Une rarissime, ancienne et importante, statuette anthropomorphe (maginga au pluriel) en position assise, la tête et les bras tel un buste (peut-être masculin) regardant d’un côté, et le corps (féminin) aux côtes saillantes, assis sur son séant, le sexe apparent et les jambes repliées, tourné de l’autre côté. Daniel P. Biebuyck, le plus éminent spécialiste de la culture Lega, nous explique que les figurines anthropomorphes appelées Maginga, en bois, ivoire, os, et moins fréquemment en pierre, argile, ou sculptées en résine végétale ou en ntutu (un champignon durci), constituent la catégorie de loin la plus diversifiée, mais aussi la plus énigmatique d’oeuvres d’art chez les Lega. Elles ont été « soigneusement préservées et transmises de génération en génération et il est prestigieux d’être possesseur ou gardien de plusieurs figurines car cela démontre la position élevée atteinte par une personne aux plus hauts niveaux de grade ». Chaque figurine en bois, tout comme celles en ivoire ou en os, porte un nom - généralement repris dans un aphorisme approprié. Cependant, c’est seulement pour les figurines en bois qu’« une action dramatique intense est associée à la révélation et à l’interprétation de ces figurines ». Il serait donc hasardeux de tenter ici toute interprétation, d’autant plus que les œuvres d’art Léga sont polysémiques, chaque pièce pouvant véhiculer plusieurs significations. Il est opportun cependant d’évoquer ici « Le commandant Delhaise, qui avait assumé diverses fonctions dans l’est du Congo depuis 1896 et prit le commandement du territoire Warega en 1906 pour écrire ensuite la monographie intitulée Les Warega (1909) », où il notait l’existence de figurines de bois et d’ivoire des deux sexes (parfois à double visage). Daniel Biebuyck nous dit encore : « Pendant longtemps ces figurines importantes n’ont guère été incluses dans les collections mondiales ; elles étaient conservées jalousement par les initiés comme des expressions de la cohésion du groupe, des liens majeurs avec leur prédécesseur, et des expressions profondes des valeurs essentielles et des interdépendances historiques » . La redécouverte de cette œuvre au sein de la collection de Monsieur V., qui connaissait son importance et aussi sa rareté, et la conservait lui-même aussi jalousement qu’un initié du Bwami, constitue un réel évènement et un enrichissement majeur pour la connaissance des arts Lega, car une étude attentive de l’ensemble des collections d’art Lega connues, publiques et privées, nous permet d’affirmer jusqu’à preuve du contraire que cette œuvre forte et troublante, n’est pas seulement très rare, mais absolument unique, comparable à aucune autre connue. Lega, République démocratique du Congo XIXe siècle Bois, petits accidents anciens visibles dont un à l’oeil droit, prélèvement rituel à un pied, sinon aucun manque et excellent état de conservation, très belle oxydation d’ancienneté du bois, très belle et ancienne patine d’usage. H. : 24,5 cm Provenance : Acquis entre 1956 et 1957 en territoire Pangi par Monsieur V., administrateur territorial au Maniema entre 1952 et 1959
Résultat
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Une rarissime, ancienne et importante, statuette anthropomorphe (maginga au pluriel) en position assise, la tête et les bras tel un buste (peut-être masculin) regardant d’un côté, et le corps (féminin) aux côtes saillantes, assis sur son séant, le sexe apparent et les jambes repliées, tourné de l’autre côté.
Daniel P. Biebuyck, le plus éminent spécialiste de la culture Lega, nous explique que les figurines anthropomorphes appelées Maginga, en bois, ivoire, os, et moins fréquemment en pierre, argile, ou sculptées en résine végétale ou en ntutu (un champignon durci), constituent la catégorie de loin la plus diversifiée, mais aussi la plus énigmatique d’oeuvres d’art chez les Lega. Elles ont été « soigneusement préservées et transmises de génération en génération et il est prestigieux d’être possesseur ou gardien de plusieurs figurines car cela démontre la position élevée atteinte par une personne aux plus hauts niveaux de grade ». Chaque figurine en bois, tout comme celles en ivoire ou en os, porte un nom - généralement repris dans un aphorisme approprié. Cependant, c’est seulement pour les figurines en bois qu’« une action dramatique intense est associée à la révélation et à l’interprétation de ces figurines ». Il serait donc hasardeux de tenter ici toute interprétation, d’autant plus que les œuvres d’art Léga sont polysémiques, chaque pièce pouvant véhiculer plusieurs significations. Il est opportun cependant d’évoquer ici « Le commandant Delhaise, qui avait assumé diverses fonctions dans l’est du Congo depuis 1896 et prit le commandement du territoire Warega en 1906 pour écrire ensuite la monographie intitulée Les Warega (1909) », où il notait l’existence de figurines de bois et d’ivoire des deux sexes (parfois à double visage). Daniel Biebuyck nous dit encore : « Pendant longtemps ces figurines importantes n’ont guère été incluses dans les collections mondiales ; elles étaient conservées jalousement par les initiés comme des expressions de la cohésion du groupe, des liens majeurs avec leur prédécesseur, et des expressions profondes des valeurs essentielles et des interdépendances historiques » .
La redécouverte de cette œuvre au sein de la collection de Monsieur V., qui connaissait son importance et aussi sa rareté, et la conservait lui-même aussi jalousement qu’un initié du Bwami, constitue un réel évènement et un enrichissement majeur pour la connaissance des arts Lega, car une étude attentive de l’ensemble des collections d’art Lega connues, publiques et privées, nous permet d’affirmer jusqu’à preuve du contraire que cette œuvre forte et troublante, n’est pas seulement très rare, mais absolument unique, comparable à aucune autre connue.
Lega, République démocratique du Congo
XIXe siècle
Bois, petits accidents anciens visibles dont un à l’oeil droit, prélèvement rituel à un pied, sinon aucun manque et excellent état de conservation, très belle oxydation d’ancienneté du bois, très belle et ancienne patine d’usage.
H. : 24,5 cm
Provenance :
Acquis entre 1956 et 1957 en territoire Pangi par Monsieur V., administrateur territorial au Maniema entre 1952 et 1959
Vente
jeudi 4 décembre 2025・14:00 (Europe/Paris)
Salle 9 - Hôtel Drouot
9, rue Drouot
75009 Paris