Nicolas II, prince ESTERHAZY (1765-1833), prince hongrois, grand collectionneur d’art, et mécène de Joseph Haydn. 2 L.A.S., Eisenstadt et Vienne mai-octobre 1811, au botaniste Louis-Claude Noisette ; 1page et demie in-8, et 2pages in-4 bordée de palmettes au pochoir (déchirée en coin avec perte de quelques mots).

Intéressantes lettres sur l’aménagement des jardins d’Eisenstadt.

[Le prince Esterhazy entreprit la rénovation complète du domaine d’Eisenstadt et fit créer de somptueux jardins, dans le style anglais, avec de vastes serres contenant une grande collection de 60.000 variétés ; pour ce faire il fit appel au botaniste Louis-Claude Noisette (1772-1849), qui devint alors célèbre dans toute l’Europe.]

Eisenstadt 21 mai. Il a fait remettre les fonds demandés par Noisette. «Vos arbres et plantes sont arrivés à bon port pour la plupart, mais les Ericas [éricales] et les plantes délicates sont succombés, le dernier petit envoi des mêmes n’a pas réussi, le tout étoit étouffé. Votre frère qui vous aura marqué ce qui manque attend de jour à autre votre annonce de ce transport pour serres chaudes, et la disposition pour les arbres de l’école et d’agréments qui doivent encore arriver. Le Laurus sassafras Magnolia Tripetala, tous les Rhododendrons vous saluent et fleurissent. […] Pour ce qui est des Pinus Palustris c’est un prix trop fou ; il faut les laisser murir. Entr’autre je désirerois un Laurus Cynamomum le mien par une négligence primitive de Daras est mort»…

Vienne 13 octobre. Il déplore le désagrément survenu à son dernier envoi de plantes: «c’est un malheur ; je crois comme vous que l’homme a été maladroit et pas propre à diriger une pareille besogne, de plus je suis convaincu que la saison étoit trop avancée, que la chaleur excessive et les pluies ont du faire du mal, surtout aux boutures trop jeunes, et aux espèces délicates [...] nous tâcherons de recoudre les trouées [et de] remplacer les morts. Avril est le vrai [mois] de départ, parce que les individus fatigués ont le temps de se refaire et d’entrer sains en quartier d’hyvers. Au reste je suis bien éloigné de vous inculper et il faut aussi bien vous persuader que la bonne opinion que j’ay de vous est trop affermie pour me changer sur votre compte. Vos frères vous feront parvenir le catalogue des arbres tant fruitiers que forestiers qui ont manqué, nous les recruterons en son temps, jusque-là vous ferez bien de nous faire envois de branches pour greffer les arbres fruitiers sauvageons. [...]. Je regrette la perte du Laurus Cinamomum et de l’Ixora Coccinea, je désire surtout me les procurer mais un peu plus forts. Écrivez-moi ce que vous pourriez me faire parvenir en serre froide, et pour le printemps en serres chaudes et tempérées»…
Live jeudi 21 mai・14:00 (Europe/Paris)
Lot n°273

Nicolas II, prince ESTERHAZY (1765-1833), prince hongrois, grand collectionneur d’art, et mécène de Joseph Haydn. 2 L.A.S., Eisenstadt et Vienne mai-octobre 1811, au botaniste Louis-Claude Noisette ; 1page et demie in-8, et 2pages in-4 bordée de palmettes au pochoir (déchirée en coin avec perte de quelques mots). Intéressantes lettres sur l’aménagement des jardins d’Eisenstadt. [Le prince Esterhazy entreprit la rénovation complète du domaine d’Eisenstadt et fit créer de somptueux jardins, dans le style anglais, avec de vastes serres contenant une grande collection de 60.000 variétés ; pour ce faire il fit appel au botaniste Louis-Claude Noisette (1772-1849), qui devint alors célèbre dans toute l’Europe.] Eisenstadt 21 mai. Il a fait remettre les fonds demandés par Noisette. «Vos arbres et plantes sont arrivés à bon port pour la plupart, mais les Ericas [éricales] et les plantes délicates sont succombés, le dernier petit envoi des mêmes n’a pas réussi, le tout étoit étouffé. Votre frère qui vous aura marqué ce qui manque attend de jour à autre votre annonce de ce transport pour serres chaudes, et la disposition pour les arbres de l’école et d’agréments qui doivent encore arriver. Le Laurus sassafras Magnolia Tripetala, tous les Rhododendrons vous saluent et fleurissent. […] Pour ce qui est des Pinus Palustris c’est un prix trop fou ; il faut les laisser murir. Entr’autre je désirerois un Laurus Cynamomum le mien par une négligence primitive de Daras est mort»… Vienne 13 octobre. Il déplore le désagrément survenu à son dernier envoi de plantes: «c’est un malheur ; je crois comme vous que l’homme a été maladroit et pas propre à diriger une pareille besogne, de plus je suis convaincu que la saison étoit trop avancée, que la chaleur excessive et les pluies ont du faire du mal, surtout aux boutures trop jeunes, et aux espèces délicates [...] nous tâcherons de recoudre les trouées [et de] remplacer les morts. Avril est le vrai [mois] de départ, parce que les individus fatigués ont le temps de se refaire et d’entrer sains en quartier d’hyvers. Au reste je suis bien éloigné de vous inculper et il faut aussi bien vous persuader que la bonne opinion que j’ay de vous est trop affermie pour me changer sur votre compte. Vos frères vous feront parvenir le catalogue des arbres tant fruitiers que forestiers qui ont manqué, nous les recruterons en son temps, jusque-là vous ferez bien de nous faire envois de branches pour greffer les arbres fruitiers sauvageons. [...]. Je regrette la perte du Laurus Cinamomum et de l’Ixora Coccinea, je désire surtout me les procurer mais un peu plus forts. Écrivez-moi ce que vous pourriez me faire parvenir en serre froide, et pour le printemps en serres chaudes et tempérées»…

