LOUISE-MARIE DE FRANCE. L.A.S. «Sr Thérèse de St Augustin R. I.», [Carmel de Saint-Denis] 28 juin 1784, [au cardinal de Bernis] ; 4 pages in-4.

Belle et longue lettre sur la visite du Roi de Suède Gustave III au Carmel.

Elle a eu la visite du Roi de Suède qui l’a un peu embarrassée. Il est arrivé avec une petite suite et il n’est d’abord pas reconnu par les sœurs tourières, puis fut introduit «dans le grand parloir (ou est la porte par ou la famille Royalle entre) jouvris la grille et luy demandé comment il vouloit que je le traitte il me dit je suis le comte de (je ne scait plus quoy) [Gustave III voyageait sous le nom de comte de Haga] mais je veux entrer je fut chercher nôtre Mere et quelquautres et des grands voilles et nous lui ouvrimes la porte pendant que la communauté s’assembloit pour luy estre présenté. Je le menois dans lappartement qu’on a fait pour la famille royal». Elle relate ses échanges avec le Roi qui «me parla beaucoup du feu Roy» [Louis XV], et aussi de Bernis. Il voulut visiter la maison et le chœur: «Nous nous misme a genouil luy point ensuitte après avoir fait une courte prierre», il examina une statue de la Sainte Vierge «qui est assez belle quoyque de pierre il me dit cest comme cela chez nous car nous avons gardé beaucoup du rit romain». Puis il orienta la conversation vers l’empereur [Joseph II] et ses réformes touchant la religion: «Sa mere nétoit pas morte il nauroit pas osé cest un homme terriblement vif je me suis trouvé a Rome pendant quil y étoit jay vû lheure quil alloit y avoir un schismes a Millan Mais le pape est tollerent et il a cédé. Je luy répondi que quand cela ne regardoit pas le dogme on pouvoit céder c’est la seule chose quil maye dit qui ne maye pas plu Mais en bon luterien il a crû donner une louange a N. St père il ne tarissoit pas sur son compte […] il a fort examiné nôtre cellulle et s’est assis sir notre paillace qui a trouvé un peu dur ce qui ma fait plaisir quil a le plus admiré est la simplicité de nôtre Maison». Il est resté une heure, a visité le réfectoire mais n’a pu voir le jardin car il pleuvait… Elle ajoute pour finir qu’elle n’aime pas les «visittes du monde que pour la sienne je la désirois parce que je savois les sentiments que le feu roy avoit pour luy et la liaison quil y avoit toujours eû entre la Suède et la Franca il a parû comtend».
Live jeudi 21 mai・14:00 (Europe/Paris)
Lot n°342

LOUISE-MARIE DE FRANCE. L.A.S. «Sr Thérèse de St Augustin R. I.», [Carmel de Saint-Denis] 28 juin 1784, [au cardinal de Bernis] ; 4 pages in-4. Belle et longue lettre sur la visite du Roi de Suède Gustave III au Carmel. Elle a eu la visite du Roi de Suède qui l’a un peu embarrassée. Il est arrivé avec une petite suite et il n’est d’abord pas reconnu par les sœurs tourières, puis fut introduit «dans le grand parloir (ou est la porte par ou la famille Royalle entre) jouvris la grille et luy demandé comment il vouloit que je le traitte il me dit je suis le comte de (je ne scait plus quoy) [Gustave III voyageait sous le nom de comte de Haga] mais je veux entrer je fut chercher nôtre Mere et quelquautres et des grands voilles et nous lui ouvrimes la porte pendant que la communauté s’assembloit pour luy estre présenté. Je le menois dans lappartement qu’on a fait pour la famille royal». Elle relate ses échanges avec le Roi qui «me parla beaucoup du feu Roy» [Louis XV], et aussi de Bernis. Il voulut visiter la maison et le chœur: «Nous nous misme a genouil luy point ensuitte après avoir fait une courte prierre», il examina une statue de la Sainte Vierge «qui est assez belle quoyque de pierre il me dit cest comme cela chez nous car nous avons gardé beaucoup du rit romain». Puis il orienta la conversation vers l’empereur [Joseph II] et ses réformes touchant la religion: «Sa mere nétoit pas morte il nauroit pas osé cest un homme terriblement vif je me suis trouvé a Rome pendant quil y étoit jay vû lheure quil alloit y avoir un schismes a Millan Mais le pape est tollerent et il a cédé. Je luy répondi que quand cela ne regardoit pas le dogme on pouvoit céder c’est la seule chose quil maye dit qui ne maye pas plu Mais en bon luterien il a crû donner une louange a N. St père il ne tarissoit pas sur son compte […] il a fort examiné nôtre cellulle et s’est assis sir notre paillace qui a trouvé un peu dur ce qui ma fait plaisir quil a le plus admiré est la simplicité de nôtre Maison». Il est resté une heure, a visité le réfectoire mais n’a pu voir le jardin car il pleuvait… Elle ajoute pour finir qu’elle n’aime pas les «visittes du monde que pour la sienne je la désirois parce que je savois les sentiments que le feu roy avoit pour luy et la liaison quil y avoit toujours eû entre la Suède et la Franca il a parû comtend».

