MARTINIQUE. Louis-François DUBUC (1759-1827). Manuscrit de 2 cahiers de correspondance, Fort-Royal, Saint-Pierre (Martinique), 1815-1816 ; 2 cahiers in-fol. de 13 et 9pages, brochés d’un ruban de soie verte (1er) et d’une cordelette rouge (2e), conservés dans un emboîtage toilé noir moderne.

Très intéressant document sur la Martinique au début de la Restauration.

[Planteur à la Martinique et porte-parole des colons martiniquais, Louis-François Dubuc prit le parti des Anglais pendant la Révolution et signa, en 1793, le traité de Whitehall qui mettait l’île sous protection britannique, en stipulant qu’elle retournerait à la France lors du retour des Bourbons. Une première occupation anglaise eut lieu de 1794 à 1802, puis une seconde de 1809 à 1814. À cette date, Dubuc fut nommé intendant de la Martinique par Louis XVIII. Il conserva son poste jusqu’en 1817, date de la suppression des intendants coloniaux.]

Le premier cahier de correspondance contient 9 copies de lettres, essentiellement au comte de La Châtre, et couvre la période du 5 mai au 9 août 1815. Le second contient 10 copies ou résumés de lettres, entre le 31 juillet et le 20 septembre 1816.

Cette correspondance évoque le retour de Napoléon, la volonté de conserver la colonie au Roi, et l’état d’esprit de la garnison ainsi que de la station maritime (5 mai 1815), l’appui de l’Angleterre et des puissances alliées aux navires portant le pavillon royal, les rumeurs d’une expédition anglaise contre la Martinique à partir de Sainte-Lucie, le démenti de cette rumeur et l’inutilité de céder la souveraineté de la Martinique à la Grande-Bretagne, la situation étant différente de celle de 1793 (14 mai). D’autres sujets sont traités: négociations entre le gouverneur, le comte de Vaugiraud, et Sir James Leith, pour faire débarquer les forces britanniques à Fort-Royal, afin de défendre l’île contre une attaque (13 juin 1815), exportations de denrées coloniales et augmentation des droits pour les navires étrangers (à l’exception des bâtiments anglais), interdiction de faire du commerce avec les ports de France tenus par «l’usurpateur», baisse du prix du sucre et du café (15 juin), cas de la Guadeloupe où le pavillon tricolore est arboré depuis un mois (17 juillet), défaite de Waterloo, attaque anglaise contre la Guadeloupe restée fidèle à l’Empereur, reprise du commerce et augmentation des recettes douanières (9 août). Citons la lettre du 14 mai: «Je n’ai pas [...] le plus léger doute sur la conduite de l’Angleterre relativement au pavillon de Sa Majesté avec qui elle est en alliance ; et si en conséquence de la violation du traité de Paris et de la déclaration du Congrès de Vienne en date du 13 mars dernier, des hostilités ont lieu de la part de l’Angleterre, contre le pavillon arboré de nouveau par Bonaparte et ses adhérents, le pavillon du Roi qui seul est véritablement celui de la France, sera non seulement respecté, mais encore protégé et défendu par les puissances alliées pour une cause commune»… Et celle du 9 août: ««L’expédition anglaise contre la Guadeloupe est réunie depuis plusieurs jours aux Saintes, et l’attaque a dû commencer avant-hier. Nous en attendons la nouvelle à tout instant. Il y a lieu d’espérer qu’on ne rencontrera pas de résistance. Elle serait vaine en définitif mais elle pourrait occasionner de grands maux. Il est à présumer que malgré quelques mesures inconsidérées et menaçantes des effervescents, les chefs seront assez maîtres de leurs mouvements, et assez sages pour capituler immédiatement»…

Le deuxième cahier traite également de différents sujets: arrêt de l’importation des farines américaines, afin de soutenir les prix (31 juillet 1816), importance du trafic maritime dans l’île (3 août), achat de marchandises par le gouvernement de Caracas (13 août), conflit entre Dubuc et le comte de Vaugiraud, d’abord au sujet du traitement des greffiers de la colonie (16 août et 2 septembre), puis au sujet du commerce avec les possessions espagnoles que Dubuc essaye de développer (10 septembre), etc. Citons la lettre du 2 septembre: ««Je sais que la désunion entre les deux administrateurs est nuisible au service […] M de Vaugiraud, à mon insu, a convoqué douze ou treize personnes qui se sont réunies en comité – avec président, secrétaire... et quelle composition – la majorité se composait d’hommes dont les uns sont connus par leur doctrine et leurs pratiques révolutionnaires et qui tous sont odieux à la colonie»… Etc.
Live jeudi 21 mai・14:00 (Europe/Paris)
Lot n°361

