Jean COCTEAU (1889-1963). 7 L.A.S. « Jean », [vers 1911], à Natalia Trouhanowa ; 8 pages formats divers, 2 adresses.
Lettres enflammées du jeune poète à la célèbre danseuse. « Chère Natacha, Chaque fois que je bouge, le bracelet pousse un petit cri – n’est-ce pas charmant qu’il prenne la voix d’un oiseau pour vous rappeler à moi si tant est que ce soit utile, puisque je pense sans cesse à vous »… – « Je meurs du désir de vous voir. Où ? Quand ? […] la petite chanson du bracelet m’oblige à vous écrire »… – « Si par hasard j’ai fait quoique ce soit qui vous ait déplu il faut me le dire car votre silence étrange et les réponses de votre femme de chambre au téléphone me peinent beaucoup »… – [17 décembre]. Il regrette de ne pas être aussi à Londres : « Je vous embrasse par-dessus la mer hostile et pense à vos triomphes d’un cœur fidèle. Revenez-moi vite avec “Mama” »… – « Natacha chérie, Je vous souhaite de rester pareille à vous-même, c’est-à-dire éblouissante et bonne »… – « Fatigue, travail, convalescence des “fièvres Parisiennes” me voilà enfin sur un pied possible. Mes joues prennent une forme et comme je n’ai plus de moustache, vous ne me reconnaîtriez plus du tout ». Il flâne dans la ville, qui l’épouvante « comme un labyrinthe rempli de “minotaures” mais vous êtes une trop exquise Ariane pour que je n’essaye pas de tenter la lutte ». Il veut la voir et l’invite à goûter « dans le superbe et vide hôtel de Maisons Laffitte qui serait tout ahuri d’une si éclatante visite »… – « La belle chaleur interpose des ouates peu conductrices entre les amitiés les plus chères ! Quel silence monstrueux ! – Moi je pense à vous chaque jour depuis le matin turbulent comme vos mazurkes jusqu’au soir auguste comme vos “chopinades”. Ne pas s’embrasser pendant les plus radieux mois me semble un peu dur et je me fâche ! et je vous aime de tout mon cœur »… – « Je vous souhaite de rester pareille à vous-même, c’est-à-dire éblouissante et bonne »...
Live mardi 17 décembre 2013・14:00 (Europe/Paris)
Lot n°200

Jean COCTEAU (1889-1963). 7 L.A.S. « Jean », [vers 1911], à Natalia Trouhanowa ; 8 pages formats divers, 2 adresses. Lettres enflammées du jeune poète à la célèbre danseuse. « Chère Natacha, Chaque fois que je bouge, le bracelet pousse un petit cri – n’est-ce pas charmant qu’il prenne la voix d’un oiseau pour vous rappeler à moi si tant est que ce soit utile, puisque je pense sans cesse à vous »… – « Je meurs du désir de vous voir. Où ? Quand ? […] la petite chanson du bracelet m’oblige à vous écrire »… – « Si par hasard j’ai fait quoique ce soit qui vous ait déplu il faut me le dire car votre silence étrange et les réponses de votre femme de chambre au téléphone me peinent beaucoup »… – [17 décembre]. Il regrette de ne pas être aussi à Londres : « Je vous embrasse par-dessus la mer hostile et pense à vos triomphes d’un cœur fidèle. Revenez-moi vite avec “Mama” »… – « Natacha chérie, Je vous souhaite de rester pareille à vous-même, c’est-à-dire éblouissante et bonne »… – « Fatigue, travail, convalescence des “fièvres Parisiennes” me voilà enfin sur un pied possible. Mes joues prennent une forme et comme je n’ai plus de moustache, vous ne me reconnaîtriez plus du tout ». Il flâne dans la ville, qui l’épouvante « comme un labyrinthe rempli de “minotaures” mais vous êtes une trop exquise Ariane pour que je n’essaye pas de tenter la lutte ». Il veut la voir et l’invite à goûter « dans le superbe et vide hôtel de Maisons Laffitte qui serait tout ahuri d’une si éclatante visite »… – « La belle chaleur interpose des ouates peu conductrices entre les amitiés les plus chères ! Quel silence monstrueux ! – Moi je pense à vous chaque jour depuis le matin turbulent comme vos mazurkes jusqu’au soir auguste comme vos “chopinades”. Ne pas s’embrasser pendant les plus radieux mois me semble un peu dur et je me fâche ! et je vous aime de tout mon cœur »… – « Je vous souhaite de rester pareille à vous-même, c’est-à-dire éblouissante et bonne »...

Estimation
1 000 € - 1 500 €
Résultat
2 000 €
Frais de vente
0%
Jean COCTEAU (1889-1963). 7 L.A.S. « Jean », [vers 1911], à Natalia Trouhanowa ; 8 pages formats divers, 2 adresses. Lettres enflammées du jeune poète à la célèbre danseuse. « Chère Natacha, Chaque fois que je bouge, le bracelet pousse un petit cri – n’est-ce pas charmant qu’il prenne la voix d’un oiseau pour vous rappeler à moi si tant est que ce soit utile, puisque je pense sans cesse à vous »… – « Je meurs du désir de vous voir. Où ? Quand ? […] la petite chanson du bracelet m’oblige à vous écrire »… – « Si par hasard j’ai fait quoique ce soit qui vous ait déplu il faut me le dire car votre silence étrange et les réponses de votre femme de chambre au téléphone me peinent beaucoup »… – [17 décembre]. Il regrette de ne pas être aussi à Londres : « Je vous embrasse par-dessus la mer hostile et pense à vos triomphes d’un cœur fidèle. Revenez-moi vite avec “Mama” »… – « Natacha chérie, Je vous souhaite de rester pareille à vous-même, c’est-à-dire éblouissante et bonne »… – « Fatigue, travail, convalescence des “fièvres Parisiennes” me voilà enfin sur un pied possible. Mes joues prennent une forme et comme je n’ai plus de moustache, vous ne me reconnaîtriez plus du tout ». Il flâne dans la ville, qui l’épouvante « comme un labyrinthe rempli de “minotaures” mais vous êtes une trop exquise Ariane pour que je n’essaye pas de tenter la lutte ». Il veut la voir et l’invite à goûter « dans le superbe et vide hôtel de Maisons Laffitte qui serait tout ahuri d’une si éclatante visite »… – « La belle chaleur interpose des ouates peu conductrices entre les amitiés les plus chères ! Quel silence monstrueux ! – Moi je pense à vous chaque jour depuis le matin turbulent comme vos mazurkes jusqu’au soir auguste comme vos “chopinades”. Ne pas s’embrasser pendant les plus radieux mois me semble un peu dur et je me fâche ! et je vous aime de tout mon cœur »… – « Je vous souhaite de rester pareille à vous-même, c’est-à-dire éblouissante et bonne »...
Vente mardi 17 décembre 2013・14:00 (Europe/Paris)
Lieu de vente à venir 3, rue Favart 75002 Paris