Alphonse de LAMARTINE. L.A.S., Aix en Savoie 23 juillet [1830, à la marquise de Montcalm]; 4pages in-4.

Il a reçu sa lettre comme «une bonne fortune […] comme le vin fin après les vins plats. Ne craignez donc ni la fréquence, ni le griffonage, je vous déchiffre en un clin d’œil comme j’ai su en une visite déchiffrer et aimer votre personne et votre caractère». Il va partir pour le Saint-Bernard, Chamonix, la vallée d’Aoste, les lacs italiens et peut-être Turin. «Malgré l’incertitude de votre politique il faudra bien qu’elle se dénoue, et je ne vois pas qu’elle le puisse sans une semi violence. Les choses en sont à un point où tout passera, tant on est las, tant on a peur d’une rechute révolutionnaire, je l’ai toujours dit: le 8 août [1829, nomination du ministère ultra Polignac] était une révolution à lui tout seul. Dieu fasse qu’il n’en provoque pas une autre!»
Après avoir évoqué Delphine Gay, il avoue: «je ne suis pas poëte quand et comme je le voudrais. Il me faut un sentiment fort vrai infini, comme l’amour ou la piété ou l’admiration de la nature. Je vais me taire pendant 10 ou 12 ans puis vous aurez mon Poëme si Dieu me donne de l’écrire comme il m’a donné de le concevoir. Mais! hélas je vois bien de la prose entre le poème et moi sans compter une révolution! et ma misérable santé! Quant à la verve je ne m’en suis jamais senti davantage mais je la comprime et la réserve pour mon Énéide».
Il évoque enfin sa vie à Aix: «nous passons nos jours en bateau sur un beau lac et le soir au bal et le matin au bain. Vie de voluptueux! […] Nous oublions que nous sommes à dix lieues de la France, à dix jours d’un coup d’état»…
Live mercredi 14 octobre・14:00 (Europe/Paris)
Lot n°370

Alphonse de LAMARTINE. L.A.S., Aix en Savoie 23 juillet [1830, à la marquise de Montcalm]; 4pages in-4. Il a reçu sa lettre comme «une bonne fortune […] comme le vin fin après les vins plats. Ne craignez donc ni la fréquence, ni le griffonage, je vous déchiffre en un clin d’œil comme j’ai su en une visite déchiffrer et aimer votre personne et votre caractère». Il va partir pour le Saint-Bernard, Chamonix, la vallée d’Aoste, les lacs italiens et peut-être Turin. «Malgré l’incertitude de votre politique il faudra bien qu’elle se dénoue, et je ne vois pas qu’elle le puisse sans une semi violence. Les choses en sont à un point où tout passera, tant on est las, tant on a peur d’une rechute révolutionnaire, je l’ai toujours dit: le 8 août [1829, nomination du ministère ultra Polignac] était une révolution à lui tout seul. Dieu fasse qu’il n’en provoque pas une autre!» Après avoir évoqué Delphine Gay, il avoue: «je ne suis pas poëte quand et comme je le voudrais. Il me faut un sentiment fort vrai infini, comme l’amour ou la piété ou l’admiration de la nature. Je vais me taire pendant 10 ou 12 ans puis vous aurez mon Poëme si Dieu me donne de l’écrire comme il m’a donné de le concevoir. Mais! hélas je vois bien de la prose entre le poème et moi sans compter une révolution! et ma misérable santé! Quant à la verve je ne m’en suis jamais senti davantage mais je la comprime et la réserve pour mon Énéide». Il évoque enfin sa vie à Aix: «nous passons nos jours en bateau sur un beau lac et le soir au bal et le matin au bain. Vie de voluptueux! […] Nous oublions que nous sommes à dix lieues de la France, à dix jours d’un coup d’état»…

Estimation
500 € - 700 €
Résultat
659 €
Frais de vente
32%
Alphonse de LAMARTINE. L.A.S., Aix en Savoie 23 juillet [1830, à la marquise de Montcalm]; 4pages in-4. Il a reçu sa lettre comme «une bonne fortune […] comme le vin fin après les vins plats. Ne craignez donc ni la fréquence, ni le griffonage, je vous déchiffre en un clin d’œil comme j’ai su en une visite déchiffrer et aimer votre personne et votre caractère». Il va partir pour le Saint-Bernard, Chamonix, la vallée d’Aoste, les lacs italiens et peut-être Turin. «Malgré l’incertitude de votre politique il faudra bien qu’elle se dénoue, et je ne vois pas qu’elle le puisse sans une semi violence. Les choses en sont à un point où tout passera, tant on est las, tant on a peur d’une rechute révolutionnaire, je l’ai toujours dit: le 8 août [1829, nomination du ministère ultra Polignac] était une révolution à lui tout seul. Dieu fasse qu’il n’en provoque pas une autre!» Après avoir évoqué Delphine Gay, il avoue: «je ne suis pas poëte quand et comme je le voudrais. Il me faut un sentiment fort vrai infini, comme l’amour ou la piété ou l’admiration de la nature. Je vais me taire pendant 10 ou 12 ans puis vous aurez mon Poëme si Dieu me donne de l’écrire comme il m’a donné de le concevoir. Mais! hélas je vois bien de la prose entre le poème et moi sans compter une révolution! et ma misérable santé! Quant à la verve je ne m’en suis jamais senti davantage mais je la comprime et la réserve pour mon Énéide». Il évoque enfin sa vie à Aix: «nous passons nos jours en bateau sur un beau lac et le soir au bal et le matin au bain. Vie de voluptueux! […] Nous oublions que nous sommes à dix lieues de la France, à dix jours d’un coup d’état»…
Vente mercredi 14 octobre・14:00 (Europe/Paris)
Lieu de vente à venir 3, rue Favart 75002 Paris