MARTINIQUE. Louis-François DUBUC (1759-1827). Manuscrit de 2 cahiers de correspondance, Fort-Royal, Saint-Pierre (Martinique), 1815-1816 ; 2 cahiers in-fol. de 13 et 9pages, brochés d’un ruban de soie verte (1er) et d’une cordelette rouge (2e), conservés dans un emboîtage toilé noir moderne. Très intéressant document sur la Martinique au début de la Restauration. [Planteur à la Martinique et porte-parole des colons martiniquais, Louis-François Dubuc prit le parti des Anglais pendant la Révolution et signa, en 1793, le traité de Whitehall qui mettait l’île sous protection britannique, en stipulant qu’elle retournerait à la France lors du retour des Bourbons. Une première occupation anglaise eut lieu de 1794 à 1802, puis une seconde de 1809 à 1814. À cette date, Dubuc fut nommé intendant de la Martinique par Louis XVIII. Il conserva son poste jusqu’en 1817, date de la suppression des intendants coloniaux.] Le premier cahier de correspondance contient 9 copies de lettres, essentiellement au comte de La Châtre, et couvre la période du 5 mai au 9 août 1815. Le second contient 10 copies ou résumés de lettres, entre le 31 juillet et le 20 septembre 1816. Cette correspondance évoque le retour de Napoléon, la volonté de conserver la colonie au Roi, et l’état d’esprit de la garnison ainsi que de la station maritime (5 mai 1815), l’appui de l’Angleterre et des puissances alliées aux navires portant le pavillon royal, les rumeurs d’une expédition anglaise contre la Martinique à partir de Sainte-Lucie, le démenti de cette rumeur et l’inutilité de céder la souveraineté de la Martinique à la Grande-Bretagne, la situation étant différente de celle de 1793 (14 mai). D’autres sujets sont traités: négociations entre le gouverneur, le comte de Vaugiraud, et Sir James Leith, pour faire débarquer les forces britanniques à Fort-Royal, afin de défendre l’île contre une attaque (13 juin 1815), exportations de denrées coloniales et augmentation des droits pour les navires étrangers (à l’exception des bâtiments anglais), interdiction de faire du commerce avec les ports de France tenus par «l’usurpateur», baisse du prix du sucre et du café (15 juin), cas de la Guadeloupe où le pavillon tricolore est arboré depuis un mois (17 juillet), défaite de Waterloo, attaque anglaise contre la Guadeloupe restée fidèle à l’Empereur, reprise du commerce et augmentation des recettes douanières (9 août). Citons la lettre du 14 mai: «Je n’ai pas [...] le plus léger doute sur la conduite de l’Angleterre relativement au pavillon de Sa Majesté avec qui elle est en alliance ; et si en conséquence de la violation du traité de Paris et de la déclaration du Congrès de Vienne en date du 13 mars dernier, des hostilités ont lieu de la part de l’Angleterre, contre le pavillon arboré de nouveau par Bonaparte et ses adhérents, le pavillon du Roi qui seul est véritablement celui de la France, sera non seulement respecté, mais encore protégé et défendu par les puissances alliées pour une cause commune»… Et celle du 9 août: ««L’expédition anglaise contre la Guadeloupe est réunie depuis plusieurs jours aux Saintes, et l’attaque a dû commencer avant-hier. Nous en attendons la nouvelle à tout instant. Il y a lieu d’espérer qu’on ne rencontrera pas de résistance. Elle serait vaine en définitif mais elle pourrait occasionner de grands maux. Il est à présumer que malgré quelques mesures inconsidérées et menaçantes des effervescents, les chefs seront assez maîtres de leurs mouvements, et assez sages pour capituler immédiatement»… Le deuxième cahier traite également de différents sujets: arrêt de l’importation des farines américaines, afin de soutenir les prix (31 juillet 1816), importance du trafic maritime dans l’île (3 août), achat de marchandises par le gouvernement de Caracas (13 août), conflit entre Dubuc et le comte de Vaugiraud, d’abord au sujet du traitement des greffiers de la colonie (16 août et 2 septembre), puis au sujet du commerce avec les possessions espagnoles que Dubuc essaye de développer (10 septembre), etc. Citons la lettre du 2 septembre: ««Je sais que la désunion entre les deux administrateurs est nuisible au service […] M de Vaugiraud, à mon insu, a convoqué douze ou treize personnes qui se sont réunies en comité – avec président, secrétaire... et quelle composition – la majorité se composait d’hommes dont les uns sont connus par leur doctrine et leurs pratiques révolutionnaires et qui tous sont odieux à la colonie»… Etc.

