REYNALDO HAHN
L.A.S., [février 1900], à Paul Hervieu; 4 pages in-8.  Belle lettre de félicitations de son élection à l'Académie Française le 15 février 1900. «Je suis bien heureux d'apprendre votre grand succès. [?] vous représentez pour moi le contraire d'une école que je déteste, celle de la vulgarité, de la violence, de ce réalisme si faux et cent fois plus odieux que le naturalisme son prédécesseur, que les naïfs ?auteurs audacieux? prennent pour la vérité. Ils ignorent que l'oeuvre d'art ne saurait vivre sans le rayon mystérieux qui fixe les plus laides choses dans une sphère sublimisée, sans cette buée d'or et d'argent qui enveloppe les lapins et les oignons de Chardin. La musique tend maintenant aussi à cette bassesse sordide, croit que la beauté morale apparaît plus claire quand elle est dégagée de toute beauté extérieure, a honte d'être un art. [?] Dans vos oeuvres profondes, sévères et palpitantes de vie, qu'elles soient implacables comme La Course du flambeau ou miséricordieuses comme L'Énigme, règnent toujours un goût, une élégance, une pudeur fière et sensible qui font qu'aux applaudissement d'ici bas se joignent, en silence, ceux de tous les grands équilibristes, Léonard de Vinci, Descartes, Voltaire, Mozart, de tous ceux qui tenant en main le balancier de la raison, planent dans cette belle lumière du doute, plus radieuse, plus douce mille fois que l'aveuglant et éphémère éclat des certitudes humaines»..
Live jeudi 18 juin 2015・14:00 (Europe/Paris)
Lot n°57

REYNALDO HAHN L.A.S., [février 1900], à Paul Hervieu; 4 pages in-8. Belle lettre de félicitations de son élection à l'Académie Française le 15 février 1900. «Je suis bien heureux d'apprendre votre grand succès. [?] vous représentez pour moi le contraire d'une école que je déteste, celle de la vulgarité, de la violence, de ce réalisme si faux et cent fois plus odieux que le naturalisme son prédécesseur, que les naïfs ?auteurs audacieux? prennent pour la vérité. Ils ignorent que l'oeuvre d'art ne saurait vivre sans le rayon mystérieux qui fixe les plus laides choses dans une sphère sublimisée, sans cette buée d'or et d'argent qui enveloppe les lapins et les oignons de Chardin. La musique tend maintenant aussi à cette bassesse sordide, croit que la beauté morale apparaît plus claire quand elle est dégagée de toute beauté extérieure, a honte d'être un art. [?] Dans vos oeuvres profondes, sévères et palpitantes de vie, qu'elles soient implacables comme La Course du flambeau ou miséricordieuses comme L'Énigme, règnent toujours un goût, une élégance, une pudeur fière et sensible qui font qu'aux applaudissement d'ici bas se joignent, en silence, ceux de tous les grands équilibristes, Léonard de Vinci, Descartes, Voltaire, Mozart, de tous ceux qui tenant en main le balancier de la raison, planent dans cette belle lumière du doute, plus radieuse, plus douce mille fois que l'aveuglant et éphémère éclat des certitudes humaines»..

Estimation
250 € - 300 €
Résultat
250 €
Frais de vente
0%
REYNALDO HAHN L.A.S., [février 1900], à Paul Hervieu; 4 pages in-8. Belle lettre de félicitations de son élection à l'Académie Française le 15 février 1900. «Je suis bien heureux d'apprendre votre grand succès. [?] vous représentez pour moi le contraire d'une école que je déteste, celle de la vulgarité, de la violence, de ce réalisme si faux et cent fois plus odieux que le naturalisme son prédécesseur, que les naïfs ?auteurs audacieux? prennent pour la vérité. Ils ignorent que l'oeuvre d'art ne saurait vivre sans le rayon mystérieux qui fixe les plus laides choses dans une sphère sublimisée, sans cette buée d'or et d'argent qui enveloppe les lapins et les oignons de Chardin. La musique tend maintenant aussi à cette bassesse sordide, croit que la beauté morale apparaît plus claire quand elle est dégagée de toute beauté extérieure, a honte d'être un art. [?] Dans vos oeuvres profondes, sévères et palpitantes de vie, qu'elles soient implacables comme La Course du flambeau ou miséricordieuses comme L'Énigme, règnent toujours un goût, une élégance, une pudeur fière et sensible qui font qu'aux applaudissement d'ici bas se joignent, en silence, ceux de tous les grands équilibristes, Léonard de Vinci, Descartes, Voltaire, Mozart, de tous ceux qui tenant en main le balancier de la raison, planent dans cette belle lumière du doute, plus radieuse, plus douce mille fois que l'aveuglant et éphémère éclat des certitudes humaines»..
Vente jeudi 18 juin 2015・14:00 (Europe/Paris)
Lieu de vente à venir 3 Rue Favart 75002 Paris