François-Nazaire FABRE D’ÉGLANTINE (1750-1794). L.A., [Prison du Luxembourg janvier 1794], à un ami [probablement le peintre miniaturiste Sembat] ; 1page infol.

Émouvante lettre de prison sur son arrestation. [Arrêté en décembre 1793 à la suite de dénonciations de Chabot pour corruption et malversations à la Compagnie des Indes, décrété d’accusation le 12 janvier, Fabre d’Églantine fut guillotiné le 5 avril 1794.] «Si vous saviez avec quel manque de délicatesse, ils ont agi avec moi. Ils m’ont fait arretter par Heron [Louis-Julien-Simon Héron, agent du Comité de Sûreté générale] et les captureurs de m’insulter, de me dire que cela m’aprendrait à parler contre Coupé, de me dire que Panis, Boucher de Saint-Sauveur &c étaient des conspirateurs. Que suis-je moi. [...] Et c’est nous à les entendre qui intriguons. Et l’autre [Robespierre] qui le croit, qui parle d’une conspiration, à qui on a persuadé que nous avions de grandes vues, de grands projets, nous ! Si gais ! Si gais sans eux, si pleins de liberté et d’insouciance !... Enfin il faut espérer que ceci finira. Je me flatte en voyant les horreurs qu’on se permet que les bons esprits n’en sont pas la dupe et nous rendent justice. Adieu, adieu, écrivez-moi. Consolez-moi je vous en suplie. J’ai tout mon courage mais aussi toute ma sensibilité et en conséquence forte indignation et grande douleur»... Il demande, au cas où il serait question de lui à la Convention, qu’on lise la déclaration de Chabot «et surtout mon interrogatoire sur cette affaire. Il est d’une vérité à bout portant et d’une concordance précieuse avec les faits. [...] qu’on lise les pièces. C’est le seul moyen de voir la vérité. Ne fesons pas comme dans l’ancien régime ou le dire de la maréchaussée tenait lieu de conviction».

Ancienne collection Patrice Hennessy (1958, n° 204).
Live jeudi 21 mai・14:00 (Europe/Paris)
Lot n°275

François-Nazaire FABRE D’ÉGLANTINE (1750-1794). L.A., [Prison du Luxembourg janvier 1794], à un ami [probablement le peintre miniaturiste Sembat] ; 1page infol. Émouvante lettre de prison sur son arrestation. [Arrêté en décembre 1793 à la suite de dénonciations de Chabot pour corruption et malversations à la Compagnie des Indes, décrété d’accusation le 12 janvier, Fabre d’Églantine fut guillotiné le 5 avril 1794.] «Si vous saviez avec quel manque de délicatesse, ils ont agi avec moi. Ils m’ont fait arretter par Heron [Louis-Julien-Simon Héron, agent du Comité de Sûreté générale] et les captureurs de m’insulter, de me dire que cela m’aprendrait à parler contre Coupé, de me dire que Panis, Boucher de Saint-Sauveur &c étaient des conspirateurs. Que suis-je moi. [...] Et c’est nous à les entendre qui intriguons. Et l’autre [Robespierre] qui le croit, qui parle d’une conspiration, à qui on a persuadé que nous avions de grandes vues, de grands projets, nous ! Si gais ! Si gais sans eux, si pleins de liberté et d’insouciance !... Enfin il faut espérer que ceci finira. Je me flatte en voyant les horreurs qu’on se permet que les bons esprits n’en sont pas la dupe et nous rendent justice. Adieu, adieu, écrivez-moi. Consolez-moi je vous en suplie. J’ai tout mon courage mais aussi toute ma sensibilité et en conséquence forte indignation et grande douleur»... Il demande, au cas où il serait question de lui à la Convention, qu’on lise la déclaration de Chabot «et surtout mon interrogatoire sur cette affaire. Il est d’une vérité à bout portant et d’une concordance précieuse avec les faits. [...] qu’on lise les pièces. C’est le seul moyen de voir la vérité. Ne fesons pas comme dans l’ancien régime ou le dire de la maréchaussée tenait lieu de conviction». Ancienne collection Patrice Hennessy (1958, n° 204).

Estimation
1 000 € - 1 500 €
Résultat
2 374 €
Frais de vente
32%
François-Nazaire FABRE D’ÉGLANTINE (1750-1794). L.A., [Prison du Luxembourg janvier 1794], à un ami [probablement le peintre miniaturiste Sembat] ; 1page infol. Émouvante lettre de prison sur son arrestation. [Arrêté en décembre 1793 à la suite de dénonciations de Chabot pour corruption et malversations à la Compagnie des Indes, décrété d’accusation le 12 janvier, Fabre d’Églantine fut guillotiné le 5 avril 1794.] «Si vous saviez avec quel manque de délicatesse, ils ont agi avec moi. Ils m’ont fait arretter par Heron [Louis-Julien-Simon Héron, agent du Comité de Sûreté générale] et les captureurs de m’insulter, de me dire que cela m’aprendrait à parler contre Coupé, de me dire que Panis, Boucher de Saint-Sauveur &c étaient des conspirateurs. Que suis-je moi. [...] Et c’est nous à les entendre qui intriguons. Et l’autre [Robespierre] qui le croit, qui parle d’une conspiration, à qui on a persuadé que nous avions de grandes vues, de grands projets, nous ! Si gais ! Si gais sans eux, si pleins de liberté et d’insouciance !... Enfin il faut espérer que ceci finira. Je me flatte en voyant les horreurs qu’on se permet que les bons esprits n’en sont pas la dupe et nous rendent justice. Adieu, adieu, écrivez-moi. Consolez-moi je vous en suplie. J’ai tout mon courage mais aussi toute ma sensibilité et en conséquence forte indignation et grande douleur»... Il demande, au cas où il serait question de lui à la Convention, qu’on lise la déclaration de Chabot «et surtout mon interrogatoire sur cette affaire. Il est d’une vérité à bout portant et d’une concordance précieuse avec les faits. [...] qu’on lise les pièces. C’est le seul moyen de voir la vérité. Ne fesons pas comme dans l’ancien régime ou le dire de la maréchaussée tenait lieu de conviction». Ancienne collection Patrice Hennessy (1958, n° 204).
Vente jeudi 21 mai・14:00 (Europe/Paris)
Lieu de vente à venir 3, rue Favart 75002 Paris