VICTORIA Adelaïde Mary Louisa, princesse royale d’Angleterre et princesse royale de Prusse (1840-1901) 
La moisson de la mort. «Es ist ein Schnitter, der heißt Tod» ou «Ein schöns Mayenlied», vers 1870 
Vase en terre cuite à décor tournant peint et légendé. 
11,5 x 13 cm. 
Restaurations. 

Provenance: 
- Offert par la princesse Victoria à Henry de Triqueti.
- Château du Perthuis.

Bibliographie: 
- Richard Dagorne et Nerina Sanotorius, «A la cour de Prusse», ss dir. I. Leroy-Jay Lemaistre, Henry de Triqueti 1803-1874, Le Sculpteur des Princes, cat. exp, Orléans, musée des Beaux-Arts, Montargis, musée Girodet de Montargis, 3 octobre 2007-6 janvier 2008, Paris, Hazan, pp. 166-175, illustrés p.172/173, fig. 212

Illustration d’une chanson populaire du folklore allemand. Reprise d’un texte publié par Achim Von Arnim et Clemens Brentano dans un recueil paru sous le titre «Des Knaben Wunderhorn» entre 1806 et 1808. 
Fille ainée de la Reine Victoria et du Prince Albert, la Princesse Victoria épouse en 1858 le Kronprinz Frédéric de Prusse, futur Frederic III d’Allemagne. Elle s’installe alors à Berlin. Tout en gardant un lien étroit avec le Royaume-Uni, elle doit composer avec l’ambiance pro-germanique et conservatrice de la Cour prussienne. Les débuts s’avèrent particulièrement compliqués pour la jeune princesse, pétrie des idées libérales de son père, le Prince Albert. Au fil du temps et de la naissance de sa nombreuse progéniture, la situation de la Princesse Victoria s’améliore un peu. Pour taire les critiques de ses ennemis conservateurs et montrer qu’elle n’est pas une espionne au service de la couronne britannique, elle met un point d’honneur à se comporter comme une véritable princesse prussienne, soutient les troupes allemandes et s’investit dans les secours apportés aux soldats blessés.   
Dans un contexte d’exaltation de l’identité allemande et du sentiment national, illustrer une chanson germanique, qui plus est en caractères d’inspiration gothique, n’est pas anodin, surtout au début des années 1870. En plus de puiser ses racines dans le romantisme allemand, la reprise de ce texte pourrait également faire référence à la version musicale qu’en a tiré le compositeur Félix Mendelssohn-Bartholdy, proche du Prince Albert, père adoré de la Princesse Victoria.   
Dans le contexte des suites de la guerre de 1870, ce cadeau de la Princesse héritière de Prusse au français Henry de Triqueti, même s’il reste dans la sphère privée et amicale, n’en est pas moins symboliquement fort. Le thème du vase, la moisson de la mort, prend alors toute sa dimension.   

«La Princesse Royale d’Angleterre, aujourd’hui Son Altesse Impériale la Princesse héritière d’Allemagne, a manifesté dès sa plus tendre enfance un talent remarquable pour le dessin et la peinture. Elle se fit remarquer pour la première fois en contribuant, par une délicate petite gravure, à la collection d’œuvres mises en vente afin de collecter des fonds pour le Patriotic Fund durant la guerre de Crimée. 
Le mariage n’a pas empêché Son Altesse Impériale de s’adonner à sa passion favorite; elle a aménagé un atelier à son usage personnel au Nouveau Palais de Potsdam et a réalisé de nombreux portraits de grande qualité de membres de la famille impériale. Ce ne sont pas seulement de bonnes ressemblances, mais des œuvres d’art tout à fait honorables, témoignant du véritable talent de l’artiste et non du travail d’un simple amateur. 
Lors de son dernier séjour en Angleterre, elle prit des leçons de peinture sur céramique auprès d’une dame résidant à Chelsea. La princesse est aussi sculptrice.» in Ellen Creathorne Clayton, English Female Artists, Londres, Tinsley, 1876, p. 429-430.
Live jeudi 12 février・14:00 (Europe/Paris)
Lot n°84

