Prise de la BASTILLE. L.A.S. par Cointeraux [probablement l’architecte d’origine lyonnaise François Cointeraux (1740-1830)], Paris 18 juillet 1789 «Lendemain de la venûe du Roi à Paris» ; 4 pages in-4 (un coin lég. rongé sans perte de texte). Intéressant témoignage sur la visite de Louis XVI à Paris le 17 juillet, après la prise de la Bastille. Les rumeurs se contredisaient sur l’éventuelle visite du Roi, les patrouilles se multipliaient, des tranchées s’élevaient dans les rues dépavées des faubourgs, avec parfois des canons... «nous ne savions que penser, que devenir»… Mais à la nouvelle que le Roi entrerait, les Parisiens sont «allés sur son chemin», et environ 400 000 hommes de la garde bourgeoise formaient une haie de l’Hôtel de Ville jusqu’à Sèvres: «toutes les armes de la Bastille et des Invalides avoient passées en leurs mains»… Vers 10 heures arrivèrent le corps municipal, le Maire Bailly, les clefs à la main, puis les échevins et les officiers de la Garde municipale… Des députés vinrent au-devant du Roi, et attendirent avec beaucoup d’inquiétude pendant plusieurs heures: le Roi n’était sorti de Versailles qu’à 11 heures, «la milice versailloise avoit voulu l’accompagner ; en effet les bourgeois ont remis aux parisiens sa majesté qui n’avoit d’autre garde que son peuple. Le guet à cheval precedoit ; ensuite une petite troupe de poissardes, ensuite une file infinie de bourgeois à cheval, où etoient quelques dragons et cavaliers ; venoient après le corps municipal à pied avec sa garde ; ainsi que les deputés aussi à pied, ces derniers joignoient immediatement la voiture du Roi qui regardoit tout ce peuple de part et d’autre ; il etoit accompagné de trois personnes de marque dont j’ignore le titre. Tant de soldats armés de fusils, de haches, d’hallebardes, de pistolets, de piques et autres de tous genres, devoient faire sensation au monarque, avec une foule de spectateurs le quadruple plus nombreux que la garde. Le Roi a sorti de l’hotel de ville sur les six heures du soir», aux cris de «Vive le Roi, Vive la Nation. Les canons braqués dans les rues et places, l’ont salué, ainsi que quantité de coups de fusils [...] Un cordon bleu est sortit la moitié du corps de son carrosse pour dire au peuple, Mr Necker rappellé, tous les ministres renvoyés»... Cointeraux ajoute que les gouverneurs de la Bastille Launey et Du Puget, et M. de Flesselles prévôt des marchands «ont eu la tête tranchée par le peuple. [...] j’ai vu hier plus de 400 ouvriers sur les tours de la Bastille qui demolissoient cette citadelle imprenable par tous autres que les parisiens, les ouvriers travaillant avec joie et courage, jettent précipitement dans les fossées des quartiers de pierres de taille les plus lourds. On dit qu’il est parti du dix sept ou dix huit six voitures […] garnies des Polignacs et ministres qui n’ont pas cru devoir attendre le retour de l’assemblée nationale qui auroit pu prendre le parti de les faire arretter»… Ancienne collection Patrice Hennessy (1958, n° 12).
Estimation
600 € - 800 €
Résultat
923 €
Frais de vente
32%
Prise de la BASTILLE. L.A.S. par Cointeraux [probablement l’architecte d’origine lyonnaise François Cointeraux (1740-1830)], Paris 18 juillet 1789 «Lendemain de la venûe du Roi à Paris» ; 4 pages in-4 (un coin lég. rongé sans perte de texte).
Intéressant témoignage sur la visite de Louis XVI à Paris le 17 juillet, après la prise de la Bastille.
Les rumeurs se contredisaient sur l’éventuelle visite du Roi, les patrouilles se multipliaient, des tranchées s’élevaient dans les rues dépavées des faubourgs, avec parfois des canons... «nous ne savions que penser, que devenir»… Mais à la nouvelle que le Roi entrerait, les Parisiens sont «allés sur son chemin», et environ 400 000 hommes de la garde bourgeoise formaient une haie de l’Hôtel de Ville jusqu’à Sèvres: «toutes les armes de la Bastille et des Invalides avoient passées en leurs mains»… Vers 10 heures arrivèrent le corps municipal, le Maire Bailly, les clefs à la main, puis les échevins et les officiers de la Garde municipale… Des députés vinrent au-devant du Roi, et attendirent avec beaucoup d’inquiétude pendant plusieurs heures: le Roi n’était sorti de Versailles qu’à 11 heures, «la milice versailloise avoit voulu l’accompagner ; en effet les bourgeois ont remis aux parisiens sa majesté qui n’avoit d’autre garde que son peuple. Le guet à cheval precedoit ; ensuite une petite troupe de poissardes, ensuite une file infinie de bourgeois à cheval, où etoient quelques dragons et cavaliers ; venoient après le corps municipal à pied avec sa garde ; ainsi que les deputés aussi à pied, ces derniers joignoient immediatement la voiture du Roi qui regardoit tout ce peuple de part et d’autre ; il etoit accompagné de trois personnes de marque dont j’ignore le titre. Tant de soldats armés de fusils, de haches, d’hallebardes, de pistolets, de piques et autres de tous genres, devoient faire sensation au monarque, avec une foule de spectateurs le quadruple plus nombreux que la garde. Le Roi a sorti de l’hotel de ville sur les six heures du soir», aux cris de «Vive le Roi, Vive la Nation. Les canons braqués dans les rues et places, l’ont salué, ainsi que quantité de coups de fusils [...] Un cordon bleu est sortit la moitié du corps de son carrosse pour dire au peuple, Mr Necker rappellé, tous les ministres renvoyés»... Cointeraux ajoute que les gouverneurs de la Bastille Launey et Du Puget, et M. de Flesselles prévôt des marchands «ont eu la tête tranchée par le peuple. [...] j’ai vu hier plus de 400 ouvriers sur les tours de la Bastille qui demolissoient cette citadelle imprenable par tous autres que les parisiens, les ouvriers travaillant avec joie et courage, jettent précipitement dans les fossées des quartiers de pierres de taille les plus lourds. On dit qu’il est parti du dix sept ou dix huit six voitures […] garnies des Polignacs et ministres qui n’ont pas cru devoir attendre le retour de l’assemblée nationale qui auroit pu prendre le parti de les faire arretter»…
Ancienne collection Patrice Hennessy (1958, n° 12).
Vente
jeudi 21 mai・14:00 (Europe/Paris)
Lieu de vente à venir
3, rue Favart
75002 Paris