SAINT-POL-ROUX (1861-1940). L.A.S., Manoir de Cœcilian, Camaret 3 janvier 1935, à Mlle Renée Moulin ; 2pages in-4. Très belle lettre sur Ephraïm Mikhaël. Ephraïm Mikhaël, s’il n’était mort si jeune, «serait sans nul doute le premier poëte de ce temps». Saint-Pol-Roux évoque les réunions chez lui à Montmartre en 1885, où, avec Pierre Quillard, Camille Bloch, Bernard Lazare, Rodolphe Darzens et d’autres, ils fondèrent la première Pléïade, puis la seconde «d’où jaillit enfin (1891) le Mercure de France. Mikhaël nous paraissait un rare élu de la Beauté. […] il savait tout littérairement: un véritable puits de diamants. La désolation dans l’âme, nous suivîmes le convoi qui emportait tant d’espoir. Notre petit groupe perdait son Soleil. […] Les admirables poëmes de Mikhaël ne sont pas sous mes yeux, mais leur enchantement règne en moi, de par l’éblouissante impeccabilité de son art si pur. Eternellement je resterai fier de sa dédicace de l’Hérodioule. Lorsqu’il avait réalisé quelque chef-d’œuvre, il montait mes quatre étages pour me le communiquer […] lui parti, je m’imaginais qu’un jeune dieu m’avait visité»… Il conseille d’écrire à Rodolphe Darzens pour plus de détails, et à Maeterlinck qui l’avait connu jeune. Il ajoute: «Survivant, Ephraïm Mikhaël eut, à mon sens, complété Baudelaire et Samain, et nul n’eut égalé sa splendeur: c’est un génie qu’on n’aura pas connu». On joint 12 l.a.s. à Mlle Moulin concernant Mikhaël par André-Ferdinand Herold (2), Yves-Gérard Le Dantec (2), Maurice Magre, Jeanne Marvig et Joseph Rozès de Brousse (5) et Francis Viélé-Griffin.
Estimation
700 € - 800 €
Résultat
2 638 €
Frais de vente
32%
SAINT-POL-ROUX (1861-1940). L.A.S., Manoir de Cœcilian, Camaret 3 janvier 1935, à Mlle Renée Moulin ; 2pages in-4.
Très belle lettre sur Ephraïm Mikhaël.
Ephraïm Mikhaël, s’il n’était mort si jeune, «serait sans nul doute le premier poëte de ce temps». Saint-Pol-Roux évoque les réunions chez lui à Montmartre en 1885, où, avec Pierre Quillard, Camille Bloch, Bernard Lazare, Rodolphe Darzens et d’autres, ils fondèrent la première Pléïade, puis la seconde «d’où jaillit enfin (1891) le Mercure de France. Mikhaël nous paraissait un rare élu de la Beauté. […] il savait tout littérairement: un véritable puits de diamants. La désolation dans l’âme, nous suivîmes le convoi qui emportait tant d’espoir. Notre petit groupe perdait son Soleil. […] Les admirables poëmes de Mikhaël ne sont pas sous mes yeux, mais leur enchantement règne en moi, de par l’éblouissante impeccabilité de son art si pur. Eternellement je resterai fier de sa dédicace de l’Hérodioule. Lorsqu’il avait réalisé quelque chef-d’œuvre, il montait mes quatre étages pour me le communiquer […] lui parti, je m’imaginais qu’un jeune dieu m’avait visité»… Il conseille d’écrire à Rodolphe Darzens pour plus de détails, et à Maeterlinck qui l’avait connu jeune. Il ajoute: «Survivant, Ephraïm Mikhaël eut, à mon sens, complété Baudelaire et Samain, et nul n’eut égalé sa splendeur: c’est un génie qu’on n’aura pas connu».
On joint 12 l.a.s. à Mlle Moulin concernant Mikhaël par André-Ferdinand Herold (2), Yves-Gérard Le Dantec (2), Maurice Magre, Jeanne Marvig et Joseph Rozès de Brousse (5) et Francis Viélé-Griffin.
Vente
mercredi 20 mai・14:00 (Europe/Paris)
Lieu de vente à venir
3, rue Favart
75002 Paris