VICTORIA Adelaïde Mary Louisa, princesse royale d’Angleterre et princesse royale de Prusse (1840-1901) La moisson de la mort. «Es ist ein Schnitter, der heißt Tod» ou «Ein schöns Mayenlied», vers 1870 Vase en terre cuite à décor tournant peint et légendé. 11,5 x 13 cm. Restaurations. Provenance: - Offert par la princesse Victoria à Henry de Triqueti. - Château du Perthuis. Bibliographie: - Richard Dagorne et Nerina Sanotorius, «A la cour de Prusse», ss dir. I. Leroy-Jay Lemaistre, Henry de Triqueti 1803-1874, Le Sculpteur des Princes, cat. exp, Orléans, musée des Beaux-Arts, Montargis, musée Girodet de Montargis, 3 octobre 2007-6 janvier 2008, Paris, Hazan, pp. 166-175, illustrés p.172/173, fig. 212 Illustration d’une chanson populaire du folklore allemand. Reprise d’un texte publié par Achim Von Arnim et Clemens Brentano dans un recueil paru sous le titre «Des Knaben Wunderhorn» entre 1806 et 1808. Fille ainée de la Reine Victoria et du Prince Albert, la Princesse Victoria épouse en 1858 le Kronprinz Frédéric de Prusse, futur Frederic III d’Allemagne. Elle s’installe alors à Berlin. Tout en gardant un lien étroit avec le Royaume-Uni, elle doit composer avec l’ambiance pro-germanique et conservatrice de la Cour prussienne. Les débuts s’avèrent particulièrement compliqués pour la jeune princesse, pétrie des idées libérales de son père, le Prince Albert. Au fil du temps et de la naissance de sa nombreuse progéniture, la situation de la Princesse Victoria s’améliore un peu. Pour taire les critiques de ses ennemis conservateurs et montrer qu’elle n’est pas une espionne au service de la couronne britannique, elle met un point d’honneur à se comporter comme une véritable princesse prussienne, soutient les troupes allemandes et s’investit dans les secours apportés aux soldats blessés. Dans un contexte d’exaltation de l’identité allemande et du sentiment national, illustrer une chanson germanique, qui plus est en caractères d’inspiration gothique, n’est pas anodin, surtout au début des années 1870. En plus de puiser ses racines dans le romantisme allemand, la reprise de ce texte pourrait également faire référence à la version musicale qu’en a tiré le compositeur Félix Mendelssohn-Bartholdy, proche du Prince Albert, père adoré de la Princesse Victoria. Dans le contexte des suites de la guerre de 1870, ce cadeau de la Princesse héritière de Prusse au français Henry de Triqueti, même s’il reste dans la sphère privée et amicale, n’en est pas moins symboliquement fort. Le thème du vase, la moisson de la mort, prend alors toute sa dimension. «La Princesse Royale d’Angleterre, aujourd’hui Son Altesse Impériale la Princesse héritière d’Allemagne, a manifesté dès sa plus tendre enfance un talent remarquable pour le dessin et la peinture. Elle se fit remarquer pour la première fois en contribuant, par une délicate petite gravure, à la collection d’œuvres mises en vente afin de collecter des fonds pour le Patriotic Fund durant la guerre de Crimée. Le mariage n’a pas empêché Son Altesse Impériale de s’adonner à sa passion favorite; elle a aménagé un atelier à son usage personnel au Nouveau Palais de Potsdam et a réalisé de nombreux portraits de grande qualité de membres de la famille impériale. Ce ne sont pas seulement de bonnes ressemblances, mais des œuvres d’art tout à fait honorables, témoignant du véritable talent de l’artiste et non du travail d’un simple amateur. Lors de son dernier séjour en Angleterre, elle prit des leçons de peinture sur céramique auprès d’une dame résidant à Chelsea. La princesse est aussi sculptrice.» in Ellen Creathorne Clayton, English Female Artists, Londres, Tinsley, 1876, p. 429-430.

