Angélique de Fougeret, comtesse de MAUSSION (1772-1851). Manuscrit autographe, Memoires ou portraits de famille, [1814-1832] ; un volume in-4 (26 x 20 cm) de 142-69-[5] pages, reliure postérieure basane brune marbrée, armes et devise des Maussion sur le plat sup. Important manuscrit de mémoires, de la fin de l’Ancien Régime aux débuts de la monarchie de Juillet, et précieux témoignage sur la vie dans les prisons révolutionnaires. Ces mémoires ont été publiés, avec des variantes, sous le titre Rescapés de Thermidor, avec une préface du duc de Castries (Nouvelles Éditions Latines, 1975). Le manuscrit ne comprend pas les toutes dernières pages de l’ouvrage, «Suite et fin des mémoires» (p.169-184). Le manuscrit est rédigé à l’encre brune, d’une écriture lisible ; il présente des ratures et corrections, et des additions marginales. La première partie est datée: «fini le 8 avril 1814». À la fin de la 2e partie, on a noté tardivement au crayon: «Fait à Fossoy 18/4/1842 par Mme de Fougeret de Maussion. Relié par le cousin Louis de La Bastide» ; la date est celle de la «Suite et fin» (p. 184 de l’édition), rédigée dix ans après l’achèvement de la 2e partie, ce qui la date de 1832. Les 3 derniers feuillets du manuscrit sont la copie par la mémorialiste d’un «extrait du Moniteur du mercredi 11 décembre 1813» et d’un «extrait du compte rendu le 18 janvier 1814 des opérations du conseil d’administration de la Société de la Charité maternelle à Bordeaux» (p. 110-113 du livre). Ces mémoires, comme l’indique dès les premières lignes Mme de Maussion (par ailleurs auteur de six ouvrages publiés), ont été écrits pour ses enfants, mais ressuscitent «d’une manière frappante l’atmosphère d’une des époques les plus mouvementées de notre histoire, évoquée par une femme supérieure que ses dons n’empêchent jamais de rester simple et modeste. Il est impossible de lire ces Mémoires dépourvus de prétention sans être fréquemment ému et sans éprouver une sympathie profonde envers celle qui les a rédigés pour l’instruction et l’honneur de ses descendants» (duc de Castries). Mme de Maussion évoque d’abord sa jeunesse au château de Châteaurenard, dans le Gâtinais, ancien fief des Coligny ; sa famille et ses grands-pères, M. d’Outremont proche de la princesse de Talmont, et M. de Fougeret de Montbron, les amis de la famille, dont le docteur Trioson et l’abbé Coisnon ; la fondation par sa mère, avec Mme de Cossé et Mme Necker, de la Société de la Charité maternelle, sous la protection de Marie-Antoinette. Survient la Révolution ; toute la famille est arrêtée et emprisonnée à Port-Libre ; elle «trace un tableau remarquablement vivant de ces prisons de la Terreur» (duc de Castries), où elle croise le tragédien Larive, Malesherbes et sa famille, avec le redoutable appel des prisonniers pour la guillotine, parmi lesquels son père. Thermidor rend la liberté aux survivantes, et à Louis-Urbain de Maussion, qui les avait soutenues dans leur captivité, et qu’Angélique épouse (18 janvier 1795). Après l’évocation de sa belle-famille, le retour à Châteaurenard, dévasté par les villageois, et la vente du château, les Maussion s’installent à Paris ; en 1807, Angélique rachète à son beau-frère la terre de Fossoy. Maussion est nommé recteur de l’académie d’Amiens (1809-1815), où il se lie d’amitié avec le préfet La Tour du Pin-Gouvernet et sa femme. La première partie s’achève sur la maladie et la mort de la mère d’Angélique, le 13 septembre 1813, rédigée alors que la France attend le retour de la monarchie. La seconde partie s’ouvre sur le retour en France de Louis XVIII et son passage à Amiens ; à Maussion, qui espérait la préfecture, on préfère Alexandre de Lameth. Au retour de Napoléon, le fils aîné des Maussion suit Louis XVIII à Gand ; à sa rentrée en France, Maussion est nommé préfet de la Meuse, à Bar-le-Duc, et tente de tempérer la dureté de l’occupation russe ; il découvre, dans la maison du conventionnel Courtois, la dernière lettre de Marie-Antoinette ; à cette occasion, Angélique révèle que Mme de Tourzel avait songé à elle pour prendre la place de Marie-Antoinette afin de favoriser sa fuite. L’occupation prussienne se passe agréablement ; lors de sa visite à Ligny, le roi de Prusse décore Maussion, qui, en butte à des attaques, est mis à la retraite, avant d’être nommé au Conseil royal de l’Instruction publique. La famille s’installe à Fossoy, où elle reçoit Mme de Raigecourt, amie de Mme Élisabeth. Angélique de Maussion parle de la carrière de ses fils, de ses débuts littéraires et de ses ouvrages, de son activité à la Charité maternelle… La révolution de Juillet met son mari à la retraite, et il meurt le 4 novembre 1831: «Dans votre sein mon Dieu, c’est là que ma pensée
Estimation
4 000 € - 5 000 €
Résultat
5 275 €
Frais de vente
32%
Angélique de Fougeret, comtesse de MAUSSION (1772-1851). Manuscrit autographe, Memoires ou portraits de famille, [1814-1832] ; un volume in-4 (26 x 20 cm) de 142-69-[5] pages, reliure postérieure basane brune marbrée, armes et devise des Maussion sur le plat sup.