Estimation
1 200 € - 1 500 €
Résultat
1 451 €
Frais de vente
32%
LOUISE-MARIE DE FRANCE. L.A.S. «Sr Thérèse de St Augustin R. I.», [Carmel de Saint-Denis] 28 juin 1784, [au cardinal de Bernis] ; 4 pages in-4. Belle et longue lettre sur la visite du Roi de Suède Gustave III au Carmel. Elle a eu la visite du Roi de Suède qui l’a un peu embarrassée. Il est arrivé avec une petite suite et il n’est d’abord pas reconnu par les sœurs tourières, puis fut introduit «dans le grand parloir (ou est la porte par ou la famille Royalle entre) jouvris la grille et luy demandé comment il vouloit que je le traitte il me dit je suis le comte de (je ne scait plus quoy) [Gustave III voyageait sous le nom de comte de Haga] mais je veux entrer je fut chercher nôtre Mere et quelquautres et des grands voilles et nous lui ouvrimes la porte pendant que la communauté s’assembloit pour luy estre présenté. Je le menois dans lappartement qu’on a fait pour la famille royal». Elle relate ses échanges avec le Roi qui «me parla beaucoup du feu Roy» [Louis XV], et aussi de Bernis. Il voulut visiter la maison et le chœur: «Nous nous misme a genouil luy point ensuitte après avoir fait une courte prierre», il examina une statue de la Sainte Vierge «qui est assez belle quoyque de pierre il me dit cest comme cela chez nous car nous avons gardé beaucoup du rit romain». Puis il orienta la conversation vers l’empereur [Joseph II] et ses réformes touchant la religion: «Sa mere nétoit pas morte il nauroit pas osé cest un homme terriblement vif je me suis trouvé a Rome pendant quil y étoit jay vû lheure quil alloit y avoir un schismes a Millan Mais le pape est tollerent et il a cédé. Je luy répondi que quand cela ne regardoit pas le dogme on pouvoit céder c’est la seule chose quil maye dit qui ne maye pas plu Mais en bon luterien il a crû donner une louange a N. St père il ne tarissoit pas sur son compte […] il a fort examiné nôtre cellulle et s’est assis sir notre paillace qui a trouvé un peu dur ce qui ma fait plaisir quil a le plus admiré est la simplicité de nôtre Maison». Il est resté une heure, a visité le réfectoire mais n’a pu voir le jardin car il pleuvait… Elle ajoute pour finir qu’elle n’aime pas les «visittes du monde que pour la sienne je la désirois parce que je savois les sentiments que le feu roy avoit pour luy et la liaison quil y avoit toujours eû entre la Suède et la Franca il a parû comtend».
Vente jeudi 21 mai・14:00 (Europe/Paris)
Lieu de vente à venir 3, rue Favart 75002 Paris