Estimation
500 € - 700 €
Résultat
Non vendu
Frais de vente
32%
Nicolas II, prince ESTERHAZY (1765-1833), prince hongrois, grand collectionneur d’art, et mécène de Joseph Haydn. 2 L.A.S., Eisenstadt et Vienne mai-octobre 1811, au botaniste Louis-Claude Noisette ; 1page et demie in-8, et 2pages in-4 bordée de palmettes au pochoir (déchirée en coin avec perte de quelques mots). Intéressantes lettres sur l’aménagement des jardins d’Eisenstadt. [Le prince Esterhazy entreprit la rénovation complète du domaine d’Eisenstadt et fit créer de somptueux jardins, dans le style anglais, avec de vastes serres contenant une grande collection de 60.000 variétés ; pour ce faire il fit appel au botaniste Louis-Claude Noisette (1772-1849), qui devint alors célèbre dans toute l’Europe.] Eisenstadt 21 mai. Il a fait remettre les fonds demandés par Noisette. «Vos arbres et plantes sont arrivés à bon port pour la plupart, mais les Ericas [éricales] et les plantes délicates sont succombés, le dernier petit envoi des mêmes n’a pas réussi, le tout étoit étouffé. Votre frère qui vous aura marqué ce qui manque attend de jour à autre votre annonce de ce transport pour serres chaudes, et la disposition pour les arbres de l’école et d’agréments qui doivent encore arriver. Le Laurus sassafras Magnolia Tripetala, tous les Rhododendrons vous saluent et fleurissent. […] Pour ce qui est des Pinus Palustris c’est un prix trop fou ; il faut les laisser murir. Entr’autre je désirerois un Laurus Cynamomum le mien par une négligence primitive de Daras est mort»… Vienne 13 octobre. Il déplore le désagrément survenu à son dernier envoi de plantes: «c’est un malheur ; je crois comme vous que l’homme a été maladroit et pas propre à diriger une pareille besogne, de plus je suis convaincu que la saison étoit trop avancée, que la chaleur excessive et les pluies ont du faire du mal, surtout aux boutures trop jeunes, et aux espèces délicates [...] nous tâcherons de recoudre les trouées [et de] remplacer les morts. Avril est le vrai [mois] de départ, parce que les individus fatigués ont le temps de se refaire et d’entrer sains en quartier d’hyvers. Au reste je suis bien éloigné de vous inculper et il faut aussi bien vous persuader que la bonne opinion que j’ay de vous est trop affermie pour me changer sur votre compte. Vos frères vous feront parvenir le catalogue des arbres tant fruitiers que forestiers qui ont manqué, nous les recruterons en son temps, jusque-là vous ferez bien de nous faire envois de branches pour greffer les arbres fruitiers sauvageons. [...]. Je regrette la perte du Laurus Cinamomum et de l’Ixora Coccinea, je désire surtout me les procurer mais un peu plus forts. Écrivez-moi ce que vous pourriez me faire parvenir en serre froide, et pour le printemps en serres chaudes et tempérées»…
Vente jeudi 21 mai・14:00 (Europe/Paris)
Lieu de vente à venir 3, rue Favart 75002 Paris