George SAND
L.A.S. «G. Sand», [Nohant] 3 mars 1862, à son ami le peintre Charles Marchal; 4 pages in-8 à son chiffre, enveloppe.{BR} Belle lettre sur son portrait par Charles Marchal, et sur la mort du jeune Lucien Villot (à l'âge de vingt ans, le 18 février).{BR} Elle n'a reçu «que de toutes petites réductions de mon portrait par les soins de Bouju, il y a déjà longtems, et rien des épreuves destinées à la vente. Faites que j'en aie et que je sache comment et où signer car la dimension y fait quelque chose. Et puis, si c'était venu horriblement, ces épreuves ? Enfin il me semble qu'on aurait dû ne pas m'oublier comme si ça ne me regardait pas, et je vous répète qu'on ne m'a absolument rien envoyé. Donc occupez-vous de ça tout de suite et tout de suite après, j'enverrai signature et autorisation». {BR} Elle n'était pas en colère contre son «cher gros, mais inquiète tout de bon. Nous étions si tristes ! et vous savez que quand on perd un ami, on se met à trembler pour tous les autres. On voit des catastrophes dans tous les retards de lettres. Pauvre Lucien ! Nous ne sommes pas consolés, et à tout instant nous le voyons là, riant et sautant, et nous aimant si bien ! Moi, je ne veux pas oublier ceux qui meurent, j'ai du courage puisqu'il en faut, mais c'est à la condition de pleurer tout mon saoul. Je ne crois pas à la mort, pourtant, j'ai la certitude que ce sera mieux ailleurs et qu'on s'aimera toujours. Mais en attendant, se quitter dans ce monde-ci, est bien terrible, et loin de refroidir l'amitié, cette séparation-là la réchauffe et l'exalte».{BR} Marchal a bien fait de disposer du dessin, et elle rapporte un propos vif de Manceau. «Il ne vous pardonnera que quand vous apporterez votre bataclan pour travailler ici. Faites-le si vous avez pour deux liards de bon sens, vous ne dépenserez rien et vous ne mangerez pas votre travail d'avance».{BR} Elle est un peu triste: «Je ne suis pas encore gaie, j'ai beau faire, et puis, Moricot [son fils Maurice] s'en va après-demain, et quan
Live mardi 14 avril 2015・14:00 (Europe/Paris)
Lot n°163

George SAND L.A.S. «G. Sand», [Nohant] 3 mars 1862, à son ami le peintre Charles Marchal; 4 pages in-8 à son chiffre, enveloppe.{BR} Belle lettre sur son portrait par Charles Marchal, et sur la mort du jeune Lucien Villot (à l'âge de vingt ans, le 18 février).{BR} Elle n'a reçu «que de toutes petites réductions de mon portrait par les soins de Bouju, il y a déjà longtems, et rien des épreuves destinées à la vente. Faites que j'en aie et que je sache comment et où signer car la dimension y fait quelque chose. Et puis, si c'était venu horriblement, ces épreuves ? Enfin il me semble qu'on aurait dû ne pas m'oublier comme si ça ne me regardait pas, et je vous répète qu'on ne m'a absolument rien envoyé. Donc occupez-vous de ça tout de suite et tout de suite après, j'enverrai signature et autorisation». {BR} Elle n'était pas en colère contre son «cher gros, mais inquiète tout de bon. Nous étions si tristes ! et vous savez que quand on perd un ami, on se met à trembler pour tous les autres. On voit des catastrophes dans tous les retards de lettres. Pauvre Lucien ! Nous ne sommes pas consolés, et à tout instant nous le voyons là, riant et sautant, et nous aimant si bien ! Moi, je ne veux pas oublier ceux qui meurent, j'ai du courage puisqu'il en faut, mais c'est à la condition de pleurer tout mon saoul. Je ne crois pas à la mort, pourtant, j'ai la certitude que ce sera mieux ailleurs et qu'on s'aimera toujours. Mais en attendant, se quitter dans ce monde-ci, est bien terrible, et loin de refroidir l'amitié, cette séparation-là la réchauffe et l'exalte».{BR} Marchal a bien fait de disposer du dessin, et elle rapporte un propos vif de Manceau. «Il ne vous pardonnera que quand vous apporterez votre bataclan pour travailler ici. Faites-le si vous avez pour deux liards de bon sens, vous ne dépenserez rien et vous ne mangerez pas votre travail d'avance».{BR} Elle est un peu triste: «Je ne suis pas encore gaie, j'ai beau faire, et puis, Moricot [son fils Maurice] s'en va après-demain, et quan

Estimation
1 000 € - 1 200 €
Résultat
1 000 €
Frais de vente
0%
George SAND L.A.S. «G. Sand», [Nohant] 3 mars 1862, à son ami le peintre Charles Marchal; 4 pages in-8 à son chiffre, enveloppe.{BR} Belle lettre sur son portrait par Charles Marchal, et sur la mort du jeune Lucien Villot (à l'âge de vingt ans, le 18 février).{BR} Elle n'a reçu «que de toutes petites réductions de mon portrait par les soins de Bouju, il y a déjà longtems, et rien des épreuves destinées à la vente. Faites que j'en aie et que je sache comment et où signer car la dimension y fait quelque chose. Et puis, si c'était venu horriblement, ces épreuves ? Enfin il me semble qu'on aurait dû ne pas m'oublier comme si ça ne me regardait pas, et je vous répète qu'on ne m'a absolument rien envoyé. Donc occupez-vous de ça tout de suite et tout de suite après, j'enverrai signature et autorisation». {BR} Elle n'était pas en colère contre son «cher gros, mais inquiète tout de bon. Nous étions si tristes ! et vous savez que quand on perd un ami, on se met à trembler pour tous les autres. On voit des catastrophes dans tous les retards de lettres. Pauvre Lucien ! Nous ne sommes pas consolés, et à tout instant nous le voyons là, riant et sautant, et nous aimant si bien ! Moi, je ne veux pas oublier ceux qui meurent, j'ai du courage puisqu'il en faut, mais c'est à la condition de pleurer tout mon saoul. Je ne crois pas à la mort, pourtant, j'ai la certitude que ce sera mieux ailleurs et qu'on s'aimera toujours. Mais en attendant, se quitter dans ce monde-ci, est bien terrible, et loin de refroidir l'amitié, cette séparation-là la réchauffe et l'exalte».{BR} Marchal a bien fait de disposer du dessin, et elle rapporte un propos vif de Manceau. «Il ne vous pardonnera que quand vous apporterez votre bataclan pour travailler ici. Faites-le si vous avez pour deux liards de bon sens, vous ne dépenserez rien et vous ne mangerez pas votre travail d'avance».{BR} Elle est un peu triste: «Je ne suis pas encore gaie, j'ai beau faire, et puis, Moricot [son fils Maurice] s'en va après-demain, et quan
Vente mardi 14 avril 2015・14:00 (Europe/Paris)
Lieu de vente à venir 3 Rue Favart 75002 Paris