Henry de TRIQUETI (1803-1874) Deux anges agenouillés tenant des encensoirs, modèles des bas-reliefs du panneau de David pour la chapelle Wolsey à Windsor, 1852 Terres cuites originales avec ajouts de plâtre en rehauts de couleurs et d’or Signées des initiales «H.T.» et datées «1852» 26 x 15 x 11 cm et 24 x 16 x 11 cm Petits accidents Provenance : château du Perthuis. Comme l’indique I. Leroy-Jay Lemaistre, « S’il a mis au point un motif qui l’émeut, Triqueti le réutilise tout le long de sa carrière ». C’est le cas pour les modèles de ces deux anges en terre cuite datés « 1852 » qui apparaissent dans le décor de la chapelle du prince Albert au château de Windsor. Les deux anges viennent s’inscrire dans des médaillons en marbre, quadrilobés, encadrant un grand panneau illustrant David dictant les psaumes, situé dans la partie basse du mur nord de la nef de cette chapelle royale. À la mort de son époux, le prince Albert de Saxe-Cobourg-Gotha (1819-1861), la reine Victoria décide que la chapelle Wolsey au château de Windsor, abritera le mausolée de son défunt mari et que Triqueti en réalisera le programme décoratif. Le sculpteur a rencontré les Windsor en 1852, les fréquente depuis et est particulièrement apprécié de la princesse Victoria. La fille aînée de la reine l’a recommandé pour ce projet et le reçoit à Berlin en 1864 pour l’entretenir de la commande. Après bien des déboires et une suite de conflits avec l’architecte du projet George Gilbert Scott (1811-1878), Triqueti peut enfin s’attaquer au chantier colossal qui l’occupera dix longues années. Le décor principal est composé de panneaux illustrant des scènes de l’Ancien Testament évoquant de façon allégorique les œuvres et les vertus du prince. Ces panneaux, à la fois fresque et sculpture, sont en tarsia de marbre. Il s’agit d’un type de mosaïque faite de plaques de marbre de différentes couleurs juxtaposées et scellées à l’aide d’un ciment coloré. Triqueti s’inspire ici des dalles de la cathédrale de Sienne qu’il verticalise avec l’idée de rendre ces fresques inaltérables au climat humide britannique. Chacun des quinze grands tableaux sera encadré par des bordures décorées de quatre-vingts médaillons sculptés. Ces terres cuites s’inscrivent dans le long, savant et consciencieux processus de création élaboré par le sculpteur pour accompagner les nombreux praticiens qui l’entourent sur le prestigieux chantier. Grand connaisseur et passionné de l’art de la Renaissance italienne, l’érudit Triqueti s’inspire très probablement de Donatello ainsi que de Luca Della Robbia à qui il emprunte ses essais de polychromie. Datées de 1852, elles ont été conçues pendant la période où il travaille au décor religieux de Sainte-Clotilde à Paris, à l’instar d’une autre paire d’anges, l’un à la trompette, l’autre à la harpe, (Orléans, musée des Beaux-Arts, n° inv. 1883 et n° inv. 1884). Deux dessins préparatoires conservés à l’École des Beaux-Arts de Paris (inv. EBA 5045 et inv. EBA 5046) démontrent qu’il reprend ces modèles en les inscrivant dans les médaillons de la chapelle Wolsey. Dans la même idée, on retrouve les deux anges à la harpe et à la trompette du musée d’Orléans ainsi que les anges accompagnés de lions dans les bordures du même panneau illustrant David dictant les psaumes (n° inv. 1894, n° inv. 1893, n° inv. 1883). Leur polychromie initiale s’expliquant par le réemploi de modèles initialement prévus pour le projet de Sainte-Clotilde et est finalement transposée en marbre blanc à Wolsey. Le sculpteur nous donne ici à voir, comme avec nombre de ses œuvres, sa grande culture italienne et son talent inégalable pour adapter à son Art les leçons des maîtres anciens tout en panachant les modèles et les influences. NOUS VOUS INVITONS À CONSULTER LA DESCRIPTION DÉTAILLÉE EN TÉLÉCHARGEANT LE DOCUMENT « FICHE COMPLÈTE » SUR DROUOT.COM OU EN VOUS RÉFÉRANT AU CATALOGUE PDF.
