Roger PEYREFITTE L.A.S., Paris lundi soir [décembre 1942 ?], [à Henry de Montherlant]; 2 pages in-8, en-tête Grand Hôtel Taranne. Belle lettre sur leur amitié. Impossible de dire sa joie : «J'ai rendu, à partir de votre petit mot le baiser qu'en rêve, j'avais reçu de vous : le baiser de paix, d'amitié, et de réconciliation. (Vous êtes "l'homme des baisers" comme Pérignon avait "les enfants du baiser" : je ne sais laquelle de "nos mères" vous baise la main). Que deux êtres ayant autant d'affinités que nous - souffrez que je me flatte un peu - puissent se fâcher plus de huit jours, - et, à l'avenir, se fâcher un seul jour, un seul moment, - ce serait vraiment trop bête. Je suis auprès de vous, suivant l'une de vos paroles, comme l'eau sur la rive; éloignez-vous, et je n'existe plus; je ne vois que du sable, que fuit même le soleil, et où je n'aurais qu'à disparaître. Sur ce rivage fertile et solide, fleuri et plein de chants, où jouent les Amours et les Muses, il n'y a qu'un petit vallon, qui est votre souci de certaines règles de l'"incertitude" puérile et honnête»... Il comprend «que vous pouviez avoir vos "irritations", comme j'ai les miennes, - et le droit d'une amitié aussi vraie que la mienne, doit, j'espère, vous ne doutez pas, être de ne pas les provoquer. Je suis sûr que, derrière les joies cruelles que vous sembliez étaler, il y avait le regret sincère de me faire une peine infinie. D'accord que je méritais peut-être une leçon, mais je vous en voulais d'avoir si mal - ou si bien - pris votre temps»... Etc
Estimation
300 € - 400 €
Résultat
650 €
Frais de vente
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Roger PEYREFITTE
L.A.S., Paris lundi soir [décembre 1942 ?], [à Henry de Montherlant]; 2 pages in-8, en-tête Grand Hôtel Taranne. Belle lettre sur leur amitié. Impossible de dire sa joie : «J'ai rendu, à partir de votre petit mot le baiser qu'en rêve, j'avais reçu de vous : le baiser de paix, d'amitié, et de réconciliation. (Vous êtes "l'homme des baisers" comme Pérignon avait "les enfants du baiser" : je ne sais laquelle de "nos mères" vous baise la main). Que deux êtres ayant autant d'affinités que nous - souffrez que je me flatte un peu - puissent se fâcher plus de huit jours, - et, à l'avenir, se fâcher un seul jour, un seul moment, - ce serait vraiment trop bête. Je suis auprès de vous, suivant l'une de vos paroles, comme l'eau sur la rive; éloignez-vous, et je n'existe plus; je ne vois que du sable, que fuit même le soleil, et où je n'aurais qu'à disparaître. Sur ce rivage fertile et solide, fleuri et plein de chants, où jouent les Amours et les Muses, il n'y a qu'un petit vallon, qui est votre souci de certaines règles de l'"incertitude" puérile et honnête»... Il comprend «que vous pouviez avoir vos "irritations", comme j'ai les miennes, - et le droit d'une amitié aussi vraie que la mienne, doit, j'espère, vous ne doutez pas, être de ne pas les provoquer. Je suis sûr que, derrière les joies cruelles que vous sembliez étaler, il y avait le regret sincère de me faire une peine infinie. D'accord que je méritais peut-être une leçon, mais je vous en voulais d'avoir si mal - ou si bien - pris votre temps»... Etc
Vente
mardi 20 mai 2014・14:00 (Europe/Paris)
Lieu de vente à venir
3 Rue Favart
75002 Paris