qui était la plus longue, j’ai parlé de l’homme d’Église. [...] Enfin l’idée maîtresse qui réunissait tout cela était que Fénelon n’avait guère péché que par excès d’amour. 1° Envers Dieu, d’où le quiétisme, 2° Envers la royauté qu’il avait voulu protéger contre elle-même. [...] On voit bien que tu es là-bas dans une atmosphère de bachot. Moi je m’ennuie puissamment. Si j’avais su je me serais fait recaler. [...] Où don
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Charles Péguy. 12 L.A.S., Orléans et Paris 1890-1893, à son camarade de classe et ami Paul Meunier ; 37 pages in-8 ou in-12 (quelques petites fentes réparées).
Lettres de jeunesse du lycéen puis de l’étudiant Péguy à son condisciple et ami Paul Meunier (1873-1957, futur aliéniste et poète, sous le pseudonyme de Marcel Réja, natif de Puiseaux, Loiret).
Orléans 6 janvier 1890. « Tu tombes joliment mal. Je suis en pleine influenza [...].
Je suis au désespoir de ne pouvoir t’envoyer l’histoire de seconde mais je ne l’ai pas. Elle a disparu dans la débâcle du départ. [...] Tu vas être forcé de ne rien faire. Tant pis pour le bachot. On devrait cette année le donner d’office à tous les élèves de rhétorique, eu égard aux épidémies multiples qui nous assaillent. Je ne mets pas le nez dehors. On meurt beaucoup à Orléans »... Il s’ennuie un peu en attendant la rentrée... 22 août. Il transmet à son ami les résultats de ses derniers examens scolaires : « J’ai piqué un 3 de laïus, un 2 de version et un 3 d’allemand […] En grec on m’a fait expliquer du Criton. C’était trop facile et je n’ai pu piquer qu’un 3 : d’où le assez bien seulement ». Revenu de Paris la semaine précédente, il n’a goût à rien : « Et puis je suis trop fatigué pour faire même des exercices physiques (style officiel).
Je me laisse vivre »... 30 août. Meunier lui a demandé de lui transmettre le plan de son devoir de bachot sur Fénelon : « J’ai partagé mon affaire en deux moitiés inégales ; dans la première qui était la plus courte, j’ai parlé de l’homme d’État ; dans la deuxième, qui était la plus longue, j’ai parlé de l’homme d’Église. [...] Enfin l’idée maîtresse qui réunissait tout cela était que Fénelon n’avait guère péché que par excès d’amour. 1° Envers Dieu, d’où le quiétisme, 2° Envers la royauté qu’il avait voulu protéger contre elle-même. [...] On voit bien que tu es là-bas dans une atmosphère de bachot. Moi je m’ennuie puissamment. Si j’avais su je me serais fait recaler. [...] Où don
Vente
mercredi 22 juin 2016・14:00 (Europe/Paris)
Lieu de vente à venir
3, rue Favart
75002 Paris