Résultat
Non vendu
Frais de vente
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VICTORIA Adelaïde Mary Louisa, princesse royale d’Angleterre et princesse royale de Prusse (1840-1901) La moisson de la mort. «Es ist ein Schnitter, der heißt Tod» ou «Ein schöns Mayenlied», vers 1870 Vase en terre cuite à décor tournant peint et légendé. 11,5 x 13 cm. Restaurations. Provenance: - Offert par la princesse Victoria à Henry de Triqueti. - Château du Perthuis. Bibliographie: - Richard Dagorne et Nerina Sanotorius, «A la cour de Prusse», ss dir. I. Leroy-Jay Lemaistre, Henry de Triqueti 1803-1874, Le Sculpteur des Princes, cat. exp, Orléans, musée des Beaux-Arts, Montargis, musée Girodet de Montargis, 3 octobre 2007-6 janvier 2008, Paris, Hazan, pp. 166-175, illustrés p.172/173, fig. 212 Illustration d’une chanson populaire du folklore allemand. Reprise d’un texte publié par Achim Von Arnim et Clemens Brentano dans un recueil paru sous le titre «Des Knaben Wunderhorn» entre 1806 et 1808. Fille ainée de la Reine Victoria et du Prince Albert, la Princesse Victoria épouse en 1858 le Kronprinz Frédéric de Prusse, futur Frederic III d’Allemagne. Elle s’installe alors à Berlin. Tout en gardant un lien étroit avec le Royaume-Uni, elle doit composer avec l’ambiance pro-germanique et conservatrice de la Cour prussienne. Les débuts s’avèrent particulièrement compliqués pour la jeune princesse, pétrie des idées libérales de son père, le Prince Albert. Au fil du temps et de la naissance de sa nombreuse progéniture, la situation de la Princesse Victoria s’améliore un peu. Pour taire les critiques de ses ennemis conservateurs et montrer qu’elle n’est pas une espionne au service de la couronne britannique, elle met un point d’honneur à se comporter comme une véritable princesse prussienne, soutient les troupes allemandes et s’investit dans les secours apportés aux soldats blessés. Dans un contexte d’exaltation de l’identité allemande et du sentiment national, illustrer une chanson germanique, qui plus est en caractères d’inspiration gothique, n’est pas anodin, surtout au début des années 1870. En plus de puiser ses racines dans le romantisme allemand, la reprise de ce texte pourrait également faire référence à la version musicale qu’en a tiré le compositeur Félix Mendelssohn-Bartholdy, proche du Prince Albert, père adoré de la Princesse Victoria. Dans le contexte des suites de la guerre de 1870, ce cadeau de la Princesse héritière de Prusse au français Henry de Triqueti, même s’il reste dans la sphère privée et amicale, n’en est pas moins symboliquement fort. Le thème du vase, la moisson de la mort, prend alors toute sa dimension. «La Princesse Royale d’Angleterre, aujourd’hui Son Altesse Impériale la Princesse héritière d’Allemagne, a manifesté dès sa plus tendre enfance un talent remarquable pour le dessin et la peinture. Elle se fit remarquer pour la première fois en contribuant, par une délicate petite gravure, à la collection d’œuvres mises en vente afin de collecter des fonds pour le Patriotic Fund durant la guerre de Crimée. Le mariage n’a pas empêché Son Altesse Impériale de s’adonner à sa passion favorite; elle a aménagé un atelier à son usage personnel au Nouveau Palais de Potsdam et a réalisé de nombreux portraits de grande qualité de membres de la famille impériale. Ce ne sont pas seulement de bonnes ressemblances, mais des œuvres d’art tout à fait honorables, témoignant du véritable talent de l’artiste et non du travail d’un simple amateur. Lors de son dernier séjour en Angleterre, elle prit des leçons de peinture sur céramique auprès d’une dame résidant à Chelsea. La princesse est aussi sculptrice.» in Ellen Creathorne Clayton, English Female Artists, Londres, Tinsley, 1876, p. 429-430.
Vente jeudi 12 février・14:00 (Europe/Paris)
Salle 9 - Hôtel Drouot 9, rue Drouot 75009 Paris