[Félicité de LAMENNAIS (1782-1854)]. Jean DESSOLIAIRE (1811-1885). 28 L.A.S., Neuvy-Saint-Sépulchre (Indre) 1844-1854, à Lamennais ; 93pages in-4 ou in-8, 6 adresses (fentes à qqs lettres). Importante correspondance de cet ouvrier tailleur d’habits berrichon avec son maître à penser. Né et établi à Neuvy-Saint-Sépulchre, cet ouvrier tailleur était un admirateur de sa compatriote George Sand et un disciple fervent et exalté de Lamennais, qu’il habilla et avec qui il entretint une correspondance. Ces longues lettres, pleines de ferveur pour les œuvres de Lamennais, n’ont été que partiellement publiées dans la Nouvelle Revue rétrospective en 1897. On voit que Dessoliaire a formé, dans le petit peuple autour de lui, une communauté de disciples de Lamennais. Il signe souvent «Jean Dessoliaire lamenniste». Nous ne pouvons en donner ici qu’un aperçu avec quelques citations. 3 novembre 1844. «Vous m’avez enseigné la tempérance, la sobriétée, et à m’acquitter de mes devoirs envers mes frères ; c’est par vos beaux livres que vous m’avez appris à choisir une femme sans fortune qui me rend heureux parce qu’elle est vertueuse. Oui, Monsieur, c’est vous qui m’avez fait mon bonheur ; […] je m’unis à vous corps et âme. […] J’ai une petite fille et un petit garçon que j’élèverai dans vos principes. Je n’est de livres de vous que les Paroles d’un croyant et le Livre du peuple. […] Je propage ces deux livres par la lecture que j’en fais à tous les jeunes gens de ma localité: partout où je vais je sème vos principes et votre bonne doctrine»… – 29 décembre 1844. «Mon bon bienfaiteur, vous êtes plus mon père, que mon père qui m’a donné la nourriture du corps: vous, vous m’avez donné celle de l’âme, sans laquelle point de vie réel […] mon bonheur n’a plus de limite depuis que je vous ai vu et parlé ! […] Je lamennise de tout mon pouvoir. Oh ! si j’étai riche ! Je voudrais que chacun ai vos œuvres et sache son bon Lamennais […] Depuis que mes habits ont touché les vôtres en vous embrassant, je veux les conserver religieusement comme des reliques. […] J’ai inauguré votre buste à la tête de mon lit»… – 26 mars 1846. «La distribution de chaque exemplaire de la traduction des Évangiles est autant de levain que fera fermenter le moins 10 à 12 personnes ; il est impossible de croire le plaisir que j’ai fait en donnant ces bons livres»… – 23 avril 1846, «L’an 64 de votre naissance […] nouvelle ère d’amour, du droit et du devoir», à propos du curé de son village… «Si la religion n’était pas dépandante du temporel, et que Rome la pratique et l’enseigne comme vous le vouliez, oui tous les hommes seraient frères ! Mais n’importe votre voix sera plus forte que celle des rois, et des papes, et les peuples peu à peu se réuniront par votre amour paternel et n’en formeront qu’un seul, indivicible !». Et il dresse une longue liste de ses disciples (laboureurs, tailleurs, menuisier, etc.). – 30 décembre 1846, altercation avec son curé au sujet de Lamennais. – 23 janvier 1847, sur les émeutes de la faim dans l’Indre… – 2 juin 1849. «J’accomplit mon devoir autant que je le comprends et autant que je le peu. Selon ma position, je l’accomplit mieux par le don des idées évangélique que je propage fraternellement, que par des dons matériels, je veux dire, de donner du pain aux pauvres […] la misère est si grande ! Ne pouvant pas donner d’habits aux malheureux, je leur coupe ceux qu’ils ont à se faire […] Depuis Pâques jusqu’à la Pentecôte virgule j’ai pour le moins coupé plus de 150 pièces de vêtements aux pauvres, et mon payment est le bonheur de leur être utile»… Etc. Certaines lettres sont complétées par ses compatriotes lamennaisiens: A. Camus (facteur rural), les participants au banquet républicain (14 mars 1848). On joint 7 L.A.S. d’ouvriers berrichons à Lamennais, Neuvy-Saint-Sépulchre, Varennes et Châteauroux 1846-1847: Gabriel Limousin, le sabotier Chevalier, Marcel Payat, A. Camus.