Important manuscrit de mémoires, de la fin de l’Ancien Régime aux débuts de la monarchie de Juillet, et précieux témoignage sur la vie dans les prisons révolutionnaires.
Ces mémoires ont été publiés, avec des variantes, sous le titre Rescapés de Thermidor, avec une préface du duc de Castries (Nouvelles Éditions Latines, 1975). Le manuscrit ne comprend pas les toutes dernières pages de l’ouvrage, «Suite et fin des mémoires» (p.169-184).
Le manuscrit est rédigé à l’encre brune, d’une écriture lisible ; il présente des ratures et corrections, et des additions marginales. La première partie est datée: «fini le 8 avril 1814». À la fin de la 2e partie, on a noté tardivement au crayon: «Fait à Fossoy 18/4/1842 par Mme de Fougeret de Maussion. Relié par le cousin Louis de La Bastide» ; la date est celle de la «Suite et fin» (p. 184 de l’édition), rédigée dix ans après l’achèvement de la 2e partie, ce qui la date de 1832. Les 3 derniers feuillets du manuscrit sont la copie par la mémorialiste d’un «extrait du Moniteur du mercredi 11 décembre 1813» et d’un «extrait du compte rendu le 18 janvier 1814 des opérations du conseil d’administration de la Société de la Charité maternelle à Bordeaux» (p. 110-113 du livre).
Ces mémoires, comme l’indique dès les premières lignes Mme de Maussion (par ailleurs auteur de six ouvrages publiés), ont été écrits pour ses enfants, mais ressuscitent «d’une manière frappante l’atmosphère d’une des époques les plus mouvementées de notre histoire, évoquée par une femme supérieure que ses dons n’empêchent jamais de rester simple et modeste. Il est impossible de lire ces Mémoires dépourvus de prétention sans être fréquemment ému et sans éprouver une sympathie profonde envers celle qui les a rédigés pour l’instruction et l’honneur de ses descendants» (duc de Castries).
Mme de Maussion évoque d’abord sa jeunesse au château de Châteaurenard, dans le Gâtinais, ancien fief des Coligny ; sa famille et ses grands-pères, M. d’Outremont proche de la princesse de Talmont, et M. de Fougeret de Montbron, les amis de la famille, dont le docteur Trioson et l’abbé Coisnon ; la fondation par sa mère, avec Mme de Cossé et Mme Necker, de la Société de la Charité maternelle, sous la protection de Marie-Antoinette. Survient la Révolution ; toute la famille est arrêtée et emprisonnée à Port-Libre ; elle «trace un tableau remarquablement vivant de ces prisons de la Terreur» (duc de Castries), où elle croise le tragédien Larive, Malesherbes et sa famille, avec le redoutable appel des prisonniers pour la guillotine, parmi lesquels son père. Thermidor rend la liberté aux survivantes, et à Louis-Urbain de Maussion, qui les avait soutenues dans leur captivité, et qu’Angélique épouse (18 janvier 1795). Après l’évocation de sa belle-famille, le retour à Châteaurenard, dévasté par les villageois, et la vente du château, les Maussion s’installent à Paris ; en 1807, Angélique rachète à son beau-frère la terre de Fossoy. Maussion est nommé recteur de l’académie d’Amiens (1809-1815), où il se lie d’amitié avec le préfet La Tour du Pin-Gouvernet et sa femme. La première partie s’achève sur la maladie et la mort de la mère d’Angélique, le 13 septembre 1813, rédigée alors que la France attend le retour de la monarchie.
La seconde partie s’ouvre sur le retour en France de Louis XVIII et son passage à Amiens ; à Maussion, qui espérait la préfecture, on préfère Alexandre de Lameth. Au retour de Napoléon, le fils aîné des Maussion suit Louis XVIII à Gand ; à sa rentrée en France, Maussion est nommé préfet de la Meuse, à Bar-le-Duc, et tente de tempérer la dureté de l’occupation russe ; il découvre, dans la maison du conventionnel Courtois, la dernière lettre de Marie-Antoinette ; à cette occasion, Angélique révèle que Mme de Tourzel avait songé à elle pour prendre la place de Marie-Antoinette afin de favoriser sa fuite. L’occupation prussienne se passe agréablement ; lors de sa visite à Ligny, le roi de Prusse décore Maussion, qui, en butte à des attaques, est mis à la retraite, avant d’être nommé au Conseil royal de l’Instruction publique. La famille s’installe à Fossoy, où elle reçoit Mme de Raigecourt, amie de Mme Élisabeth. Angélique de Maussion parle de la carrière de ses fils, de ses débuts littéraires et de ses ouvrages, de son activité à la Charité maternelle… La révolution de Juillet met son mari à la retraite, et il meurt le 4 novembre 1831: «Dans votre sein mon Dieu, c’est là que ma pensée
Vente
jeudi 21 mai・14:00 (Europe/Paris)
Lieu de vente à venir
3, rue Favart
75002 Paris