Charles de frotté, capitaine, frère du comte Louis de Frotté, le chef de la chouannerie normande. 5 L.A.S. et 4 L.A.,1799-1802, la plupart à son père, le comte Henri de Frotté ; 40pages in-fol. ou in-4, une adresse.

Intéressante correspondance d’un émigré au service de l’Angleterre.

Château des Dardanelles 8 mars 1799, à son frère Louis de Frotté. Il est parti pour la grande expédition ; auparavant, ils n’avaient point de «nouvelles fraîches sur la situation de Bonaparte en Egipte»… Il ne s’étonne pas de ce qui s’est passé à Naples, «connaissant l’esprit agissant du Dir[ectoire] et ses vues toujours perturbatrices, et je suis convaincu que ce coup était médité en même temps que celui d’Egipte»… – Buyukderé près Constantinople 1er juillet, sur la mort de son frère [Louis de Frotté a été fusillé le 18 février 1800 à Verneuil]: il a perdu le meilleur des frères et des amis, «victime de son dévouement a son roi & a son pays que n’ai-je pu le rejoindre plutôt peut être ne l’aurions nous pas perdu. Peut-être un moment de conversation entre lui & moi nous l’eussent conservé […] Le Roi [Louis XVIII] a eu la bonté de me faire assurer de la part “qu’il prenait à notre perte et du regret qu’il avait d’avoir perdu un brave et fidelle officier”. Ce sont ses propres termes»… – Buyukderé 9 août. Il s’inquiète de ne pas connaître l’état des affaires «de nos malheureux royalistes». Il attend toujours les moyens de quitter ce pays, aidé par le frère de leur ami Sir Sidney Smith... – Constantinople 10 novembre. Il a su par les journaux que son père avait reçu une visite de S.A.R. ; il ne sait de quel côté tourner ses pas, et s’inquiète de voir leurs compatriotes émigrés rentrer en France. Cependant «l’Europe liguée, pour fondre sur la France & l’écraser suivant les apparences n’a point reussi, ses efforts ont été nuls, à qui la faute ? Et entre la paix et la guerre elle paraît dans ce moment plutôt prête à s’enflammer individuellement du feu revolutionnaire qu’à attaquer et même à repousser le Corse victorieux [Bonaparte] qui veut la commander»… – Constantinople 10 décembre. Il déplore encore la fin malheureuse de son noble frère, et de ses parents et compagnons d’armes ; il est étourdi par la chute «terrible & rapide» du parti royaliste ; il attend des instructions de Mittau et de l’argent… – Constantinople 29 mai 1801. Il s’est adressé à Mylord Elgin pour payer son voyage de retour… – Londres 3 janvier 1802, à Alexandre Stratton (en anglais), au sujet de sa demande d’une médaille pour sa participation à la conquête d’Égypte: il était de ceux qui s’opposèrent aux attaques des Français en Syrie, et aussi à Acre, avec Sir Sidney Smith, etc.

On joint un intéressant dossier de 21 lettres à lui adressées, 1801-1809, la plupart en anglais ou en allemand.
Live jeudi 21 mai・14:00 (Europe/Paris)
Lot n°280

Charles de frotté, capitaine, frère du comte Louis de Frotté, le chef de la chouannerie normande. 5 L.A.S. et 4 L.A.,1799-1802, la plupart à son père, le comte Henri de Frotté ; 40pages in-fol. ou in-4, une adresse. Intéressante correspondance d’un émigré au service de l’Angleterre. Château des Dardanelles 8 mars 1799, à son frère Louis de Frotté. Il est parti pour la grande expédition ; auparavant, ils n’avaient point de «nouvelles fraîches sur la situation de Bonaparte en Egipte»… Il ne s’étonne pas de ce qui s’est passé à Naples, «connaissant l’esprit agissant du Dir[ectoire] et ses vues toujours perturbatrices, et je suis convaincu que ce coup était médité en même temps que celui d’Egipte»… – Buyukderé près Constantinople 1er juillet, sur la mort de son frère [Louis de Frotté a été fusillé le 18 février 1800 à Verneuil]: il a perdu le meilleur des frères et des amis, «victime de son dévouement a son roi & a son pays que n’ai-je pu le rejoindre plutôt peut être ne l’aurions nous pas perdu. Peut-être un moment de conversation entre lui & moi nous l’eussent conservé […] Le Roi [Louis XVIII] a eu la bonté de me faire assurer de la part “qu’il prenait à notre perte et du regret qu’il avait d’avoir perdu un brave et fidelle officier”. Ce sont ses propres termes»… – Buyukderé 9 août. Il s’inquiète de ne pas connaître l’état des affaires «de nos malheureux royalistes». Il attend toujours les moyens de quitter ce pays, aidé par le frère de leur ami Sir Sidney Smith... – Constantinople 10 novembre. Il a su par les journaux que son père avait reçu une visite de S.A.R. ; il ne sait de quel côté tourner ses pas, et s’inquiète de voir leurs compatriotes émigrés rentrer en France. Cependant «l’Europe liguée, pour fondre sur la France & l’écraser suivant les apparences n’a point reussi, ses efforts ont été nuls, à qui la faute ? Et entre la paix et la guerre elle paraît dans ce moment plutôt prête à s’enflammer individuellement du feu revolutionnaire qu’à attaquer et même à repousser le Corse victorieux [Bonaparte] qui veut la commander»… – Constantinople 10 décembre. Il déplore encore la fin malheureuse de son noble frère, et de ses parents et compagnons d’armes ; il est étourdi par la chute «terrible & rapide» du parti royaliste ; il attend des instructions de Mittau et de l’argent… – Constantinople 29 mai 1801. Il s’est adressé à Mylord Elgin pour payer son voyage de retour… – Londres 3 janvier 1802, à Alexandre Stratton (en anglais), au sujet de sa demande d’une médaille pour sa participation à la conquête d’Égypte: il était de ceux qui s’opposèrent aux attaques des Français en Syrie, et aussi à Acre, avec Sir Sidney Smith, etc. On joint un intéressant dossier de 21 lettres à lui adressées, 1801-1809, la plupart en anglais ou en allemand.

