Jacques BENOIST-MÉCHIN (1901-1983) historien. 9 L.A.S. «Jacques» (plus une incomplète), 1939-1940 et 1951-1953, à sa «chère Micheline»; 18 pages in-4 (défauts, déchir. et répar.).{CR}Curieuse et tendre correspondance à une amie. D’amical au début, le ton devient plus tendre; Micheline envoie des colis au soldat qui se défend de l’aimer: «Je ne puis vous aimer qu’à condition de détruire l’homme que je suis devenu, et qui m’assure que l’être nouveau qui surgira à sa place, ne vous fera pas horreur? Vous faites effraction dans ma vie, en pleine morte-saison, vous demandez à la terre gelée de porter des fleurs et des fruits. […] S’il s’agissait de feindre l’amour, ce serait bien facile. Mais il s’agit d’une chose autrement grace – puisqu’en fait je vous aime, mais que je me refuse encore à y croire – comme je me refuse à la vie»... Il est plein d’idées noires et a composé son épitaphe: «Ici repose/ un cœur/ plein d’armes, de jardins/ et de musique»… On suit le soldat au début de 1940 d’Orléans, à Blois, Bourges, puis Cosne… La correspondance reprend le 30 juin 1951 (alors qu’il est emprisonné à Clairvaux): «Le monstre (que je suis) veut terminer son demi-siècle en votre compagnie. À partir de demain, ce sera un monstre quinquagénaire»…Une autre lettre (31 juillet 1953) répond à l’envoi d’un livre sur les oiseaux et une rêverie sur le jardin, et évoque le sort du prisonnier...
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Jacques BENOIST-MÉCHIN (1901-1983) historien. 9 L.A.S. «Jacques» (plus une incomplète), 1939-1940 et 1951-1953, à sa «chère Micheline»; 18 pages in-4 (défauts, déchir. et répar.).{CR}Curieuse et tendre correspondance à une amie. D’amical au début, le ton devient plus tendre; Micheline envoie des colis au soldat qui se défend de l’aimer: «Je ne puis vous aimer qu’à condition de détruire l’homme que je suis devenu, et qui m’assure que l’être nouveau qui surgira à sa place, ne vous fera pas horreur? Vous faites effraction dans ma vie, en pleine morte-saison, vous demandez à la terre gelée de porter des fleurs et des fruits. […] S’il s’agissait de feindre l’amour, ce serait bien facile. Mais il s’agit d’une chose autrement grace – puisqu’en fait je vous aime, mais que je me refuse encore à y croire – comme je me refuse à la vie»... Il est plein d’idées noires et a composé son épitaphe: «Ici repose/ un cœur/ plein d’armes, de jardins/ et de musique»… On suit le soldat au début de 1940 d’Orléans, à Blois, Bourges, puis Cosne… La correspondance reprend le 30 juin 1951 (alors qu’il est emprisonné à Clairvaux): «Le monstre (que je suis) veut terminer son demi-siècle en votre compagnie. À partir de demain, ce sera un monstre quinquagénaire»…Une autre lettre (31 juillet 1953) répond à l’envoi d’un livre sur les oiseaux et une rêverie sur le jardin, et évoque le sort du prisonnier...
Vente
jeudi 4 décembre 2014・14:00 (Europe/Paris)
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3 Rue Favart
75002 Paris