Estimation
5 000 € - 8 000 €
Résultat
98 906 €
Frais de vente
30%
Henry de TRIQUETI (1803-1874)
Deux anges agenouillés tenant des encensoirs, modèles des bas-reliefs du panneau de David pour la chapelle Wolsey à Windsor, 1852
Terres cuites originales avec ajouts de plâtre en rehauts de couleurs et d’or
Signées des initiales «H.T.» et datées «1852»
26 x 15 x 11 cm et 24 x 16 x 11 cm
Petits accidents
Provenance : château du Perthuis.
Comme l’indique I. Leroy-Jay Lemaistre, « S’il a mis au point un motif qui l’émeut, Triqueti le réutilise tout le long de sa carrière ».
C’est le cas pour les modèles de ces deux anges en terre cuite datés « 1852 » qui apparaissent dans le décor de la chapelle du prince Albert au château de Windsor.
Les deux anges viennent s’inscrire dans des médaillons en marbre, quadrilobés, encadrant un grand panneau illustrant David dictant les psaumes, situé dans la partie basse du mur nord de la nef de cette chapelle royale.
À la mort de son époux, le prince Albert de Saxe-Cobourg-Gotha (1819-1861), la reine Victoria décide que la chapelle Wolsey au château de Windsor, abritera le mausolée de son défunt mari et que Triqueti en réalisera le programme décoratif.
Le sculpteur a rencontré les Windsor en 1852, les fréquente depuis et est particulièrement apprécié de la princesse Victoria. La fille aînée de la reine l’a recommandé pour ce projet et le reçoit à Berlin en 1864 pour l’entretenir de la commande. Après bien des déboires et une suite de conflits avec l’architecte du projet George Gilbert Scott (1811-1878), Triqueti peut enfin s’attaquer au chantier colossal qui l’occupera dix longues années. Le décor principal est composé de panneaux illustrant des scènes de l’Ancien Testament évoquant de façon allégorique les œuvres et les vertus du prince. Ces panneaux, à la fois fresque et sculpture, sont en tarsia de marbre. Il s’agit d’un type de mosaïque faite de plaques de marbre de différentes couleurs juxtaposées et scellées à l’aide d’un ciment coloré. Triqueti s’inspire ici des dalles de la cathédrale de Sienne qu’il verticalise avec l’idée de rendre ces fresques inaltérables au climat humide britannique. Chacun des quinze grands tableaux sera encadré par des bordures décorées de quatre-vingts médaillons sculptés.
Ces terres cuites s’inscrivent dans le long, savant et consciencieux processus de création élaboré par le sculpteur pour accompagner les nombreux praticiens qui l’entourent sur le prestigieux chantier. Grand connaisseur et passionné de l’art de la Renaissance italienne, l’érudit Triqueti s’inspire très probablement de Donatello ainsi que de Luca Della Robbia à qui il emprunte ses essais de polychromie.
Datées de 1852, elles ont été conçues pendant la période où il travaille au décor religieux de Sainte-Clotilde à Paris, à l’instar d’une autre paire d’anges, l’un à la trompette, l’autre à la harpe, (Orléans, musée des Beaux-Arts, n° inv. 1883 et n° inv. 1884). Deux dessins préparatoires conservés à l’École des Beaux-Arts de Paris (inv. EBA 5045 et inv. EBA 5046) démontrent qu’il reprend ces modèles en les inscrivant dans les médaillons de la chapelle Wolsey. Dans la même idée, on retrouve les deux anges à la harpe et à la trompette du musée d’Orléans ainsi que les anges accompagnés de lions dans les bordures du même panneau illustrant David dictant les psaumes (n° inv. 1894, n° inv. 1893, n° inv. 1883).
Leur polychromie initiale s’expliquant par le réemploi de modèles initialement prévus pour le projet de Sainte-Clotilde et est finalement transposée en marbre blanc à Wolsey.
Le sculpteur nous donne ici à voir, comme avec nombre de ses œuvres, sa grande culture italienne et son talent inégalable pour adapter à son Art les leçons des maîtres anciens tout en panachant les modèles et les influences.
NOUS VOUS INVITONS À CONSULTER LA DESCRIPTION DÉTAILLÉE EN TÉLÉCHARGEANT LE DOCUMENT « FICHE COMPLÈTE » SUR DROUOT.COM OU EN VOUS RÉFÉRANT AU CATALOGUE PDF.
Vente
jeudi 12 février・14:00 (Europe/Paris)
Salle 9 - Hôtel Drouot
9, rue Drouot
75009 Paris