Estimation
500 € - 700 €
Résultat
593 €
Frais de vente
32%
Charles de frotté, capitaine, frère du comte Louis de Frotté, le chef de la chouannerie normande. 5 L.A.S. et 4 L.A.,1799-1802, la plupart à son père, le comte Henri de Frotté ; 40pages in-fol. ou in-4, une adresse. Intéressante correspondance d’un émigré au service de l’Angleterre. Château des Dardanelles 8 mars 1799, à son frère Louis de Frotté. Il est parti pour la grande expédition ; auparavant, ils n’avaient point de «nouvelles fraîches sur la situation de Bonaparte en Egipte»… Il ne s’étonne pas de ce qui s’est passé à Naples, «connaissant l’esprit agissant du Dir[ectoire] et ses vues toujours perturbatrices, et je suis convaincu que ce coup était médité en même temps que celui d’Egipte»… – Buyukderé près Constantinople 1er juillet, sur la mort de son frère [Louis de Frotté a été fusillé le 18 février 1800 à Verneuil]: il a perdu le meilleur des frères et des amis, «victime de son dévouement a son roi & a son pays que n’ai-je pu le rejoindre plutôt peut être ne l’aurions nous pas perdu. Peut-être un moment de conversation entre lui & moi nous l’eussent conservé […] Le Roi [Louis XVIII] a eu la bonté de me faire assurer de la part “qu’il prenait à notre perte et du regret qu’il avait d’avoir perdu un brave et fidelle officier”. Ce sont ses propres termes»… – Buyukderé 9 août. Il s’inquiète de ne pas connaître l’état des affaires «de nos malheureux royalistes». Il attend toujours les moyens de quitter ce pays, aidé par le frère de leur ami Sir Sidney Smith... – Constantinople 10 novembre. Il a su par les journaux que son père avait reçu une visite de S.A.R. ; il ne sait de quel côté tourner ses pas, et s’inquiète de voir leurs compatriotes émigrés rentrer en France. Cependant «l’Europe liguée, pour fondre sur la France & l’écraser suivant les apparences n’a point reussi, ses efforts ont été nuls, à qui la faute ? Et entre la paix et la guerre elle paraît dans ce moment plutôt prête à s’enflammer individuellement du feu revolutionnaire qu’à attaquer et même à repousser le Corse victorieux [Bonaparte] qui veut la commander»… – Constantinople 10 décembre. Il déplore encore la fin malheureuse de son noble frère, et de ses parents et compagnons d’armes ; il est étourdi par la chute «terrible & rapide» du parti royaliste ; il attend des instructions de Mittau et de l’argent… – Constantinople 29 mai 1801. Il s’est adressé à Mylord Elgin pour payer son voyage de retour… – Londres 3 janvier 1802, à Alexandre Stratton (en anglais), au sujet de sa demande d’une médaille pour sa participation à la conquête d’Égypte: il était de ceux qui s’opposèrent aux attaques des Français en Syrie, et aussi à Acre, avec Sir Sidney Smith, etc. On joint un intéressant dossier de 21 lettres à lui adressées, 1801-1809, la plupart en anglais ou en allemand.
Vente jeudi 21 mai・14:00 (Europe/Paris)
Lieu de vente à venir 3, rue Favart 75002 Paris