Estimation
1 000 € - 1 200 €
Résultat
1 319 €
Frais de vente
32%
MARTINIQUE. Louis-François DUBUC (1759-1827). Manuscrit de 2 cahiers de correspondance, Fort-Royal, Saint-Pierre (Martinique), 1815-1816 ; 2 cahiers in-fol. de 13 et 9pages, brochés d’un ruban de soie verte (1er) et d’une cordelette rouge (2e), conservés dans un emboîtage toilé noir moderne. Très intéressant document sur la Martinique au début de la Restauration. [Planteur à la Martinique et porte-parole des colons martiniquais, Louis-François Dubuc prit le parti des Anglais pendant la Révolution et signa, en 1793, le traité de Whitehall qui mettait l’île sous protection britannique, en stipulant qu’elle retournerait à la France lors du retour des Bourbons. Une première occupation anglaise eut lieu de 1794 à 1802, puis une seconde de 1809 à 1814. À cette date, Dubuc fut nommé intendant de la Martinique par Louis XVIII. Il conserva son poste jusqu’en 1817, date de la suppression des intendants coloniaux.] Le premier cahier de correspondance contient 9 copies de lettres, essentiellement au comte de La Châtre, et couvre la période du 5 mai au 9 août 1815. Le second contient 10 copies ou résumés de lettres, entre le 31 juillet et le 20 septembre 1816. Cette correspondance évoque le retour de Napoléon, la volonté de conserver la colonie au Roi, et l’état d’esprit de la garnison ainsi que de la station maritime (5 mai 1815), l’appui de l’Angleterre et des puissances alliées aux navires portant le pavillon royal, les rumeurs d’une expédition anglaise contre la Martinique à partir de Sainte-Lucie, le démenti de cette rumeur et l’inutilité de céder la souveraineté de la Martinique à la Grande-Bretagne, la situation étant différente de celle de 1793 (14 mai). D’autres sujets sont traités: négociations entre le gouverneur, le comte de Vaugiraud, et Sir James Leith, pour faire débarquer les forces britanniques à Fort-Royal, afin de défendre l’île contre une attaque (13 juin 1815), exportations de denrées coloniales et augmentation des droits pour les navires étrangers (à l’exception des bâtiments anglais), interdiction de faire du commerce avec les ports de France tenus par «l’usurpateur», baisse du prix du sucre et du café (15 juin), cas de la Guadeloupe où le pavillon tricolore est arboré depuis un mois (17 juillet), défaite de Waterloo, attaque anglaise contre la Guadeloupe restée fidèle à l’Empereur, reprise du commerce et augmentation des recettes douanières (9 août). Citons la lettre du 14 mai: «Je n’ai pas [...] le plus léger doute sur la conduite de l’Angleterre relativement au pavillon de Sa Majesté avec qui elle est en alliance ; et si en conséquence de la violation du traité de Paris et de la déclaration du Congrès de Vienne en date du 13 mars dernier, des hostilités ont lieu de la part de l’Angleterre, contre le pavillon arboré de nouveau par Bonaparte et ses adhérents, le pavillon du Roi qui seul est véritablement celui de la France, sera non seulement respecté, mais encore protégé et défendu par les puissances alliées pour une cause commune»… Et celle du 9 août: ««L’expédition anglaise contre la Guadeloupe est réunie depuis plusieurs jours aux Saintes, et l’attaque a dû commencer avant-hier. Nous en attendons la nouvelle à tout instant. Il y a lieu d’espérer qu’on ne rencontrera pas de résistance. Elle serait vaine en définitif mais elle pourrait occasionner de grands maux. Il est à présumer que malgré quelques mesures inconsidérées et menaçantes des effervescents, les chefs seront assez maîtres de leurs mouvements, et assez sages pour capituler immédiatement»… Le deuxième cahier traite également de différents sujets: arrêt de l’importation des farines américaines, afin de soutenir les prix (31 juillet 1816), importance du trafic maritime dans l’île (3 août), achat de marchandises par le gouvernement de Caracas (13 août), conflit entre Dubuc et le comte de Vaugiraud, d’abord au sujet du traitement des greffiers de la colonie (16 août et 2 septembre), puis au sujet du commerce avec les possessions espagnoles que Dubuc essaye de développer (10 septembre), etc. Citons la lettre du 2 septembre: ««Je sais que la désunion entre les deux administrateurs est nuisible au service […] M de Vaugiraud, à mon insu, a convoqué douze ou treize personnes qui se sont réunies en comité – avec président, secrétaire... et quelle composition – la majorité se composait d’hommes dont les uns sont connus par leur doctrine et leurs pratiques révolutionnaires et qui tous sont odieux à la colonie»… Etc.
Vente jeudi 21 mai・14:00 (Europe/Paris)
Lieu de vente à venir 3, rue Favart 75002 Paris