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[Félicité de LAMENNAIS (1782-1854)]. Jean DESSOLIAIRE (1811-1885). 28 L.A.S., Neuvy-Saint-Sépulchre (Indre) 1844-1854, à Lamennais ; 93pages in-4 ou in-8, 6 adresses (fentes à qqs lettres).
Importante correspondance de cet ouvrier tailleur d’habits berrichon avec son maître à penser.
Né et établi à Neuvy-Saint-Sépulchre, cet ouvrier tailleur était un admirateur de sa compatriote George Sand et un disciple fervent et exalté de Lamennais, qu’il habilla et avec qui il entretint une correspondance.
Ces longues lettres, pleines de ferveur pour les œuvres de Lamennais, n’ont été que partiellement publiées dans la Nouvelle Revue rétrospective en 1897. On voit que Dessoliaire a formé, dans le petit peuple autour de lui, une communauté de disciples de Lamennais. Il signe souvent «Jean Dessoliaire lamenniste». Nous ne pouvons en donner ici qu’un aperçu avec quelques citations.
3 novembre 1844. «Vous m’avez enseigné la tempérance, la sobriétée, et à m’acquitter de mes devoirs envers mes frères ; c’est par vos beaux livres que vous m’avez appris à choisir une femme sans fortune qui me rend heureux parce qu’elle est vertueuse. Oui, Monsieur, c’est vous qui m’avez fait mon bonheur ; […] je m’unis à vous corps et âme. […] J’ai une petite fille et un petit garçon que j’élèverai dans vos principes. Je n’est de livres de vous que les Paroles d’un croyant et le Livre du peuple. […] Je propage ces deux livres par la lecture que j’en fais à tous les jeunes gens de ma localité: partout où je vais je sème vos principes et votre bonne doctrine»… – 29 décembre 1844. «Mon bon bienfaiteur, vous êtes plus mon père, que mon père qui m’a donné la nourriture du corps: vous, vous m’avez donné celle de l’âme, sans laquelle point de vie réel […] mon bonheur n’a plus de limite depuis que je vous ai vu et parlé ! […] Je lamennise de tout mon pouvoir. Oh ! si j’étai riche ! Je voudrais que chacun ai vos œuvres et sache son bon Lamennais […] Depuis que mes habits ont touché les vôtres en vous embrassant, je veux les conserver religieusement comme des reliques. […] J’ai inauguré votre buste à la tête de mon lit»… – 26 mars 1846. «La distribution de chaque exemplaire de la traduction des Évangiles est autant de levain que fera fermenter le moins 10 à 12 personnes ; il est impossible de croire le plaisir que j’ai fait en donnant ces bons livres»… – 23 avril 1846, «L’an 64 de votre naissance […] nouvelle ère d’amour, du droit et du devoir», à propos du curé de son village… «Si la religion n’était pas dépandante du temporel, et que Rome la pratique et l’enseigne comme vous le vouliez, oui tous les hommes seraient frères ! Mais n’importe votre voix sera plus forte que celle des rois, et des papes, et les peuples peu à peu se réuniront par votre amour paternel et n’en formeront qu’un seul, indivicible !». Et il dresse une longue liste de ses disciples (laboureurs, tailleurs, menuisier, etc.). – 30 décembre 1846, altercation avec son curé au sujet de Lamennais. – 23 janvier 1847, sur les émeutes de la faim dans l’Indre… – 2 juin 1849. «J’accomplit mon devoir autant que je le comprends et autant que je le peu. Selon ma position, je l’accomplit mieux par le don des idées évangélique que je propage fraternellement, que par des dons matériels, je veux dire, de donner du pain aux pauvres […] la misère est si grande ! Ne pouvant pas donner d’habits aux malheureux, je leur coupe ceux qu’ils ont à se faire […] Depuis Pâques jusqu’à la Pentecôte virgule j’ai pour le moins coupé plus de 150 pièces de vêtements aux pauvres, et mon payment est le bonheur de leur être utile»… Etc.
Certaines lettres sont complétées par ses compatriotes lamennaisiens: A. Camus (facteur rural), les participants au banquet républicain (14 mars 1848).
On joint 7 L.A.S. d’ouvriers berrichons à Lamennais, Neuvy-Saint-Sépulchre, Varennes et Châteauroux 1846-1847: Gabriel Limousin, le sabotier Chevalier, Marcel Payat, A. Camus.
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mercredi 20 mai・14:00 (Europe/Paris)
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3, rue Favart
75002 Paris