Un rare et ancien masque Kipong appartenant à la tradition malangan de Nouvelle-Irlande et qui comptent parmi les expressions les plus spectaculaires et les plus complexes de l’art océanien. Rares, puissants et profondément symboliques, ces masques incarnent à la fois le prestige, la mémoire et la spiritualité des clans du Nord de l’île. L’apparition d’un grand masque Kipong d’une telle qualité constitue un véritable événement tant ces œuvres, autrefois éphémères, furent pour la plupart détruites à l’issue des cérémonies auxquelles elles étaient destinées. Dans la tradition malangan, chaque masque est conçu pour un rituel précis — commémoratif, funéraire ou initiatique — où il sert à lever les tabous pesant sur le village après un décès, à rétablir l’équilibre entre les vivants et les morts, ou à annoncer la prochaine grande cérémonie. L’objet, activé par la parole et les gestes du spécialiste rituel, devient alors un médium entre le visible et l’invisible, une image incarnée des forces vitales du clan.
Ce Kipong impressionne par sa polychromie rouge, blanche et noire, ses traits puissants et anguleux et la densité de sa composition sculptée et peinte. Le visage, surmonté d’une coiffe à deux hautes plumes verticales ornées du motif peint du kapkap, est animé d’une expressivité saisissante : yeux sculptés en profondeur, bouche ouverte sur des dents noircies, nez proéminent selon l’esthétique du corpus, et barbe en bois sculpté, ajouré et peint, formant un élégant motif foliacé rythmé de pigments rouges et blancs (probablement un régime de noix de betel offert au cours des rites). Le tissu rouge et les fibres sombres figurant la chevelure ajoutent à la théâtralité de l’ensemble.
La monumentalité du masque et la complexité de ses volumes laissent supposer qu’il n’était pas porté lors de longues danses, mais plutôt présenté de manière statique lors de moments cruciaux du rituel, comme un masque “actif” chargé d’une fonction précise : purifier, protéger, ou convoquer les ancêtres. Par son équilibre formel, la rigueur de sa symétrie et la vitalité de son décor peint, ce masque s’apparente directement à l’exemplaire historique de la collection André Breton (vente Calmels-Cohen, 2003, n° 6127), chef-d’œuvre emblématique du corpus des masques Kipong.
Nouvelle-Irlande, Archipel Bismarck
Bois (alstonia), opercules de coquillages (turbo pétholatus), tissus, fibres végétales, pigments, légers éclats d’ancienneté, petits manques xylophages anciens, riche et belle polychromie, belle et ancienne patine rituelle. Au revers deux anciens numéros d’inventaires : « K.232 » à l’encre noire et « 2636 :05 » à l’encre rouge.
H. : 85 cm

Provenance :
Collecté entre 1893 et 1895 par Alexander Kukic (K. 232)

Probablement Weltmuseum, Vienne,
Cédé par le musée en 1970 à Maurice Bonnefoy, Genève
Ader Picard Tajan, 16 octobre 1989, n° 33
Collection privée, Paris, acquis lors de cette vente

Publications et expositions : 
Gabus et Bühler, Art océanien, 1970, n° 1174, p. 88, Neuchâtel, Musée d’Ethnographie, 27 juin – 31 décembre 1970
Live jeudi 4 décembre 2025・14:00 (Europe/Paris)
Lot n°149

Un rare et ancien masque Kipong appartenant à la tradition malangan de Nouvelle-Irlande et qui comptent parmi les expressions les plus spectaculaires et les plus complexes de l’art océanien. Rares, puissants et profondément symboliques, ces masques incarnent à la fois le prestige, la mémoire et la spiritualité des clans du Nord de l’île. L’apparition d’un grand masque Kipong d’une telle qualité constitue un véritable événement tant ces œuvres, autrefois éphémères, furent pour la plupart détruites à l’issue des cérémonies auxquelles elles étaient destinées. Dans la tradition malangan, chaque masque est conçu pour un rituel précis — commémoratif, funéraire ou initiatique — où il sert à lever les tabous pesant sur le village après un décès, à rétablir l’équilibre entre les vivants et les morts, ou à annoncer la prochaine grande cérémonie. L’objet, activé par la parole et les gestes du spécialiste rituel, devient alors un médium entre le visible et l’invisible, une image incarnée des forces vitales du clan. Ce Kipong impressionne par sa polychromie rouge, blanche et noire, ses traits puissants et anguleux et la densité de sa composition sculptée et peinte. Le visage, surmonté d’une coiffe à deux hautes plumes verticales ornées du motif peint du kapkap, est animé d’une expressivité saisissante : yeux sculptés en profondeur, bouche ouverte sur des dents noircies, nez proéminent selon l’esthétique du corpus, et barbe en bois sculpté, ajouré et peint, formant un élégant motif foliacé rythmé de pigments rouges et blancs (probablement un régime de noix de betel offert au cours des rites). Le tissu rouge et les fibres sombres figurant la chevelure ajoutent à la théâtralité de l’ensemble. La monumentalité du masque et la complexité de ses volumes laissent supposer qu’il n’était pas porté lors de longues danses, mais plutôt présenté de manière statique lors de moments cruciaux du rituel, comme un masque “actif” chargé d’une fonction précise : purifier, protéger, ou convoquer les ancêtres. Par son équilibre formel, la rigueur de sa symétrie et la vitalité de son décor peint, ce masque s’apparente directement à l’exemplaire historique de la collection André Breton (vente Calmels-Cohen, 2003, n° 6127), chef-d’œuvre emblématique du corpus des masques Kipong. Nouvelle-Irlande, Archipel Bismarck Bois (alstonia), opercules de coquillages (turbo pétholatus), tissus, fibres végétales, pigments, légers éclats d’ancienneté, petits manques xylophages anciens, riche et belle polychromie, belle et ancienne patine rituelle. Au revers deux anciens numéros d’inventaires : « K.232 » à l’encre noire et « 2636 :05 » à l’encre rouge. H. : 85 cm Provenance : Collecté entre 1893 et 1895 par Alexander Kukic (K. 232) Probablement Weltmuseum, Vienne, Cédé par le musée en 1970 à Maurice Bonnefoy, Genève Ader Picard Tajan, 16 octobre 1989, n° 33 Collection privée, Paris, acquis lors de cette vente Publications et expositions : Gabus et Bühler, Art océanien, 1970, n° 1174, p. 88, Neuchâtel, Musée d’Ethnographie, 27 juin – 31 décembre 1970

