LOUIS XVIII. L.A., [Turin] 9 [mai 1794], à «mon cher Baron» [de Flachslanden] ; 2pages in-4. Intéressante lettre sur ses tribulations. [Louis XVIII, qui essayait de se soustraire à la semi-captivité dans laquelle le retenait l’Empereur d’Autriche, ayant reçu une adresse des royalistes de Toulon, qui venaient de livrer la ville aux Anglais, lui demandant de venir se mettre à leur tête, gagna au plus vite Turin pour, de là, se rendre à Gênes et Toulon. Il arriva trop tard. L’armée française avait coupé tous les passages et forcé le Col de Tende le 29 avril. Le Roi Victor-Amédée n’avait d’espoir qu’en l’Autriche et ne tenait pas à avoir auprès de lui son trop compromettant gendre.] «Vous sçavez sûrement [...] que le col de Tende est forcé. En m’apprenant cette nouvelle, le Roi [Victor-Amédée] m’a déclaré qu’il falloit partir, je n’ai insisté que pour obtenir la permission de le suivre à son armée et sur son refus formel et positif, je lui ai dit que sous trois jours, je ne serois plus ici, il étoit devenu impossible d’en agir autrement. Nous causerons de cette affaire ce soir, c’est-à-dire, de la meilleure route à prendre pour arriver à Parme, où j’ai heureusement prévenu l’Infant que je serois peutêtre bientôt». Il parle ensuite des subsides, annoncés depuis longtemps d’Espagne, qui sont arrivés le matin même, 96.000 livres en assignats. D’Ulloa (ambassadeur d’Espagne à Turin) «m’a proposé lui-même de les faire changer par M. de Saint-Alban» ; ainsi «la Cour d’Espagne sçaura au juste ce qu’ils m’auront rapporté»… Il pense partir le dimanche ou le lundi pour Parme et y passer huit jours, aller ensuite à Vérone pendant trois semaines ; il peut ainsi «raisonnablement espérer de recevoir en Italie la réponse d’Espagne»… Il attend le baron le soir même, ainsi que Vintimille…
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LOUIS XVIII. L.A., [Turin] 9 [mai 1794], à «mon cher Baron» [de Flachslanden] ; 2pages in-4.
Intéressante lettre sur ses tribulations.
[Louis XVIII, qui essayait de se soustraire à la semi-captivité dans laquelle le retenait l’Empereur d’Autriche, ayant reçu une adresse des royalistes de Toulon, qui venaient de livrer la ville aux Anglais, lui demandant de venir se mettre à leur tête, gagna au plus vite Turin pour, de là, se rendre à Gênes et Toulon. Il arriva trop tard. L’armée française avait coupé tous les passages et forcé le Col de Tende le 29 avril. Le Roi Victor-Amédée n’avait d’espoir qu’en l’Autriche et ne tenait pas à avoir auprès de lui son trop compromettant gendre.]
«Vous sçavez sûrement [...] que le col de Tende est forcé. En m’apprenant cette nouvelle, le Roi [Victor-Amédée] m’a déclaré qu’il falloit partir, je n’ai insisté que pour obtenir la permission de le suivre à son armée et sur son refus formel et positif, je lui ai dit que sous trois jours, je ne serois plus ici, il étoit devenu impossible d’en agir autrement. Nous causerons de cette affaire ce soir, c’est-à-dire, de la meilleure route à prendre pour arriver à Parme, où j’ai heureusement prévenu l’Infant que je serois peutêtre bientôt». Il parle ensuite des subsides, annoncés depuis longtemps d’Espagne, qui sont arrivés le matin même, 96.000 livres en assignats. D’Ulloa (ambassadeur d’Espagne à Turin) «m’a proposé lui-même de les faire changer par M. de Saint-Alban» ; ainsi «la Cour d’Espagne sçaura au juste ce qu’ils m’auront rapporté»… Il pense partir le dimanche ou le lundi pour Parme et y passer huit jours, aller ensuite à Vérone pendant trois semaines ; il peut ainsi «raisonnablement espérer de recevoir en Italie la réponse d’Espagne»… Il attend le baron le soir même, ainsi que Vintimille…
Vente
jeudi 21 mai・14:00 (Europe/Paris)
Lieu de vente à venir
3, rue Favart
75002 Paris