Albrecht Dürer (1471-1528) Hercule à la croisée des chemins, ou Les Effets de la jalousie. Vers 1498-1499. Burin. 220 x 318 [233 x 330 mm]. Bartsch 73 ; Hollstein 63 ; Meder 63 b. Très belle et brillante épreuve sur vergé mince, avec filigrane (petit pichet, Meder 158, daté vers 1498-1500) perceptible par transparence en pied à hauteur du monogramme, avant l'éraillure en travers du mollet droit. Les bords du cuivre très encrés. Trace de pli de séchage horizontal médian. Infimes épidermures visibles aux bords par transparence. Le coup de planche très finement affaibli en pied. Léger pli oblique visible dans l'angle inférieur gauche au verso. Petites marges (5 mm). Ex-coll. A. J. Hachette (Lugt 132). Timbre AABM (Lugt 3075). Cette gravure réalise une synthèse culturelle remarquable, fusionnant le naturalisme germanique avec l'idéal anatomique de la Renaissance italienne (Hercule vu de dos est un hommage au Combat d'hommes nus gravé par Antonio Pollaiuolo une trentaine d'années plus tôt). Le symbolisme du sujet reste partiellement mystérieux. Erwin Panofsky a démontré que la scène montre Hercule à la croisée de deux chemins moraux, dont le choix reste volontairement en suspens. On ignore s'il lève sa massue pour s'allier à la Vertu et exterminer le Vice, ou s'il s'interpose pour protéger le couple charnel (la Volupté et le satyre) d'un châtiment violent. Cette irrésolution symbolise la lutte intérieure de l'âme humaine face aux tentations. S'y rajoute une dimension domestique ayant trait à la jalousie, qui par sa violence détruit l'harmonie du couple. Le décor naturel renforce cette dualité. D'un côté s'ouvre une forêt dense et sombre (liée aux pulsions sauvages du satyre), tandis que de l'autre se dresse un paysage structuré, menant vers une forteresse ou une ville sur la colline, symbole de la civilisation, de la maîtrise de soi et de l'accomplissement par la Vertu.
Estimation
30 000 € - 40 000 €
Frais de vente
31,8%
Albrecht Dürer (1471-1528)
Hercule à la croisée des chemins, ou Les Effets de la jalousie. Vers 1498-1499. Burin. 220 x 318 [233 x 330 mm]. Bartsch 73 ; Hollstein 63 ; Meder 63 b. Très belle et brillante épreuve sur vergé mince, avec filigrane (petit pichet, Meder 158, daté vers 1498-1500) perceptible par transparence en pied à hauteur du monogramme, avant l'éraillure en travers du mollet droit. Les bords du cuivre très encrés. Trace de pli de séchage horizontal médian. Infimes épidermures visibles aux bords par transparence. Le coup de planche très finement affaibli en pied. Léger pli oblique visible dans l'angle inférieur gauche au verso. Petites marges (5 mm). Ex-coll. A. J. Hachette (Lugt 132). Timbre AABM (Lugt 3075).
Cette gravure réalise une synthèse culturelle remarquable, fusionnant le naturalisme germanique avec l'idéal anatomique de la Renaissance italienne (Hercule vu de dos est un hommage au Combat d'hommes nus gravé par Antonio Pollaiuolo une trentaine d'années plus tôt). Le symbolisme du sujet reste partiellement mystérieux. Erwin Panofsky a démontré que la scène montre Hercule à la croisée de deux chemins moraux, dont le choix reste volontairement en suspens. On ignore s'il lève sa massue pour s'allier à la Vertu et exterminer le Vice, ou s'il s'interpose pour protéger le couple charnel (la Volupté et le satyre) d'un châtiment violent. Cette irrésolution symbolise la lutte intérieure de l'âme humaine face aux tentations. S'y rajoute une dimension domestique ayant trait à la jalousie, qui par sa violence détruit l'harmonie du couple. Le décor naturel renforce cette dualité. D'un côté s'ouvre une forêt dense et sombre (liée aux pulsions sauvages du satyre), tandis que de l'autre se dresse un paysage structuré, menant vers une forteresse ou une ville sur la colline, symbole de la civilisation, de la maîtrise de soi et de l'accomplissement par la Vertu.
Vente
mardi 24 novembre・14:00 (Europe/Paris)
Lieu de vente à venir
3, rue Favart
75002 Paris