Estimation
20 000 € - 30 000 €
Résultat
65 000 €
Frais de vente
30%
Un rare et ancien masque Kipong appartenant à la tradition malangan de Nouvelle-Irlande et qui comptent parmi les expressions les plus spectaculaires et les plus complexes de l’art océanien. Rares, puissants et profondément symboliques, ces masques incarnent à la fois le prestige, la mémoire et la spiritualité des clans du Nord de l’île. L’apparition d’un grand masque Kipong d’une telle qualité constitue un véritable événement tant ces œuvres, autrefois éphémères, furent pour la plupart détruites à l’issue des cérémonies auxquelles elles étaient destinées. Dans la tradition malangan, chaque masque est conçu pour un rituel précis — commémoratif, funéraire ou initiatique — où il sert à lever les tabous pesant sur le village après un décès, à rétablir l’équilibre entre les vivants et les morts, ou à annoncer la prochaine grande cérémonie. L’objet, activé par la parole et les gestes du spécialiste rituel, devient alors un médium entre le visible et l’invisible, une image incarnée des forces vitales du clan. Ce Kipong impressionne par sa polychromie rouge, blanche et noire, ses traits puissants et anguleux et la densité de sa composition sculptée et peinte. Le visage, surmonté d’une coiffe à deux hautes plumes verticales ornées du motif peint du kapkap, est animé d’une expressivité saisissante : yeux sculptés en profondeur, bouche ouverte sur des dents noircies, nez proéminent selon l’esthétique du corpus, et barbe en bois sculpté, ajouré et peint, formant un élégant motif foliacé rythmé de pigments rouges et blancs (probablement un régime de noix de betel offert au cours des rites). Le tissu rouge et les fibres sombres figurant la chevelure ajoutent à la théâtralité de l’ensemble. La monumentalité du masque et la complexité de ses volumes laissent supposer qu’il n’était pas porté lors de longues danses, mais plutôt présenté de manière statique lors de moments cruciaux du rituel, comme un masque “actif” chargé d’une fonction précise : purifier, protéger, ou convoquer les ancêtres. Par son équilibre formel, la rigueur de sa symétrie et la vitalité de son décor peint, ce masque s’apparente directement à l’exemplaire historique de la collection André Breton (vente Calmels-Cohen, 2003, n° 6127), chef-d’œuvre emblématique du corpus des masques Kipong. Nouvelle-Irlande, Archipel Bismarck Bois (alstonia), opercules de coquillages (turbo pétholatus), tissus, fibres végétales, pigments, légers éclats d’ancienneté, petits manques xylophages anciens, riche et belle polychromie, belle et ancienne patine rituelle. Au revers deux anciens numéros d’inventaires : « K.232 » à l’encre noire et « 2636 :05 » à l’encre rouge. H. : 85 cm Provenance : Collecté entre 1893 et 1895 par Alexander Kukic (K. 232) Probablement Weltmuseum, Vienne, Cédé par le musée en 1970 à Maurice Bonnefoy, Genève Ader Picard Tajan, 16 octobre 1989, n° 33 Collection privée, Paris, acquis lors de cette vente Publications et expositions : Gabus et Bühler, Art océanien, 1970, n° 1174, p. 88, Neuchâtel, Musée d’Ethnographie, 27 juin – 31 décembre 1970
Vente jeudi 4 décembre 2025・14:00 (Europe/Paris)
Salle 9 - Hôtel Drouot 9, rue Drouot 75009 Paris