JOURNÉE DU 20 JUIN 1792. L.A.S. par DEMAILLES, Paris 27 juillet 1792, à un ami ; 8 pages in-fol. Longue et très intéressante lettre sur la journée du 20 juin 1792, où le peuple envahit les Tuileries et força Louis XVI à coiffer le bonnet phrygien et à boire à la santé de la nation ; mais Louis XVI refusa de rappeler les ministres et de retirer son veto. Demailles, après avoir servi le Prince de Béthune qui voulait soulever les Pays-Bas et devenir Duc de Brabant, est devenu employé à la Caisse de l’Extraordinaire, dont Amelot est administrateur. Sa première mésaventure révolutionnaire remonte au début de juillet 1792 lorsqu’il voulut secourir un homme poursuivi par la populace pour avoir défendu Lafayette ; il fut à son tour roué de coups, traîné dans le ruisseau, et n’échappa à la mort qu’en se réfugiant dans une maison dont il put s’échapper à la nuit grâce à un déguisement... Suit le récit de la journée du 20 juin, Demailles insistant sur la conduite héroïque de Madame Élisabeth: «vous aurez su les atrocités commises envers le Roi et sa famille ainsi que la fermeté que le Monarque à montré et que bien des gens affectoient de le croire incapable, je puis vous assurer qu’il étoit presqu’impossible de croire que ce jour n’était pas le dernier du Roi ; entre les personnes qui l’on préservée de coups qu’on vouloit lui porter, Madame Elizabeth peut être comptée pour celle qui y a le plus contribuée, car ayant saisi le Roi par le pan de son habit elle ne le quitta qu’au moment ou les scelerats qui avoient investi le chateau en furent dehors, et elle leur cria plusieurs fois, vous n’approcherez du Roi que quand vous m’aurez marché sur le corps ; la vertu de cette Princesse s’est montré dans tout son jour dans cet événement que la posterité aura peine à croire, les deux traits suivant suffiront pour vous en convaincre. Un des brigands qui en voulaient le plus aux jours du Roi s’étant approché d’elle assés près pour la toucher de la pique dont il étoit armé, elle lui dit avec bonté en le prenant par le bras, mon ami je sais bien que vous n’avez pas envie de me faire mal, ainsi détournez donc votre arme avec laquelle vous pourriez me blesser sans le vouloir. Ensuite dans le moment ou la seconde horde d’assassins entrerent dans l’appartement ou elle étoit avec le Roi, en criant, ou est-elle l’autrichienne il nous faut sa tête, Madame Elizabeth entendant ces cris repeta plusieurs fois ces paroles à Mr de Bougainville qui n’avoit pas quitté le Roi: ah ! mon Dieu s’ils pouvoient me prendre pour la Reine ! Elle profera ces paroles assez hautes pour être entendues de ceux qui l’entouraient ainsi que du Roi, qui la pressant contre son cœur s’efforçait de lui persuader qu’il étoit sans inquietude pour lui ainsi que la Reine au milieu des assassins que sa bonté appeloit encore son peuple»... Lafayette est «en butte à la vengeance des Jacobins», que Demailles appelle plus loin «Jacoquins»... La lettre se termine par le récit de l’agression de d’Éprémesnil au Palais-Royal, «indignement massacré à coups de sabre par des fédérés [...] après avoir recu quinze coups de sabre il fut arraché nud des mains de ses assassins et il est peut être expiré maintenant»... On joint 2 imprimés du 22 juin 1792: Proclamation du Roi, Sur les Événemens du 20 Juin (impr. du Var) et Proclamation de l’Assemblée Nationale (impr. à Vannes).
Estimation
800 € - 1 000 €
Résultat
2 638 €
Frais de vente
32%
JOURNÉE DU 20 JUIN 1792. L.A.S. par DEMAILLES, Paris 27 juillet 1792, à un ami ; 8 pages in-fol.
Longue et très intéressante lettre sur la journée du 20 juin 1792, où le peuple envahit les Tuileries et força Louis XVI à coiffer le bonnet phrygien et à boire à la santé de la nation ; mais Louis XVI refusa de rappeler les ministres et de retirer son veto.
Demailles, après avoir servi le Prince de Béthune qui voulait soulever les Pays-Bas et devenir Duc de Brabant, est devenu employé à la Caisse de l’Extraordinaire, dont Amelot est administrateur. Sa première mésaventure révolutionnaire remonte au début de juillet 1792 lorsqu’il voulut secourir un homme poursuivi par la populace pour avoir défendu Lafayette ; il fut à son tour roué de coups, traîné dans le ruisseau, et n’échappa à la mort qu’en se réfugiant dans une maison dont il put s’échapper à la nuit grâce à un déguisement... Suit le récit de la journée du 20 juin, Demailles insistant sur la conduite héroïque de Madame Élisabeth: «vous aurez su les atrocités commises envers le Roi et sa famille ainsi que la fermeté que le Monarque à montré et que bien des gens affectoient de le croire incapable, je puis vous assurer qu’il étoit presqu’impossible de croire que ce jour n’était pas le dernier du Roi ; entre les personnes qui l’on préservée de coups qu’on vouloit lui porter, Madame Elizabeth peut être comptée pour celle qui y a le plus contribuée, car ayant saisi le Roi par le pan de son habit elle ne le quitta qu’au moment ou les scelerats qui avoient investi le chateau en furent dehors, et elle leur cria plusieurs fois, vous n’approcherez du Roi que quand vous m’aurez marché sur le corps ; la vertu de cette Princesse s’est montré dans tout son jour dans cet événement que la posterité aura peine à croire, les deux traits suivant suffiront pour vous en convaincre. Un des brigands qui en voulaient le plus aux jours du Roi s’étant approché d’elle assés près pour la toucher de la pique dont il étoit armé, elle lui dit avec bonté en le prenant par le bras, mon ami je sais bien que vous n’avez pas envie de me faire mal, ainsi détournez donc votre arme avec laquelle vous pourriez me blesser sans le vouloir. Ensuite dans le moment ou la seconde horde d’assassins entrerent dans l’appartement ou elle étoit avec le Roi, en criant, ou est-elle l’autrichienne il nous faut sa tête, Madame Elizabeth entendant ces cris repeta plusieurs fois ces paroles à Mr de Bougainville qui n’avoit pas quitté le Roi: ah ! mon Dieu s’ils pouvoient me prendre pour la Reine ! Elle profera ces paroles assez hautes pour être entendues de ceux qui l’entouraient ainsi que du Roi, qui la pressant contre son cœur s’efforçait de lui persuader qu’il étoit sans inquietude pour lui ainsi que la Reine au milieu des assassins que sa bonté appeloit encore son peuple»... Lafayette est «en butte à la vengeance des Jacobins», que Demailles appelle plus loin «Jacoquins»... La lettre se termine par le récit de l’agression de d’Éprémesnil au Palais-Royal, «indignement massacré à coups de sabre par des fédérés [...] après avoir recu quinze coups de sabre il fut arraché nud des mains de ses assassins et il est peut être expiré maintenant»...
On joint 2 imprimés du 22 juin 1792: Proclamation du Roi, Sur les Événemens du 20 Juin (impr. du Var) et Proclamation de l’Assemblée Nationale (impr. à Vannes).
Vente
jeudi 21 mai・14:00 (Europe/Paris)
Lieu de vente à venir
3, rue Favart
75002 Paris